24 février 2007
Emission du jeudi 1er mars à 12h. Rediffusion le samedi 3 à 9h.
L’interview de la semaine
Scénariste de :
-Black Bank tome 1 : Business Clan. Co-scénariste
Stéphane Miquel. Dessin Clément Sauve. Collection 12 septembre. Editions Soleil
-Corpus
Hermeticum tome 1 : Opération Gremikha. Dessin Alain Brion. Collection
Terres Secrètes. Editions Soleil
-Le
syndrome de Caïn tome 1 : Projet Cold Fusion. Dessin
Red. Collection Terres Secrètes. Editions Soleil
Les chroniques BD
-La
dernière prophétie tome 4 : Le livre maudit. Scénario
et Dessin Gilles Chaillet. Collection Loge Noire. Editions Glénat.
-Les âmes sombres. Scénario et Dessin Marc Vlieger. Collection Mirage. Editions Delcourt.
-WATCH mission 2, épisode ½ : La Terre
sacré. Scénario Michaël Le Galli. Dessin Luca Erbetta. Collection Impact.
Editions Delcourt.
-Malone tome 1 : Faux Pas. Scénario Michel Ro. Dessin Pierpaolo
Rovero. Editions Casterman.
-Elias
le Maudit tome 2 : La peste rousse. Scénario Sylviane Corgiat. Dessin
Corrado Mastantuono. Editions Les Humanoïdes Associés.
-Le peuple des endormis tome 2. Scénario Frédéric Richaud. Dessin Didier Tronchet.
Collection Air Libre. Editions Dupuis.
-Batman : secrets. Scénario et Dessin Sam Kieth. Editions
Panini Comics.
-Le style Catherine tome 3. Scénario,
Dessins : Thierry Bouüaert. Collection Angle de vue. Editions Bamboo
-Le
Scrameustache tome 37 : Exils. Scénario Gos. Dessin Walt.
Collection Paris-Bruxelles. Editions Glénat.
-Monster
Allergy tome 14 : De nouveau réuni. Scénario Centomo et Enna.
Dessin Urbano et Razzi. Collection START. Editions Soleil.
-Rosangella. Scénario
Corbeyran. Dessin Olivier Berlion. Collection Long Courrier. Editions Dargaud.
16 février 2007
Emission du jeudi 22 février à 12h. Rediffusion le samedi 24 à 9h.
Emission
du jeudi 22 février à 12h. Rediffusion le samedi 24 à 9h.
Prix du
public et Prix « essentiel »
au Festival d’Angoulême 2007 pour l’album « Pourquoi j’ai tué Pierre » aux Editions Delcourt.
-Dark tome 1 : Le caveau de la
terreur. Scénario
Isabelle Mercier et Roger Seiter. Dessin Max. Editions Casterman
-Les enfants d’ailleurs tome 1 : Le
passage. Scénario
Vincent Zabus. Dessin Renaud Collin. Collection Punaise. Editions Dupuis.
-Le rêve de Jérusalem tome 1 : La
milice sacrée. Scénario Philippe Thirault. Dessin Lionel Marty.
Collection Empreintes.
Editions Dupuis.
-Matière Fantôme tome 2 : Bêta.
Scénario Hugues
Fléchard. Dessin Stéphane Douay. Collection Empreinte. Editions Dupuis.
-Ex Machina : Les premiers cent
jours. Scénario
Brian K. Vaughan. Dessin Tony Harris. Editions Panini Comics.
-Tout sur Sarko. Scénario
Brénard. Dessin Cire. Collection Guides. Editions Soleil
-Tout
sur Ségo. Scénario Frevin, JPS et Rousseau. Dessin Frevin.
Collection Guides Editions Soleil
-Chevaliers Dragons. Scénario Ange. Dessin Dohé. Collection
Fusions. Editions Soleil.
-Cabu reporter-dessinateur Les années 70. Textes et Dessin Cabu. Editions Vent
d’Ouest.
-Les véritables légendes urbaines tome 1. Scénario Corbeyran et Guérin. Dessin
Damour, Formosa, Guérineau, Henriet. Editions Dargaud.
-Chéri-Bibi tome 2 : Le Marquis. Scénario
Pascal Bertho. Dessin Marc-Antoine Boidin. Hors Collection. Editions Delcourt.
-Ile Bourbon 1730. Scénario Lewis Trondheim. Dessin
Appolo. Collection Shampoing. Editions Delcourt.
-Basil
et Victoria tome 5 : Ravenstein. Scénario Yann. Dessin Edith.
Editions Les Humanoïdes Associés.
-London Calling première partie : La
promesse d’Erasme. Récit Sylvain Runberg. Dessin Phicil. Editions
Futuropolis.
15 février 2007
QUELQUES COMICS DE MARS 2007
Batman : secrets. Scénario et
Dessin Sam Kieth. Editions Panini Comics.
Le joker est de
retour. A peine sorti de prison, il passe sur les plateaux de télévision pour
montrer qu’il a changé. Mieux : il se dit harcelé par Batman. D’ailleurs
il a une preuve : une photo sur laquelle Batman le menace avec une arme.
Et puis il y a cette autre photo sur laquelle le Joker ensanglanté est attaché
à un poteau planté dans un jacuzzi avec un couple assassiné : celui qui a
pris les première photos. Et se reflétant dans l’eau, l’ombre de Batman.
Secrets est donc un nouveau chapitre de la lutte éternelle entre les deux
ennemis jurés qui n’existeraient peut-être pas l’un sans l’autre. Le joker est
toujours aussi cinglé et violent, Batman, toujours aussi droit comme la justice
mais aussi violent. Qu’est-ce qui explique leurs comportements, quels secrets
cachent-ils, quels traumatismes a fait d’eux ce qu’ils sont ? Voilà
quelques uns des thèmes abordés par Sam Kieth dans cette histoire noire et
violente aux graphismes torturés. Intéressant mais pour lecteurs avertis.
Ex Machina : Les premiers cent
jours. Scénario
Brian K. Vaughan. Dessin Tony Harris. Editions Panini
Comics.
Mitchell Hundred
est Maire de New York et il doit faire face à des chutes de neige, un tueur en
série qui s’attaque aux conducteurs de sableuses, une œuvre risque de faire
scandale au Musée de Brooklin… Et son passé se rappelle à lui. Car Mitchell
Hundred n’est pas un homme comme les autres. Il fut l’illustre machine, un
justicier masqué qui reprit du service le 11 septembre en sauvant l’une des 2
tours du world Trade Center. En 1999, à
la suite d’un étrange accident, Mitchell Hundred, alors ingénieur, acquiert des
super pouvoirs. Il peut commander aux machines. Pas mal mais est-ce vraiment
suffisant pour devenir justicier ? Pas sûr et après quelques années à sauver des vies mais
aussi à faire aussi quelques gaffes, il se décide à tomber le masque pour
s’engager en politique. Ex Machina est un album passionnant qui. Dans la lignée
des Watchmen de Moore qui met en scène des super héros à la retraite, Ex
Machina nous force à porter un regard différent sur le mythe des ces surhomme
dotés de pouvoir fabuleux. Mais le pouvoir n’est pas tout et surtout n’apporte
pas toutes les solutions. Un album passionnant.
QUELQUES ALBUMS DE MARS 2007
Monster
Allergy tome 14 : De nouveau réuni. Scénario Centomo et Enna. Dessin
Urbano et Razzi. Collection START. Editions Soleil.
Zick est un jeune garçon qui à un pouvoir, il peut voir au
travers des gens. Il est aussi allergique à tout même aux monstres qui peuplent
la ville qu’il habite. On retrouve notre héros alors que dans la ville d’Olmill
l’armée du Masque du feu et celle des dompteurs de monstres sont prête à livrer
bataille. Si vous n’avez pas encore découvert cet univers magique, vous devez
commencer par le premier volume de la série car si vous commencez par lire ce
tome 14 vous serez rapidement perdu. En effet cette histoire est la conclusion
d’un récit entamé lors des volumes précédents. Le dessin est toujours aussi
beau rehaussé par d’excellentes couleurs. On retrouve toujours dans cet album
la patte des graphistes Disney made in Italia, dont Barbucci et Canepa, les
auteurs de Sky Doll, sont les plus grands représentants en France. Une bonne
série qu’il faut vraiment commencer du début pour en apprécier toutes les
facettes.
Tout sur
Sarko. Scénario Brénard. Dessin Cire. Collection Guides. Editions Soleil
Tout sur
Ségo. Scénario Frevin, JPS et Rousseau. Dessin Frevin. Collection Guides
Editions Soleil
Que vous soyez de gauche ou de droite vous allez trouver votre bonheur
avec ces deux titres parus chez Soleil. La bd se met donc à la politique en
entrant de plein pied dans la campagne présidentielle. On se souviendra de la
face Karché de Sarkozi chez vent d’ouest ou de Vive la politique chez Dargaud
qui incitait à aller voter. Là, ce sont des petits sketchs qui mettent en scène
les deux favoris de l’élection en écornant leur parcours, en caricaturant leurs
difficultés et en mettant en avant leur ambition. Des bd de circonstance plutôt
amusantes dans le ton de la campagne médiatique qui pronostique depuis
longtemps un duel Sarko Ségo au second tour.
Chevaliers Dragons. Scénario Ange. Dessin Dohé. Collection Fusions. Editions
Soleil.
Une étrange maladie décime la population d’une petite île. Les autorités
pensent à la peste mais une jeune fille se souvient des histoires de dragons
que lui racontait sa grand-mère. Et s’il s’agissait du Veil, la maladie qui
transforme les gens en monstres lorsqu’un dragon apparaît ?
Encore une nouvelle histoire de la geste des chevaliers dragon, cet ordre de
guerrières vierges, seules à pouvoir combattre les dragons sans être touchées
par le Veil. Mais là, la scénariste Ange a confié le dessin à Dohé, un
dessinateur coréen bourré de talent. Les traits asiatiques des héroïnes et
cette ambiance fantastique si particulière, rehaussée par un subtil mélange de
couleurs allant de l’azur au rouge sang, donnent un résultat véritablement
envoûtant. La version coréenne des chevaliers dragons est un vrai bonheur
visuel servi par un scénario passionnant et une narration originale.
COUP DE COEUR
Le carnet rouge. Scénario et Dessin Teddy Kristiansen. Collection
Latitudes. Editions Soleil.
Alors qu’il travaille sur une biographie d’un artiste peintre, un
écrivain qui supporte mal son veuvage découvre des documents sur la vie de
Philip Marnam. A la belle époque, venu vivre à Paris ce jeune peintre anglais
semblait fort prometteur. Mais, revenu en Angleterre, il décide de partir pour
le front après avoir peint un chef d’œuvre aujourd’hui disparu. Pourquoi
s’est-il lancer dans la boucherie de la Première Guerre mondiale ? C’est
ce que va essayer de découvrir l’écrivain en cherchant les journaux intimes de
ce jeune anglais. La carnet rouge est une œuvre envoûtante avec des graphismes
aussi touchant que les peintures. C’est de l’émotion à l’état pure sur le Paris
de la belle époque, la vie de bohême et l’horreur des tranchés. Quant au
scénario, il est passionnant puisqu’on suit l’enquête de l’écrivain et l’histoire
tragique de ce jeune artiste. Un bien
bel album
Adrian Stolcker est un escroc de haut vol. Avec sa bande il n’hésite pas
à délester de leur argent des patrons de casinos, des diplomates ou des
trafiquants d’armes. Des scénarios audacieux et bien montés lui permettent de
se jouer de la police même s’il a ses basques un agent du FBI obsédé par son
arrestation. Et d’ailleurs, au début de l’album, Stolcker est arrêté après
avoir arnaqué un trafiquant d’armes à Jérusalem… Le roi de l’évasion
restera-t-il longtemps à Guantanamo, la prison où il est envoyé ? Pour le
savoir, il ne vous reste plus qu’à dévorer le tome 1 de Black Bank, une
nouvelle série qui mêle espionnage, aventure et policier. C’est enlevé, le
dessin fait penser à du bon comics, les personnages sont attachants… Les
actions s’enchaînent vites dans ce tome d’introduction qui nous présente les
protagonistes et met sans ennui tout en place pour le second tome qui, s’il est
du même acabit que le premier, promet d’être très bon. En d’autres termes une
bonne série qui démarre sur les chapeaux de roues.
Corpus Hermeticum tome 1 : Opération
Gremikha. Scénario Nicolas Tackian. Dessin Alain Brion. Collection Terres Secrètes.
Editions Soleil
Une mission scientifique russe qui étudie les inuits tombe sur un sous
marin nucléaire disparu quelques années plus tôt. Alors que celui-ci semble
échoué, il disparaît mystérieusement pour réapparaître dans un port militaire.
Un commando est envoyé sur place mais ils ne trouvent qu’un vaisseau fantôme
désert. Tous les sous mariniers se sont volatilisés mais le carnet de bord du
capitaine donnera peut-être la clé du mystère. Et pendant ce temps, les
habitants du village le plus proche du port sont atrocement assassinés.
Ambiance glacial et horrifique garanti avec ce one shot de la nouvelle
collection Terre Secrète qui veut offrir un éclairage étonnant sur les mystères
de notre civilisation. Tout un programme qui sent le déjà vu mais il ne faut
pas s’arrêter aux apparences car les mythes sont traités de manière originale
et les albums de la collection recèlent de petits trésors comme ce corpus
Hermeticum. Car outre le scénario qui flirte avec le fantastique, on est
surtout séduit par le dessin et les couleurs –qui laissent une impression
de peintures. C’est superbe et cela retranscrit très bien ces atmosphères
terrifiantes de déserts gelés où la mort rôde. Il y a du Lovecraft dans cet
album avec des terreurs venues d’un autre temps. Et puis on pense aussi à The
Thing le film de Carpenter. Bref que du bon.
En juin 44, le jeune Victor Granger est sauvé du massacre
d’Oradour-sur-Glane par un inconnu insensible aux balles allemandes. Bien des
années plus tard, ce même inconnu est présent sur la photo d’une équipe de
chercheurs qui travaille sur la fusion froide, une énergie propre
révolutionnaire. Et il ne semble pas avoir vieilli. Un mystère à éclaircir
parmi d’autres, car le labo de recherche de Stantford qui travaillait sur la
fusion froide est détruit par une bombe. Un scénario de la nouvelle collection
Terres Secrète qui commence plutôt bien puisqu’il même habilement science et
ésotérisme. Il sera question de mythe fondateur de la chrétienté mais aussi
d’alchimie… C’est toujours plaisant quand les scénaristes s’inspirent de polémiques
scientifiques réelles et les mêle à l’histoire revisitée. Bref,
passionnant.
Elle n’est
pas rose la vie de Rosangella… Son fils sort de prison, et son mari, qui l’a
abandonné il y a 15 ans réapparaît. Et là, c’est tout le passé de cette
femme qui refait surface, un passé construit sur la souffrance. Saura-t-elle
faire face ? Pour le savoir, plongez-vous dans cette BD dont les dessins et les
couleurs sont remarquables. Les flashs back qui rythment l’album font l’objet
d’un découpage et d’une mise en couleurs différente de l’histoire narrée au
présent, ce qui permet au lecteur de mieux se situer dans ce récit.
Construite sur un mode narratif, il ne s’agit là que d’une tranche de vie après
tout. Mais une tranche suffisamment épaisse pour vous emmener jusqu’au bout de
l’album, d’autant que l’histoire finit bien.
Myrkos tome 3 : Le
Rebelle. Scénario Jean-Charles Kraehn. Dessin Miguel. Editions Dargaud.
Le jeune
ornemaniste Myrkos est aux arrêts pour avoir commis des dessins blasphématoires
à savoir des filles nues. Car dans cette société antique rappelant vaguement la
Grèce, le dessin n’est là que pour servir la religion en vigueur. Mais le vrai
crime Myrkos, c’est surtout d’avoir découvert dans la perspective et de faire
évoluer les techniques de dessins. Contre lui : les prêtres qui
s’accrochent à la tradition d’un art en 2D style fresques égyptiennes. Le
scénario aborde donc un thème rare et profond : celui de la place de l’art
dans la société et de l’évolution des techniques qui peuvent entraîner de
véritables révolutions dans un monde conservateur et dogmatique. Une histoire
d’Antique-Fantasy originale et captivante avec un héro déluré et rusé qui fait
penser à un fanfan la tulipe antique. Et il y a tous les personnages
secondaires, hauts en couleurs comme le bandit Pyrtax avec ses expressions
fleuries qui rêve de remettre la main sur Myrkos pour lui faire dessiner des
scènes d’orgie et les vendre à ses clients. Bref, on ne s’ennui pas une minute
et, cerise sur le gâteau, les scènes sont souvent des plus truculentes.
Les véritables légendes urbaines
tome 1. Scénario Corbeyran et Guérin. Dessin Damour, Formosa, Guérineau,
Henriet. Editions Dargaud.
Un tueur terrorise
une baby-sitter par téléphone, une étudiante entend des bruits bizarres dans
son appartement, une adolescente passe une nuit de terreur seule avec son chien
dans une grande maison, une voiture roulant tous feux éteints met dans le fossé
les imprudents qui osent lui faire des appels de phare… Vous l’avez compris,
« les véritables légendes urbaines » est un album à sketches qui
présente des histoires dignes de films d’horreur qui prennent racine dans nos
peurs les plus profondes… Quatre dessinateurs se sont donc prêtés au jeu de ce
creep show ou contes de la crypte version BD avec un talent certain. Cela donne
un album agréable mais anecdotique. Raconter une histoire en quelques planches
ne laisse pas vraiment le temps de se plonger dans l’ambiance et de faire
monter vraiment l’angoisse. Donc, les véritables légendes urbaines : même
pas peur ! Et c’est dommage.
Un tueur
phraseur et impitoyable assassine un journaliste qui a constitué un dossier
compromettant contre un financier international. Mais avant de le descendre, il
lui propose un marché et lui promet de tuer son commanditaire. Bref, de le
venger. Ce premier album des aventures du commissaire Malone, adapté par Michel
Rio, l’auteur des romans, est assez étonnant. Car le héros pour le moment n’est
pas le commissaire mais un tueur à gage froid, philosophe et tordu qui remplit
son contrat mais tue aussi son employeur. Que cherche-t-il exactement… Là est
la question. Au début dérouté par la tournure du scénario on se prend
rapidement à vouloir connaître la suite, et c’est plutôt bon signe d’autant que
les quelques planches sans beaucoup de textes laissent apprécier un dessin
assez réaliste. Bref, les auteurs prennent leur temps pour camper les
personnages et ce n’est pas désagréable.
Fleurs d’ébène. Scénario et Dessin Warnauts et Raives. Editions Casterman.
Dans un Congo belge
qui vit ses dernières années coloniales, un jeune policier enquête sur la mort
d’un noir, écrasé par une voiture sur une route déserte. Ce crime aurait pu
passer pour un accident mais des détails troublant et l’identité du défunt, un
activiste indépendantiste, lui font penser à un meurtre politique. L’enquête
sera donc des plus délicates. Le tandem belge Warnaut et Raives, à qui l’on
doit la série Suite Vénitienne, abandonne l’Italie pour se plonger dans
l’histoire coloniale de leur pays avec cette histoire policière sans surprise
mais bien ficelée et surtout superbement dessinée. Car Warnaut et Raives aiment
les paysages et les couleurs lumineuses. Et ils s’en donnent à cœur joie avec
les ambiances sensuelles de l’Afrique. Une vraie réussite.
Des archéologues
mettent au jour en Syrie un cercueil plombé contenant d’étranges ossements et
trouvent les traces d’une terrible bataille menée par les Templiers. Des crimes
ensanglantent Paris et une puissance maléfique rôde dans les catacombes. Roger
Seiter aime à raconter les histoires et il les raconte bien. Que ce soit avec
HMS ou Fog, c’est bien ficelé. Là, avec sa femme comme co-scénariste, il
explore un nouveau genre : la terreur. Peut-être est-ce la série Dies Irae
sur les dangers de la sorcellerie qui lui a donné envie d’aller plus loin dans
le genre avec le même dessinateur. Mais en tout cas tous les ingrédients sont
là : démon antique, disciple, meurtres violent, ésotérisme, souterrains et
un graphisme parfaitement adapté. Ajoutons que la forme du récit est originale
car certaines planches sont vues par le démon en question qui s’adresse
directement à nous. Bref, si vous aimez avoir peur ça peut le faire en le
lisant à minuit dans une maison abandonnée.
Fin de la seconde histoire de Sam Lawry, cet ex militaire qui a servi au
Vietnam et en est revenu avec un don qu’il considère comme une
malédiction : il peut voir la mort des personnes qu’il touche peu avant
qu’elle ne se produise. Nous sommes dans les années 70 et Sam est mêlé malgré
lui à une affaire d’espionnage qui mêle la CIA et un sénateur véreux qui détiendrait
les dossiers compromettants qu’avait constitué Edgar Hoover, l’ancien
patron du FBI. Bref, cette sombre histoire de chantage se poursuit avec brio
grâce à un très bon scénario et des dessins à la fois réalistes et dynamique.
Un polar musclé avec une pointe de fantastique. Très efficace.
Catherine est une jeune femme qui après avoir vécu une adolescence
tourmentée, cherche à s ‘épanouir. Un jour elle découvre par hasard dans la rubrique nécrologique d’un vieux journal,
l’annonce du décès de sa mère. Elle décide alors de se rendre avec son neveu
Lulu dans son village d’enfance, afin d’essayer de renouer un dialogue avec son
père. Peu à peu, elle va tenter de se rapprocher de cet étranger si familier,
tout en profitant au maximum avec Lulu des grandes journées ensoleillées de ce
mois de Juin.
Le scénario du troisième tome du « Style Catherine » est une suite
d’ambiances. On ressent une atmosphère très lourde lorsque Catherine cherche à
communiquer avec son père alors que l’on ressent une légèreté lors des scènes
de promenades avec son neveu.
Le dessin et la couleur, tout deux superbes, transmettent les émotions
que l’auteur veut faire passer. On se prend même par instant à ralentir notre
lecture lorsque l’héroïne se trouve dans un moment de contemplation. Un album
beau, oppressant lors de certains passages et nous donnant une joie de vivre
dans d’autres.
Valentin Petitbond est un illusionniste dans un petit cabaret mais il a
longtemps été un joueur professionnel écumant les casinos et en connaissant
tous les rouages. Il est engagé par une compagnie d’assurance afin d’enquêter
sur un personnage mystérieux Ykos, vivant la nuit et ayant une chance inouïe
aux jeux de hasard.
Ce second tome nous apporte encore plus de questions qu’il nous donne de
réponses. En effet Cothias nous fait découvrir plus en détail Ykos et Nemo mais ils se trouvent être encore plus
mystérieux que ne l’on pensait. Le fantastique fait vraiment son entrée dans
cette aventure. Le dessin d’André Le Bras lorgne un peu du coté de Golden City
sans atteindre la maîtrise de Malfin. Les personnages semblent par moment
figés. Les couleurs réalisées par ordinateur donnent à l’ensemble un coté froid
et peu réaliste.
Devinez de quel album je vais vous parler maintenant.
Cette nouvelle histoire raconte l’arrivée d’un petit garçon turbulent,
chahuteur et parfois même méchant dans le village des Schtroumpfs. Le grand
Schtroumpf va essayé de l’éduquer afin d’aider son oncle. Mais la rencontre
entre ce garnement et Gargamel ne va t’elle pas tourner à la catastrophe pour
les Schtroumpfs ?
L’héritage de Peyo est entre de bonnes mains. Le studio qu’il a créé de
son vivant réalise régulièrement des albums dans la pure tradition du papa des
Schtroumps, Benoît Brisefer et Johan et Pirlouit.
Il y a du nouveau à
Wood City le village de Chick Bill. Une nouvelle institutrice vient d’arriver
et c’est le flash ! Ah ! l’amour ! Notre héros en est tout
déboussolé. Il est tellement obnubilé par sa douce et tendre qu’il oublie
d’accueillir Youri Zorfeline, le jeune garçon d’un de ses amis. Youri ne passe
pas inaperçu à son arrivée en ville, tant sa laideur est visible. Mais ce dont
personne ne se doute, c’est que Youri peut d’un simple regard soumettre
n’importe qui à sa volonté. Ce don ne va bien sûr pas laisser indifférents les
deux frères Boutrull, brigands notoires, qui vont alors tout faire pour
utiliser les pouvoirs du jeune garçon à des fins malhonnêtes.
Ah ! Tradition
quand tu nous tiens ! C’est du Chick Bill pur souche que l’on retrouve. La
même chemise à carreaux, la bêtise de Kid Ordinn et par opposition
l’intelligence de Petit Caniche, la sévérité toute paternelle du shérif envers
son adjoint.
C’est du classique.
L’histoire est somme toute agréable mais la fin est un peu facile et rapide.
Les inconditionnels de cette série y trouveront sûrement leur compte mais si
vous avez l’habitude de lire des BD plutôt modernes, cet album aura pour vous
un petit goût de vieillot.
Il en a fait du chemin le jeune Will depuis le premier tome de la série.
Après avoir découvert qu’il était le résultat d’une expérience génétique, cet
étudiant aux pouvoirs fabuleux se retrouve à piloter un vaisseau spatial vers
la planète Nova. Arrivé sur place avec ses compagnons, ils découvrent une ville
déserte, entourée d’un mur invisible. Qu’est-il arrivé aux habitants, y a-t-il
des survivants derrière la barrière ? Commencé comme un thriller, Nova
Génésis est donc devenue une vraie série de science fiction. La mise en pages
qui privilégie de larges cases donne à Eric Chabbert la possibilité de vraiment
s’éclater en dessin avec le talent qu’on lui connaît. Même si le scénario peut
paraître parfois un peu new âge, Nova Génésis reste une série attachante.
La dernière prophétie tome 4 : Le livre maudit. Scénario et Dessin Gilles
Chaillet. Collection Loge Noire. Editions Glénat.
Exilé en Angleterre, Flavien ne rêve que de venir à Rome pour retrouver
la magie de la cité antique. Mais les anciens Dieux ont été remplacés par le
Christianisme et l’empire romain vit ses dernières années. Gilles Chaillet nous
raconte la fin de l’empire romain avec en flashback le règne sanguinaire
d’Héliogabale, un empereur voué au culte du Dieu Baal. C’est passionnant pour
les amateurs d’Histoire avec une touche de fantastique qui n’est pas
désagréable. Reste le dessin de Chaillet, merveilleux pour les détails et les
reconstitutions d’une ville qu’il connaît comme sa poche mais certaines scènes
d’action semblent un peu figées. Bref, une bonne bd dans un style très
académique.
Blessé et laissé pour mort aux
croisades Hugues, Seigneur de Cozenc, revient incognito en France au moment où
son fils est jugé pour meurtre. Evidemment c’est un coup monté et Hugues devra
jouer la montre pour prouver son innocence et confondre les coupables. Un album
historique dans la plus pure tradition de la collection Vécu qui nous replonge
dans cette grande saga moyenâgeuse avec en prime une intrigue policière
rondement menée.
Dans les
années 20, la Chine vit sous la dictature du général Tchan Kai Tchek… Tao, un
jeune porteur d’eau voit son père
assassiné devant lui par les militaires. C’est le début pour lui d’une nouvelle
vie, d’une vie de combat et de résistance. Il devient partisan participe en
1935 à la longue marche qui permettra à Mao de s’imposer comme dirigeant du
parti communiste chinois et chef de l’armée rouge, l’armée populaire de Chine
qui résiste au régime autoritaire de Tchang Kai Tchek. Fils de Chine est une
leçon d’histoire, mais aussi de propagande en 146 planches qui parurent dans
Vaillant à raison d’une planche par numéro en 1950. Aux manettes deux jeunes de
25 ans auteurs talentueux : Paul Gillon et Roger Lécureux. Paul Gillon
grand dessinateur nous a aussi bien ravi avec de la SF, avec la survivante ou
les naufragés du temps, que du policier avec les Léviathan ou dernièrement
l’ordre de Cicéron… Bref, un grand dessinateur qui affirme un trait nerveux et
réaliste depuis de nombreuses années. Quant à son complice Lereculeux, c’est
tout simplement le papa de Rahan. Guérillas dans les rizières et les montagnes,
actes de bravoure sur fond de libération du peuple… Fils de Chine est un récit
épique d’une autre époque sous forme de feuilleton. Un grand classique de la BD
édité en son intégralité. Un régal pour les curieux qui veulent découvrir le
patrimoine du 9e art.
Le Scrameustache est un extra terrestre vivant sur terre chez son ami
Khéna. Un jour ils décident de se rendre sur la planète de leurs amis Pilili et
les galaxiens. Lors du voyage dans leur navette, ils croisent une expédition de
galaxiens qui teste un nouveau vaisseau. Curieux de connaître de nouvelles
sensations de pilotage, les deux amis ne se font pas prier pour échanger de
moyen de locomotion. Mais une comète les fera dévier de leur trajectoire et ils
vont être inexorablement attirée dans un trou bleu. Mais que vont-ils trouver à
la sortie de ce tourbillon cosmique ?
C’est la 37ème aventure de l’extra terrestre créé par Monsieur Gos qui
est depuis quelques albums est épaulé au scénario et au dessin par son fils
Walt. On retrouve toujours avec bonheur tous les personnages qui nous ont fait
vivre de palpitantes aventures depuis de nombreuses années. Le dessin n’a pas
changé et reste dans l’esprit de tradition de la BD franco-belge.
Mon ami
Grompf tome 2 : Gare au gorille. Scénario et Dessin Nob. Collection Tchô.
Editions Glénat.
Arthur est garçon timide et de ce fait il est plutôt chahuté à l’école.
Ces parents voulant le sortir de la solitude dans laquelle il se terre lui
propose de lui offrir un animal de compagnie. Arthur va choisir un Yéti. Dès
lors la vie va devenir plus agréable et facile même si par moment la vie avec
un animal de deux mètres de haut n’est
pas toujours rose. Mais qu’est-ce
qu’elle est marrante !
Malgré une idée de base relativement classique (le couple formé par un
enfant et un animal extravagant et envahissant), Nob arrive à créer des gags
originaux.
Le dessin est dans la lignée des autres ouvrages parus sous le label
Tchô, c’est à dire très agréable, très lisible et coloré. C’est donc une bonne série que petits et
grands pourront partager avec le même plaisir.
Le légataire est la suite directe du premier tome de la série Le
Décalogue. On y retrouve le personnage central, Merwan Khadder ainsi que Gwen
la veuve d’un écrivain, Simon.. Ce dernier s ‘était donné la mort après avoir
publié un best seller « La marque du prophète » qui se trouvait être une traduction quasi parfaite du Nahik. Nahik est
un ouvrage vieux de deux siècles dans lequel on trouve une aquarelle
représentant une omoplate de chameau sur laquelle serait écrite une sourate
inconnue du Coran. Dans le premier tome du légataire, Gwen décidait de rééditer
le livre de son ex-compagnon en l’agrémentant d’archives. Intéressé par ces
dernières, Merwan décide de rencontrer Gwen, mais il n’est pas le seul. Des
intégristes cherchent aussi à mettre la mains sur ces documents.
C’est un univers très vaste qu’explorait Franck Giroud dans le décalogue,
et cette série dérivée tout en nous apportant encore des éléments nouveaux à la
saga initiale, nous plonge dans un excellent thriller. Il faut tout de même
préciser que les auteurs conseillent la lecture du décalogue 1, 2 et 10 pour
pouvoir apprécier pleinement l’aventure du Légataire. Ce second tome est truffé
de références à ces ouvrages précédents.
Le dessin de Joseph Béhé, épaulé, à cause d’emploi du temps chargé par
Camille Meyer est toujours aussi puissant et magistral. Si vous avez aimé le
décalogue vous aimerez le légataire. Si vous ne connaissez pas encore cette
saga en 10 tomes de Franck Giroud, dévorez la et poursuivez avec cette seconde
Dans ce second album de ses aventures, Elias essaye de retrouver son
visage volé. En effet, le mage Melchior a échangé son apparence avec celui de
son adversaire lors de leur affrontement. Dès qu’Elias arrive à le retrouver,
il est tellement aveuglé par la vengeance qu’il se fait capturer et se fait
enfermé dans les geôles du château du roi local, dont Melchior est devenu le
mage personnel. Ce sera donc à ses compagnons de route de tenter de le délivrer
en essayant d’utiliser les cartes du Jeu des Corps Célestes.
Mais pendant ce temps une maladie se répand dans l’ensemble de la ville :
La peste rousse.
Ce second album de le série est vraiment une excellente surprise comme
l’avait été le premier tome il y a maintenant deux ans et demi.
Le scénario de Sylviane Corgiat est très habile car on se laisse prendre
au jeu de son récit et on a de la sympathie et de la compassion pour Elias
alors qu’à la base ce héros est un conquérant sanguinaire et sans pitié,
n’hésitant pas à tuer pour pouvoir asseoir sa domination. L’aventure est
vraiment bien menée et nous tient en haleine jusqu'à la fermeture de l’album. Les dessins et les couleurs de Corrado
Mastantuono sont vraiment remarquables. Les personnages sont variés et les
décors fouillés.
Raewald le saxon et ses compagnons reviennent en France après leur
périple norvégien. Et à peine arrivés, ils doivent innocenter Flavius, le chef
de la communauté juive, et tombe sur un manuscrit en araméen qui donne une
version différentes de la mort du Christ. Les extra-terrestres ne sont pas
loin… Richard D Nolane, s’amuse donc à nous donner un X-Files moyenâgeux en
mêlant habilement ses thèmes fétiches les OVNIS, les abductions, les monstres
de tout poils et les phénomènes paranormaux. Et puis, cabot comme il est il
laisse quelques indices par exemple en attribuant la paternité du manuscrit
ancien à un certain Jacob Le Berger, clin d’œil à Jacques Bergier co-auteur du
Matin des magiciens et co-fondateur de la revue Planète. Bergier a d’ailleurs
un rapport avec la BD puisque Hergé l’a représenté sous les traits du
professeur Esdanitoff dans Vol 714 pour Sydney. Millénaire est donc une série
riche en thèmes et en rebondissement qui fait passer un agréable moment de
lecture.
Au 18e siècle au Japon, un chirurgien Hollandais et un
Samouraï enquêtent ensemble sur une série de décapitations. On nage donc en
plein polar historique et c’est normal car cet album fait parti de la
collection Dédale. Et cette nouvelle série est intéressante à plus d’un titre.
Le scénario tout d’abord met en scène deux hommes de culture totalement
différente et on apprend en même temps que le médecin hollandais les us et
coutumes du japon médiéval. Et puis, la confrontation entre un géant roux aux
yeux bleus et un vieux samouraï emprunt de tradition est assez savoureuse. Le
trait est efficaces et donne une bonne dynamique à l’histoire. En d’autres
termes, un bon album desservi par une couverture peu ragoûtante… Avouez qu’il y
a plus glamour qu’un homme sans tête sur une table d’autopsie.
Basil et Victoria tome 5 : Ravenstein. Scénario Yann. Dessin
Edith. Editions Les Humanoïdes Associés.
Au 18e siècle, en Angleterre, les 6 corbeaux de la tour de
Londres ont disparus. Et d’après une vielle prophétie, s’ils s’envolent
l’Empire britannique risque de sombrer. Basil et Victoria, deux enfants qui
vivent dans la rue seront mêlés à l’affaire. D’autant que Victoria est tombée
amoureuse d’un petit ramoneur français et espère rentrer dans leur confrérie.
Un album plein de charme et de poésie avec des enfants qui sont bien obligés de
devenir adulte bien avant l’heure car la rue n’est pas tendre avec eux.
En Bolivie,
un laboratoire pharmaceutique gardé comme un camp militaire par des mercenaires
éveille les soupçons d’un ONG qui lutte contre le bio piratage. Que cherche
cette firme dans le territoire indien ? Pourquoi procède-t-elle à des
tests sur les populations ? Pourquoi les locaux sont-ils gardés comme fort
Knox ? Autant de question auxquelles l’équipe de WATCH devra répondre pour
une mission des plus délicates. Car WATCH, une cellule spéciale de l’UNESCO ne
doit pas faire de vague là où elle intervient… La seconde mission de WATCH
commence plutôt bien avec un scénario solide et palpitant et des personnages
pas forcément sympathiques mais qu’on apprend à connaître au fil des
pages. Quant au dessin, il reste dans un
style réaliste qui convient à ce type de récit.
COUP DE COEUR
Les âmes sombres. Scénario
et Dessin Marc Vlieger. Collection Mirage. Editions Delcourt.
Ralf règne
en despote sur une bande de SDF reconverti en voleurs. Ils squattent,
organisent des coups et sont, non seulement en marge de la société mais
ouvertement en rébellion. Mélodie, une petite grand-mère échappée d’un asile
suit ses voix qui la guident de villes en ville pour accomplir des missions.
Son chemin croise celui des voyous et la vie de chacun en sera transformée… Les
âmes sombres est une très belle histoire sur des thèmes de société que sont la
vieillesse, la marginalité, le rapport aux autres. C’est touchant, plein de
poésie et de cruauté. Une belle réussite.
Dans un
monde de fantasy, le fougueux et talentueux bretteur, le Valamon se destine à
la devenir Père La Mémoire -l’équivalent d’un prêtre- pour les beaux yeux de la
belle Fassendre. Mais il n’a pas vraiment la vocation. D’ailleurs au moment
d’être intronisé, il n’hésite pas à tuer le sanctificateur car a reconnu en lui
un des assassins de son père. C’est le début de la cavale de Valamon qui n’aura
de cesse que de retrouver les autres meurtriers de sa famille. Et par la même
occasion, il découvrira qu’il est l’enjeu d’un vaste complot au plus haut
sommet de l’Etat. Comment ne pas penser au Bossu de Paul Féval ou aux Trois
mousquetaires de Dumas pour cette aventure qui démarre sur les chapeaux de
roues. Et tous les ingrédients sont là pour nous faire vibrer. De l’action, des
personnages sympathique, un complot d’Etat, un univers dans lequel on ne sent
pas perdu car il mélange habilement le moyen age, le 18e et des
inventions scénaristiques comme une nouvelle religion. Valamon est un bon
premier tome, vif, enlevé, posant bien les bases de la série… Même si la
direction que semble prendre le scénario avec un orphelin qui veut venger sa
famille, ne révolutionne pas le genre. Un vrai plaisir à découvrir.
Chéri-Bibi tome 2 :
Le Marquis. Scénario Pascal Bertho. Dessin Marc-Antoine Boidin. Hors
Collection. Editions Delcourt.
Oyez oyez
la triste histoire du plus redoutable forçat de tous les temps, du monstre
sanguinaire qui fut envoyé au bagne de Cayenne qui s’en échappa, fut repris et
fomenta une révolte sur le bateau qui le ramenait en enfer… Et oui, Chéri Bibi
est de retour. Un des héros les plus tourmentés de Gaston Leroux, un pauvre
garçon boucher accusé à tort du crime de deux notables dieppois prend vie en
BD. On se souvient de l’adaptation réussie en feuilleton TV dans les années 70,
voici la version de Berthot et de Boidin qui bénéficie d’un graphisme étonnant
de beauté et de simplicité avec une palette de couleurs étendue qui exprime
parfaitement actions et les sentiments des protagonistes. C’est beau certes
mais le scénario est surtout très bon et Berthot a su intelligemment l’adapter
en usant de flashback qui éclairent les personnalités des protagonistes. Un
homme accusé à tort, poursuivi par la fatalité, essaie de prendre une revanche
sur la vie et de retrouver un amour de jeunesse qu’il aimait en silence. C’est
romantique à souhait et n’a rien à envier à une tragédie grecque. Bref, un vrai
coup de cœur graphique et scénaristique.
Après “Le
journal d’un remplaçant” et “Virginie” dont nous avions déjà vanté les
qualités, la collection Shampooing (collection dirigée par Lewis Trondheim
himself) nous a concocté un nouveau grand cru.
L’aventure
se passe comme l’indique le titre en 1730, sur l’île Bourbon devenue par la
suite l’île de La Réunion. On y rencontre Raphaël, assistant d’un éminent
ornithologue de la faculté de sciences de Paris, venu sur l’île pour recenser les différentes
espèces animales et surtout trouver la trace du dodo. Raphaël, lui est fasciné
par les histoires de pirates et il compte bien en rencontrer, car à l’époque du
récit beaucoup de pirates bénéficiant de l’amnistie accordée par le gouverneur
peuplaient l’île. Au même moment, toute l’île apprend que La Buse, l’un des
plus célèbres capitaines battant pavillon noir vient de se faire arrêter et va
bientôt se faire exécuter. Ces anciens compagnons vont-ils se mettre d’accord
pour tenter de le sauver ? C’est vraiment une grande aventure que nous offre
Appolo qui connaît bien l’île Bourbon car il y vit. Ce qui est vraiment
intéressant c’est que même si vous assez réticent à l’histoire avec un grand H
et que cet album ne vous intéresse que pour l’aventure, vous apprendrez une
tonne de choses sur la vie et les mœurs qui existaient sur l’île Bourbon à
cette époque. La vie des pirates, l’esclavage, les marrons, etc…
Les enfants d’ailleurs tome 1 : Le
passage. Scénario Vincent Zabus. Dessin Renaud Collin. Collection Punaise.
Editions Dupuis.
La jeune
Rébecca et sa bande de copain découvrent un étrange appareil dans la maison de son grand-père décédé. Cette espèce
de grosse caméra permet d’ouvrir une porte vers un autre monde… Un monde
magique certes, mais qui recèle bien des dangers. Les enfants d’ailleurs est un
album de la nouvelle collection punaise de Dupuis qui s’adresse aux enfants de
plus de 6 ans. Le récit un peu fantastique leur conviendra effectivement tout à
fait… Mais même en tant qu’adulte, on prendra plaisir à suivre les péripéties
de 4 gamins projetés dans un monde fantastique
Le peuple des endormis
tome 2. Scénario Frédéric Richaud. Dessin Didier Tronchet. Collection Air
Libre. Editions Dupuis.
Enfant Jean
était malheureux. Sa mère et son précepteur le maltraitaient. Un jour son père
le prend sous son aile et lui fait découvrir son plus grand secret. Il a
installé dans une cave de Paris un atelier-laboratoire dans lequel il essaye de
trouver le mystère de l’empaillage.
Hermance
Languedolce est un enfant, mais pas comme les autres : il a le don de guérir
les blessures. Il est considéré comme e fils du Christ et participe à la
révolte contre les seigneurs. Mais dès sa mère meure ses pouvoirs
disparaissent. Emprisonné il arrivé à échapper à ses tortionnaires et est
recueilli par une troupe de Tzigane. En même temps on découvre Karlis Oresund.
C’est un guerrier païen impitoyable, pillard et craint de tous. Lors du pillage
d’une église, un moine va lui montrer la foi et en même temps Karlis comprendra
sa mission : défendre la foi chrétienne. Devenu un soldat du Christ il va croiser
le chemin d’Hermance…
Attention… Ames sensibles, s’abstenir ! Ce qui surprend le plus dans cette
BD c’est le sang et la violence des combats dessinés dans ce premier tome. Les
auteurs ne lésinent pas sur les effets gore : décapitation, tête explosée à
l’aide d’un crucifix, gorge tranchée, j’en passe et des meilleures. Il y a
tellement de violence dans cet album que les éditions Dupuis ont décidé de le
sceller à l’aide d’un adhésif pour empêcher les âmes sensibles de le
feuilleter.
Jeremiah tome 27 : Elsie et la rue. Scénario et Dessin Hermann. Collection
Repérages. Editions Dupuis.
Papyrus et
la princesse Téthy, sa fiancée veulent se faire oublier du Dieu Seth. Le
Pharaon leur propose de se mettre au vert en faisant une croisière. Pourquoi
pas sauf que cela ne ressemblera pas à une lune de miel et que les deux
tourtereaux se retrouveront sur une île ou des serpents géants sont terrorisés
par des insectes. Une histoire fantastique un peu éloignée tout de même de la
mythologie égyptienne.
Cupidon est un
angelot chargé de répandre l’amour dans la vie des terriens. Il est donc la
majorité du temps sur la planète bleue pour essayer d’aider les âmes en peine
et rendre les gens heureux et amoureux. Dans cet album Cupidon va voler au
secours d’un jeune garçon, Raphaël, en panne d’amour et se sentant
désespérément seul.
Anti-nucléaire,
anti-militariste, anti-religieux, anti-cons, anti-connes, anti-peine de mort,
anti-beauf… Cabu est tout cela à la fois. Grand dessinateur de presse, créateur
du grand Duduche, il a sévi notamment chez Charlie Hebdo avec un humour
décapant. Provocateur, impertinent, aucun sujet ne lui échappe de la politique
à l’Armée en passant par le Travail, l’Ecologie, la Religion ou encore le
Sport… L’album nous propose un voyage dans le temps, une plongée décapante dans
les années 70 pour retrouver Bokassa et ses frasques, Giscard et ses diamants,
la guerre Marchais Mitterrand, Chirac à la Mairie de Paris, le mariage de
Stéphanie de Monaco, les essais nucléaires de Mururoa et l’élection de Miss
France… Et ce qui est frappant c’est que la critique et la caricature y sont
très poussées, parfois jusqu’à la vulgarité… Mais ces dessins témoignent d’une
liberté d’expression et de ton étonnante. On avait l’impression que qu’à
l’époque aucun sujet n’était tabou. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Début du
20ème siècle, en Nouvelle Zélande, Nyree est une jeune institutrice d’origine
maorie. Elle a fort a faire avec quelques bambins un peu turbulents, mais
l’ayant elle même été, elle est relativement compréhensive avec eux. Mais en
entendant un de ses élèves insulté son camarade de MONSTRE, elle ne peut
laisser passer cet incident, car cela va faire remonter en elle de trop mauvais
souvenirs. 20 ans auparavant, elle vivait avec ses parents et ses grands
parents dans un village Maori. Les temps étaient durs car le travail était
rare, mais tous étaient soudés et oubliaient leurs problèmes en s’adonnant aux
danses et chants de leur peuple lors de soirées passées en costumes
traditionnels. C’est cette coutume qui va intéresser Mr Hartmann, représentant
d’une riche société européenne en visite en Nouvelle Zélande. Il va proposer à
la troupe de danseurs un voyage en Europe afin de se produire en spectacle.
Manquant cruellement d’argent, les
parents de Nyree vont profiter de cette opportunité. Mais les intentions de Mr
Hartmann sont elles aussi louables que cela ? Olivier et Virginie Jouvray nous
raconte une histoire émouvante, tendre et réaliste car elle est tirée de faits
réels. Nous découvrons la vie du peuple Maori au début du siècle dernier, les
difficultés avec lesquelles ils vivaient ainsi que le peu de considérations
dont faisaient preuve les colons à leur égard, étant pourtant le peuple
originaire de ce pays.
Le dessin
de EFA est très fin et parfaitement adapté à ce récit.
Ce premier
tome nous fait vraiment rentrer dans l’histoire. Nous avons immédiatement de la
tendresse et de la compassion pour cette petite fille qui souffre de l’absence
de ses parents, obligés de travailler durement pour subvenir aux besoins de la
famille.
London Calling première partie : La
promesse d’Erasme. Récit Sylvain Runberg Dessin Phicil. Editions Futuropolis.
Dans les années 90,
Thibault et Alex, deux étudiants marseillais ne rêvent que de Londres et sont
prêts à tenter la grande aventure. Goodbye une France ringarde, Hello une
Angleterre class et musicale. Là bas tout semble possible, de faire carrière,
de s’éclater… Et puis, n’est-ce pas la patrie des Beatles ? Seulement, sur
place, les deux jeunes vont vite déchanter et ce qui passait pour un séjour
enchanteur se transforme rapidement en cauchemar. Déjà, Andrew, l’un ami
irlandais qui était censé les héberger est introuvable. Et ce n’est que le
début de la galère… Futuropolis ayant abandonné la collection 32, London
Calling sort en cartonné, agrémenté du deuxième épisode inédit.
Confirmation : c’est un coup de cœur, un très bon album sur les illusions
de la jeunesse et la réalité d’un Angleterre libérale inégalitaire, violente,
sur fond de terrorisme de l’IRA. Un voyage initiatique qui conduira deux jeunes
à devenir adultes plus rapidement qu’ils ne l’auraient souhaiter.
Le premier homme du vaisseau monde vient de mourir. Une grande
cérémonie en son honneur est organisée. Mais une révolte commence à gronder. En
effet depuis le commencement, chaque habitant du vaisseau monde est un clone du
défunt, mais une rumeur s’amplifie : il serait possible que deux êtres de
sexes opposés puissent mettre au monde un enfant. Silenzio 3 un régulateur
(sorte de milicien) chargé de débusquer les fauteurs de trouble, va se
retrouver malgré lui de leur côté.
