03 mai 2008
QUELQUES ALBUMS DE MAI 2008
Islandia Tome 3 : L’empreinte
du sorcier. Scénario et Dessin Védrines. Editions Dargaud.
En Islande au XVIIe siècle, un sorcier qui a le pouvoir de passer d’un
corps à un autre se venge de ceux qui l’on brûlés. Mais, sans le savoir, il est
sur la voie de la rédemption. Suite et fin de cette belle aventure islandaise
pour les fans d’ésotérisme et de sorcellerie. Assez surprenant, ce troisième
tome accumule les révélations et donne les réponses à toutes les questions
soulevées dans les deux précédents. Une histoire fantastique sur fond de superstition villageoise assez originale tout comme le contexte de l’Islande du
17e .Védrines laisse libre court à sa création picturale et se fait
plaisir avec de grandes cases et des paysages désertiques magnifiques. Une bonne
histoire complète en trois tomes.
Vous connaissez Leia Lewis, la jeune mathématicienne de génie. Elle
participe aux missions de l’équipe d’Imago Mundi, l’agence spécialisée dans
l’utilisation d’appareils de détection et de mesures dans des conditions
difficiles et souvent sur des affaires archéologiques mystérieuses. La jeune
femme part en Antarctique travailler sur une base. Elle doit comprendre des
anomalies de relevés effectués par une équipe de scientifiques sur le
réchauffement climatique. Seulement, son efficacité ne plait pas à tout le
monde : elle est piégée et se retrouve perdue en plein désert glacé.
Climax est une histoire en 4 tomes et surtout un spin off des aventures de
l’agence Imago Mundi. Au début, on apprend que la situation financière d’Imago
Mundi est très critique, ce qui explique que Leia accepte de partir si loin
seule en mission. On s’attache donc ici au personnage de la jeune femme et on
apprend à mieux la connaître à travers cette lutte de l’homme contre la nature.
Un scénario intriguant dans un milieu hostile sur fond d’énigme scientifique et
de question d’actualité. Quant au dessin Luc Brahy s’améliore encore et
s’éclate dans ces grandes étendues glacées. Passionnant.
Ouvert la nuit. Scénario Jessica Abel et Gabe Soria. Dessin Warren
Pleece. Editions Dargaud
On imagine toujours les histoires de vampires avec des
châteaux au fin fond de la
Transylvanie, une région habitée par des comtes que vous ne verrez que la
nuit, des chauves-souris, des cercueils, de l’ail et des pieux en bois. Cette BD parle de vampires mais des vampires modernes. Dave
est un jeune homme timide, maigrichon et un peu mal dans sa peau. Le seul
avantage qu’il est c’est d’être un vampire, mais problème il est végétarien. En
plus il est obligé de travailler toutes les nuits dans la boutique de son
patron le prince Radu dont il est devenu l’esclave éternel depuis qu’il l’a
mordu. Un jour il croise le chemin de Rosa, une jeune gothique dont il tombe
éperdument amoureux. Il va alors devoir forcer sa nature afin de séduire la
belle.
« Ouvert la nuit » est un comics qui prend le
contre-pied des histoires vampiriques classiques et c’est une réussite. Le
scénario est innovant, drôle mêlant le fantastique, le romantisme et la chronique sociale. Le dessin de Pleece
n’est pas exceptionnel mais il est très lisible et agréable se qui nous donne
un très bon moment de lecture.
Edu, Raul et Luna (deux garçons, une fille) sont 3 ados
super potes à la vie à la mort. Individuellement, Raul prend des cours de
kickboxing, sous l’impulsion de son grand frère Hector. Luna est passionnée de
tatouages et de piercings, au point de bosser dans une boutique spécialisée.
Edu, lui, dessine beaucoup, et rêve en secret de remporter un concours de
mangas. Séparés la journée, ils se retrouvent le soir pour pratiquer un sport
urbain 100% adrénaline : le parkour. Ils aiment aussi sortir en boîte en
soirée, lors desquelles Luna leur présente invariablement et régulièrement des
« p’tits copains kleenex » (qu’on jette aussitôt après usage). Un soir, 3 types
latinos un peu balèzes osent embêter Luna sur le dance-floor. Aussitôt Raul et
Edu rappliquent et leur fichent une pâtée mémorable. Résultat : tout le monde
est mis à la porte de la boîte. En rage, l’un des agresseurs, un cocard à
l’œil, rentre chez son cousin. Accueilli par un pote, il doit se rouler un
joint et se sniffer un rail de coke en solo, en attendant que ledit cousin
finisse sa « réunion ». Or surprise : un type costaud, armé d’une machette,
sort de la pièce voisine, faisant un bain de sang. Le jeune latino se planque
dans un placard… Le style graphique de Man ne plaira pas
à tout le monde. En effet il a un trait très manga, mais il convient
parfaitement pour ce type d’histoire qui est plus spécifiquement orienté pour
un public ado. Le plus de cette BD l’utilisation des plans assez originaux ce
qui donne de très belles planches. Le récit lui en est encore qu’à ses
balbutiements, ce premier tome nous présente les personnages. On verra si la
suite nous apportera l’intrigue qui fera de cette série un incontournable.
Dans un monde imaginaire régit par des castes, trois ados, une fille et
deux garçons, rêvent d’échapper à leur condition. Ils sont nés dans une caste
assez basse et rêvent de devenir chevalier, ce qui leur est interdit. Ils
décident donc de s’enfuir et de tenter leur chance ailleurs pour être libre.
Leur projet se précipite lorsque l’un d’eux assiste au meurtre d’un chevalier
et récupère sur le cadavre un pendentif aux étranges pouvoirs : les ados
peuvent choisir d’avoir un autre âge… L’aventure peut donc commencer. Bonne
surprise avec cette nouvelle série d’héroïc fantasy menée de main de maître par
un Gaudin en grande forme. L’histoire est fluide, le cible ados parfaitement
atteinte. On retrouve les thèmes de la quête d’identité, du désir d’échapper à sa
condition, de la liberté. Quant au dessin, il est élégant et parfaitement
adapté à ce type d’histoire. Une réussite du genre.
De nos jours, la jeune et belle Annunziata Sabini est
attachée de presse au Vatican. Grâce au système de surveillance informatique,
elle a programmé un certain nombre d’alertes sur les sujets piquants demandés
par son oncle Federico, un ecclésiastique à la retraite. C’est ainsi qu’elle
consulte le témoignage vidéo d’une vieille femme sur l’assassinat d’un dénommé
Vassili Ilyitch, un individu qui intéresse de près son « oncle ». Le
lendemain, avec l’appui de ce dernier, elle négocie avec son supérieur un petit
voyage en Sibérie, pour creuser l’affaire. Dans le transsibérien qui les emmène
de Moscou à Irkoutsk, à la frontière mongolienne, Federico l’instruit, elle et
ses coéquipiers, sur la catastrophe de Toungouska, le 30 juin 1908. A cette date, en
effet, un objet céleste extrêmement lumineux déchirait le ciel sibérien, pour
s’écraser en une gigantesque explosion qui détruisit tout à près de 250 km alentours (600 fois
Hiroshima). Plusieurs mystères entourent dès lors cet évènement : pourquoi la
zone n’a-t-elle été approchée que 19 ans plus tard ? Comment est-il possible
que l’objet ait explosé avant de toucher la surface du sol ? D’où proviennent
les radiations qui s’en sont dégagées ? Et surtout, y aurait-il eu une
conséquence imperceptible sur le métabolisme des êtres vivants rescapés ? Soleil
lance avec cet album une nouvelle collection d’histoires mêlant religion et
aventures inexpliquées. Novy part d’un évènement réel et brode autour une
intrigue en essayant d’apporter une explication plausible au phénomène
constaté. Le dessin de Popescu dont c’est le premier album est plutôt bien
maîtrisé et nous permet une bonne lecture du récit. A propos de ce dernier, je
peux dire que la première moitié du tome est très agréable à lire mais
qu’ensuite, Novy utilise des raccourcis scénaristiques qui m’ont un peu
décontenancé et fait perdre le fil de l’histoire. C’est dommage car le début
était prometteur. Mais je pense qu’il faut mieux que vous vous fassiez un avis
par vous même car cet album le mérite.
Elijah Parker vient de se réveiller de sa longue période de
sommeil cryogénique car le vaisseau spatial dans lequel il est technicien est
prêt de l’explosion. Il a juste le temps de sauter dans une capsule de secours
et d’évacuer ce qui va devenir le cercueil de ses compagnons de route. Sa
navette se trouve près d’une planète qui semble être la Terre, celle d’où il vient.
Après un atterissage forcé et une traversée du désert, il est recueilli par
Zack qui le conduit immédiatement à la ville principale. Mais Elijah va petit à
petit découvrir qu’en fin de compte il n’est pas sur Terre mais sur planète
Nysa qui lui ressemble trait pour trait. Et ce n’est pas car il va aller de
surprise en surprise. En effet si cette planète ressemble à la terre,
l’évolution technique semble avoir été stoppée nette et il apprend aussi que
les habitants ont des problèmes de mémoire. Ils sont donc obligés de faire
régulièrement des mises à jour de leur cerveau. Mais cette opération n’est-elle
pas faite pour manipuler les gens ? Mais la plus grande surprise qui
attend notre héros est qu’il ne serait pas le seul survivant de l’explosion de
son vaisseau ?
Une intrigue sympa et un dessin soigné, cette série commence
sous les meilleurs augures. Perrotin nous entraîne dans une aventure spatiale
peut être pas très originale au niveau du concept mais qui laisse entrevoir
beaucoup de possibilités scénaristiques. De plus les trois dernières pages
clôturant l’album nous plongent dans l’incompréhension la plus totale ce qui
donne envie de lire la suite. Au dessin Crisse excelle toujours. Mais attendez
voir. Ce n’est pas Crisse qui met en images cette BD C’est Beno. Pourtant on
aurait pu jurer que ce graphisme était du créateur d’Atalante et de l’Epée de
cristal. Beno est apparemment un des élèves de ce talentueux auteur comme le
laisse imaginer la préface. Le dessin est donc de très bonne facture et
ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de son maître. Ce premier tome annonce,
on l’espère une série intéressante et originale.
Les
relations d’un homme et d’une femme sur un air de valse puisque ce fut la
passion de leur vie, une autre relation amoureuse amusante autour de
l’équitation jusqu’à ce que l’homme s’aperçoive que la femme qui lui plait va
se marier à un prince… Voila deux des 4 histoires de cet album à sketchs qui
nous propose quatre adaptations de nouvelles sur le thème des rapports hommes/femmes.
C’est léger comme un pas de danse, rythmé comme un ballet, avec des styles
narratifs et graphiques complètement différents. Un album plaisant.
Quatre hommes évoquent leur guerre… Dans les années 40 en France, Erwin, jeune
militaire Allemand tombe amoureux d’une jeune handicapée sur une plage de la
côte d’Opale. Archie, un jeune britannique est en mission de renseignement au
Caire et lui aussi tombe amoureux, entre deux câbles allemands à déchiffrer. Il
y a aussi le Français Julien et l’américain Joe, un ancien as de l’aviation qui
revient en France avec son petit fils. War and Dreams est une série en forme de
témoignages et d’histoires personnelles noyées dans l’Histoires de la Seconde Guerre mondiale. Le
dessin est toujours aussi somptueux et nous ramène sans mal dans les ambiances
des années 40, dans différents pays. La couleurs tendres apportent une touche
de romantisme. En revanche, la multiplicité des récits qui s’entremêlent peut
surprendre et apporter parfois un sentiment de confusion et de frustration car
l’histoire avance lentement. Les époux Charles agissent par touche, un peu
comme le dessin en couleur direct de Jean-François. Une belle évocation.
Au début du 19e, tout Paris est en émoi. Un assassin masqué
appelé Noirhomme, sorte de croquemitaine, personnage de roman populaire, s’en
prend à la population. Le monstre poignarde des femmes du peuple… Mais que font
les policiers et les hommes politiques ? Impuissant, le Ministre de
l’intérieur est sur la sellette. Surtout qu’un magistrat ambitieux brigue son
siège. Et si le magistrat avait lui-même orchestré les meurtres pour provoquer
la panique et faire destituer le Ministre ? Le véritable Noirhomme va-t-il
laisser faire un imposteur ? Deuxième tome de ce feuilleton populaire avec
un personnage énigmatique, incarnation du mal qui tire de nombreuses ficelles.
Le dessin est sobre et les couleurs assez sombres pour créer l’ambiance
inquiétante adéquate. Une série en trois tomes avec un dénouement attendu qui
devrait lever le voile sur de nombreuses questions… Parce qu’il rest beaucoup
de point à éclaircir.
Corto Tome 16 : Concert en o
mineur pour harpe et nitroglycérine. Tome 17 : Songe d’un matin
d’hiver. Tome 18 : Côtes de Nuits
et rose de Picardie. Scénario et Dessin Hugo Pratt. Editions Casterman.
Suite de la
rééditions chronologique en petit format d’un des plus grand classique de la BD : Corto Maltese. Là
encore des histoires complètes empreintes de poésie et d’aventure avec le
personnage charismatique et énigmatique de Corto, marin nonchalant, aventurier
qui prend la vie comme elle vient. Cette fois ci direction l’Irlande et
l’Angleterre des légendes, celle de Merlin et de Morgane, pour les deux
premières histoires. Quant à la troisième, elle concerne un personnage mythique
de la première guerre mondiale, un as de l’aviation allemande : le fameux
baron rouge. Des atmosphères toujours envoûtante en un format poche idéal pour
découvrir ces classiques.
Les toubibs Tome 6 : Dites
30-15. Scénario Bélom et Gégé. Dessin Alain Sirvent. Collection Humour Job.
Editions Bamboo.
Deux nouveaux opus des pompiers et des toubibs dans la collection humour
Job chez Bamboo. Vous connaissez le principe : des gags en une ou deux
planches avec un humour assez potache et bon enfant. Alors si vous connaissez
un pompier ou quelqu’un qui travail dans une profession médicale que c’est
bientôt leur anniversaire, vous savez quoi leur prendre !
Dans l’Italie fasciste des années 30, un prêtre en pleine crise de foi
est envoyé dans un petit village pour enquêter sur un miracle. Une jeune fille
guérit les habitants du choléra et communique avec l’ange protecteur du
village. Sur place la situation est plus compliquée qu’il n’y paraît et les
questions s’accumulent ? Y a-t-il une machination derrière ce miracle ?
Pourquoi sœur Valentina, une none du couvent, est-elle assassinée ? Quel
est le secret de cette mystérieuse demeure au milieu de la forêt qui a été
incendiée ? Une enquête à haut risque dans laquelle le prêtre risque de
perdre son âme… Le missionnaire bénéficie d’un bon scénario et de dessin
réalistes assez sobres sans beaucoup de détail ni de décor toutefois.
Intéressant.
César, enfant d’un quartier pauvre colombien, a des
principes. Il exécute toujours ses contrats d’une unique balle dans le crâne,
mais jamais devant un enfant. Ce scrupule lui vaut aujourd’hui la disgrâce de
son ex-commanditaire, qui en a fait sa cible numéro un. La providence met alors
dans son champ de vision un autre adolescent, Fernando, issu d’une famille
riche, qui lui ressemble trait pour trait. Il s’arrange alors, sous prétexte de
kidnapping pour prendre son identité et faire buter Fernando à sa place.
Cependant, Fernando ne meurt pas… la balle est extraite de son ventre avec les
moyens du bord, par le père de César, médecin camé au dernier degré, persuadé
de soigner son fils. De son côté, César connaît quelques soucis à l’école et se
fait choper en train de fumer… mais il en profite pour épier les discussions de
son « père » de substitution. Il comprend alors que pour les besoins de ses
expériences, ce dernier s’adonne à un immonde trafique d’organes, notamment en
faisant enlever des gamins des quartiers pauvres. Chacun de leur côté, Fernando
et César se mettent à comprendre que leur étrange ressemblance n’est sans doute
pas le fruit du hasard…
Comme souvent dans cette collection de chez Bamboo,
l’histoire racontée est passionnante. Bien sur le coté gémellité dans un
scénario de BD n’est pas nouveau mais ici les rebondissements de l’histoire ne
tiennent pas seulement à cette ressemblance entre les deux héros mais sert de
base à un récit plus complexe mettant en évidence une manipulation dont les
enfants défavorisés de certains pays sont les victimes. Le tout est mis en
dessins de façon assez classique mais avec une grande justesse et une grande
précision. Grand Angle est une collection qui veut proposer des histoires
proches d’un film de cinéma, et bien ce récit pourrait tout à fait être adapté
sur grand écran. Une série en deux tomes excellente, qu’il faut que vous
découvriez si cela n’est pas encore fait.
Dans un
univers de samouraïs et de créatures fantastiques, le Tengu qui a le pouvoir de
se transformer en corbeau veut sauver les trois filles du Roi blanc qui vient
de mourir. Il en a retrouvé deux et elles l’accompagnent. Elles sont non
seulement jolie mais en plus sont de redoutables compagnes de voyage. L’une est
guerrière, l’autre magicienne. Ils poursuivent leur quête pour retrouver Soie,
la troisième héritière du Roi Blanc. Pendant ce temps, le Roi Noir prépare son
armée avec l’aide d’un puissant nécromant. Au programme de ce tome : un
monstrueux gardien des glaces et un superbe dragon. Bakemono revisite le japon
mythologique. C’est de l’oriental fantasy, un genre particulier qui prend
plutôt bien avec le graphisme fin et les couleurs flamboyantes de Jean-Luc
Sala. A suivre.
Le Lombard sort le deuxième numéro de son journal mensuel,
le Strip. Vous pourrez y découvrir des auteurs connus, tels Maester, Coyote ou
Clarke, côtoyant de plus jeunes comme Nix ou Relom.
Deux soldats d'élites français partis en mission au Soudan
pour enquêter sur le centre d'expérimentation d'Abou-Abou ont disparu. Bob
Morane et Bill Ballantine sont mandatés pour les retrouver. Se déplaçant à la
faveur de la nuit, ils ne tardent pas à atteindre le fameux centre. Doté d'une
technologie de pointe, ce complexe scientifique assure des expériences sur les
êtres vivants en les figeant dans le temps au moyen d'un appareil appelé le lycotron.
Les deux hommes ne vont pas tarder à subir les effets terribles de cet appareil
déroutant.
Un album très agréable. L’aventure est au rendez-vous et le
scénario ne manque pas de rebondissements. Le style graphique de Coria est très
classique mais c’est tout a fait normal pour un auteur de sa trempe qui a
commencé sa carrière il y a de cela 35 ans en commençant par être assistant sur
des séries phares comme Bruno Brazil. Dès 1979 il reprend avec succès le dessin
de Bob Morane succédant à William Vance. Cette série en est à son numéro 44 et
apparemment cela n’est pas encore fini. Une BD d’aventure classique mais très
efficace.
New York
dirigé par les la communauté afro-américaine. Les noirs ont tous les postes
clés pendant que les blancs vivent dans la misère dans des ghettos. Zack, un
blanc, est un prescient. Il peut voir d’autres réalités et surtout lire
l’avenir. Acheté à ses parents par un puissant homme d’affaire, il travaille
pour une grosse société. Seulement, il commence à avoir des visions qui le
perturbent, des visions d’univers parallèles. Il est enlevé. Une machination se
met en place contre lui… Deuxième albums d’Uchronies après, New Bizance. On retrouve
notre héro Zack, dans une autre réalité. Cette fois ci, ce ne sont pas les
fondamentalistes musulmans qui ont pris le pouvoir mais les descendants des
Black Panthers. Un scénario bien construit, plus fluide que pour New Bizance
car le monde décrit est un peu plus familier. Le dessin est tout en élégance et
on est pris facilement dans l’histoire. Bref, vivement la suite.
Les gens sont méchants ! Scénario et Dessin Quino. Collection
Humour. Editions Glénat.
Un recueil
de dessins humoristiques et de caricatures de Quino, c’est un régal. Le
dessinateur espagnol, créateur du personnage de Mafalda jette sur notre
quotidien un œil toujours aussi acerbe et épingle avec astuce et finesse tous
les travers de notre société. Parfois c’est poétique et tendre, parfois acide. Quelques
cases montre par exemple des mariés entrain de découvrir leur cadeaux et de
lire les étiquette : sur une caméra ils déchiffrent « Pour Monique et
David de la part d’Edgar », sur un vase, « pour Monique et David de
la part de Sarah et Marcos ». Dernière case, un berceau avec un bébé
dedans et une étiquette : « Pour David de la par de Terezhina Dos
Santos » ! A déguster sans modération.
Embarquée
sur un vaisseau spatial, la jeune Mika est toujours sur les traces de son père
dont l’esprit a été placé dans le corps d’un droïde de combat. Après avoir
essuyé une attaque de pirates, l’équipage se réfugie sur une planète assez
inhospitalière. Il rencontre un peuple et se soumet à une épreuve
initiatique : survivre dans un labyrinthe truffé de pièges mortels… Suite
de cette série de science fiction qui déménage. L’atmosphère est plus lourde et
plus inquiétante que dans le premier tome et ce 2e opus est avant
tout centré sur l’action. Mais c’est toujours aussi bon et prometteur pour la
suite. A noter que la première éditions bénéficie de 8 pages de croquis.
Je suis morte Tome 2 : Comprendre. Scénario Morvan. Dessin
Nemiri. Collection Loge Noire. Editions Glénat.
Dans un futur proche, l’ADN humain a été modifié pour rendre
les hommes immortels. Un programme a été mis en place pour répandre cette
avancée et quelques décennies plus tard, toute la population terrestre a accès
à l’éternité. Moins stressés par le temps qui passe, les peuples ont perdu leur
caractère belliqueux. Dans ce demain idyllique vit Aster, une petite fille pas
comme les autres. En effet elle est mortelle parmi les immortels. Elle fuit
alors ces parents qui ont fautés et lui ont donc donner une espérance de vie si
courte. Elle va se retrouver parmi un groupe de jeunes qui comme elle attendent
la mort. Ils vont alors se mettre à zoner et à apeurer les gens qui ayant perdu
leur agressivité ne leur répondent pas. Mais jusqu’où peut aller cette
dérive ?
Morvan a tissé cette histoire d’anticipation comme un
thriller dans le premier tome. Ce second est lui un peu plus contemplatif et nous laisse vagabonder
au gré des errances d’Aster. On sent le mal être et l’état de perdition dans
lequel elle setrouve. Ces sensations sont parfaitement illustrées par le dessin
de Némiri. Les couleurs pastels floues réhaussent un crayonné simple ce qui
donne une impression de brouillon mais en y regardant de plus près on voit
toute la précision du dessinateur. Cette série rebutera certainement certains
du fait de son graphisme mais ceux là passeront totalement à coté d’une
excellente intrigue et d’uns histoire originale, ce qui loin d’être le cas le
plus fréquent dans la production actuelle.
Qui veut
tuer un clochard qui semble être le dernier descendant d’une mystérieuse
lignée ? Quel est le secret du reliquaire contenant le crâne d’un homme de
Neandertal ? L’équipe de
l’association des cas particuliers -trois antiquaires- sont bien décidés à
avoir toutes les réponses. Suite et fin d’une enquête originale qui bénéficie
d’un scénario superbement huilé… Si intéressant qu’on se prend à regretter
qu’il n’ait pas été développé sur plus d’album car l’idée de base est vraiment très
intéressante.
Caravane Tome 1 : Mila. Scénario et Dessin Olivier Milhiet.
Collection Terre de Légendes. Editions Delcourt.
Un village
en plein désert, une communauté qui n’aime pas les étrangers. Une troupe de
monstre de foire débarque. Ils sont difformes, bizarres, certains ont des
drôles de tête… Différents, ils auront du mal à être accepté. Sauf par le
propriétaire du saloon et sa petite fille Mila. Seulement, leur sens de
l’accueil ne plait pas à tous le monde et le père de Mila paiera sa gentillesse
de sa vie.
KKK chez
Mad Max. Fable sur la tolérance, conte initiatique sur la différence et le
racisme, Carvane est tout cela à la fois. On oscille entre une ambiance
violente et futuriste à la Mad Max et
la parade de freaks. Des personnages insolites et attachants avec un dessin
tout en finesse. Une belle histoire en deux tomes dont on attend impatiemment
le dénouement.
Egide,
c’est le nom du bouclier que Zeus donne à la déesse Athéna dans la mythologie
grecque mais c’est aussi une agence de contre espionnage européenne. Sa mission
actuelle : enquêter sur un terroriste international ou plutôt un
mercenaire lié à la mafia russe. Il est en effet soupçonné d’avoir utiliser la
valise diplomatique pour passer en France un mystérieux objet sans doute volé…
S’agirait-il d’une arme pour un attentat ? Connaissant l’agence est
persuadée qu’il prépare un mauvais coup. De quoi s’agit-il ? Pour qui
agit-il ? Pour le savoir, Egide devra se servir d’une charmante voleuse,
un rat d’hôtel et la convaincre de se joindre à eux.
Nouvelle
série d’action et d’espionnage dans la collection Impact. Un scénario efficace
et bien construit, des personnages bien campés et un dessin réaliste adapté. Le
pari est réussi, Egide tient en haleine.
Seule rescapée d’un crash sur une planète inconnue, élevée par le robot
Nsob, la petite Navis est toujours aussi espiègle. Seulement sa nounou
métallique manque d’énergie. Navis tente d’y remédier et surcharge involontairement
les circuits de Nsob. Seule solution pour réparer sa bêtise, aller chercher des
batteries dans l’épave du vaisseau. Mais celle-ci est hantée par un robot
devenu fou… Une aventure intéressante de la jeunesse de Navis, d’autant que cet épisode de la vie de
l’héroïne a un rapport direct avec le dernier tome de la série d’origine
Sillage. Un album enlevé, boosté par le dessin dynamique de l’espagnol Munuera
qui s’éclate sur de grandes cases.
Au début du 20e siècle, un étudiant en médecine aide tout au
long de sa vie un ami génial qui s’est juré de trouver un moyen de vaincre la
mort. Avec des substances de sa création, il essaie de ressusciter des
cadavres… Cette quête tournera à l’obsession et ses expériences horribles
finiront par le rattraper. Reanimator est l’adaptation d’une nouvelle d’un
maître de l’épouvante HP Lovecraft. Une sorte de Frankenstein de l’horreur. La
narration de Lovecraft peut paraître aujourd’hui un brin désuète, d’autant
qu’on peut être blasé par les récits et films d’horreur mais Calvez parvient à
distiller une ambiance glauque et malsaine avec son dessin style esquisses et
ses couleurs sépias et sombres. Lovecraft aimait jouer avec l’imagination de
son lecteur et pour rendre l’horreur absolue, l’inimaginable restait vague dans
ses descriptions. Calvez avec ses contours parfois flous réussi le tour de
force de faire de même. Une bonne adaptation, une bd d’atmosphère réussie.
Toto est un
petit garçon de 8 ans tout a fait normal, ne manquant pas d’intelligence ni de
logique mais les mettant le plus souvent en œuvre pour ne pas travailler ou
faire des blagues aux autres. Il passe
son temps libre, c'est-à-dire le temps des cours, à rêver et il a toujours une
bonne répartie lorsqu’on le réveille. Ce petit bonhomme est très sympa et les
gags qu’il nous offrent sont plutôt agréable à lire.
On pensait que les blagues de Toto étaient vieillottes et
désuètes mais un auteur a eu la riche idée de les remettre au goût du jour en
les adaptant et les modernisant. Le dessin tout en rondeur et de Coppée est
parfait pour ce style d’ouvrage et pour le public visé, qui est plutôt composé
des plus jeunes lecteurs. En effet même si les adultes peuvent rigoler aux gags
de ce chenapan, les chutes et les morales sont principalement calibrées pour le
plus jeune public. Delcourt a créé, il y a déjà un long moment son catalogue
jeunesse, et Toto en est devenu un des piliers. Ce nouveau tome ne décevra pas
les fans qui sont très nombreux au vu de la file d’attente pour pouvoir avoir
une dédicace de l’auteur lors du dernier salon de Saint Malo.
La Belle et la Bête. Scénario et
Dessin Patrick Sobral. Editions Delcourt
Un village isolé dans un pays inconnu. Les habitants ont un
gros problème, en effet leur terre n’est pas assez fertile. Ils demandent alors
de l’aide à un magicien Gadimos. Il leur promet de revenir une semaine plus
tard munie d’un artefact qui redonnera fertilité à leur terrain. Mais il ne
revint pas. A partir de ce jour là, la forêt jouxtant le village est maintenant
peuplé d’une horde de monstres mi-homme mi- plante qui leur interdit l’accès
sous peine d’une mort immédiate. Dix ans plus tard une jeune fille fuit les
villageois et s’enfonce dans cette forêt. Ses poursuivants sont alors attaqués
par la bête et ses serviteurs. Bellyana va alors réussir à séduire les monstres
qui la conduiront vers leur repère, un château magnifique. La Belle sera dès lors veiller
jalousement par la Bête.
Maisquel est le secret que cache cet endroit et qui sont
exactement ces monstres.
Beaucoup d’adaptations de ce célèbre conte existent mais
celle là s’en écarte assez pour devenir rapidement une histoire originale. On
n’attendait pas Sobral dans cet univers là. On le connaît auteur de la série
Les Légendaires, une série d‘Héroic Fantasy formaté pour les plus jeunes
lecteurs fans de manga. En effet les aventures de ses 5 jeunes héros à la
recherche d’un antidote qui leur permettrait de redevenir des adultes est un
bon compromis entre la BD franco belge et la BD nippone. Dans ce nouvel album, l’auteur garde toujours son trait manga mais le
mets au service d’une histoire beaucoup plus sombre et adulte qu’à l’habitude.
On y trouve en effet beaucoup plus de cruauté et de violence que dans sa série
phare. Les couleurs sont superbes et apportent de magnifiques ambiances au
récit. Cette BD est une vraie réussite car si l’on connaît l’histoire
originelle, on sera tout de même surpris de la réécriture de Sobral, les
planches sont superbes et on passe un succulent moment de lecture. De plus
c’est un one Shot. Que demander de plus.
Le célèbre
pilote Buck Dany est envoyé en mission en Afghanistan pour retrouver un espion
américain disparu qui enquêtait sur un trafic d’armes. 52e aventure
du héro volant d’Hubinon et Charlier. Bergèse a veillé à rester dans le
classique absolu… Un peu trop même. Postures figées, découpage à l’ancienne
avec de grandes ellipses, un héro sans beaucoup d’épaisseur qui s’en sort
toujours. On trouve un peu de l’aventure en une succession de tableaux, des gentils
et des méchants... Bref, une bd à l’ancienne pour les nostalgiques.
Une aventure de Spirou et
Fantasio par… Emile Bravo : Le journal d’un ingénu. Scénario et Dessin
Bravo. Editions Dupuis.
Retour aux sources pour les 30 ans d’un des héros de bd les plus
populaires. Le journal d’un ingénu nous plonge dans la jeunesse de Spirou qui
est, dans les années 30, groom dans un hôtel de Bruxelles. Plein d’énergie,
naïf, ce brave garçon qui vit dans la misère se trouve plongé au cœur de l’Histoire.
Dans l’Hôtel, un représentant de l’Allemagne nazie rencontre des dirigeants
polonais. Le résultat des pourparlers pourra peut-être éviter une guerre.
Pendant ce temps, le journaliste Fantasio traque le scoop sur de célèbres
clients de l’hôtel… Il fallait oser… bravo Bravo ! Le journal d’un ingénu
comporte beaucoup de case par planche et rappelle dans sa forme les anciennes
bd. Scénario dense, phylactères bien remplis, comique de situation. On ne peut
qu’éprouver de la tendresse pour ce garçon frais et naïf qui connaît ses
premiers émois amoureux sur fond d’enjeux géopolitiques importants. Cette bd
est un retour aux sources admirable.
Une guerre
civile a éclaté en France. Échappant de justesse aux émeutes, les scénaristes
de bd Sylvain Ricard et Jean David Morvan, réussissent à sortir de Paris
assiégée, avec un éditeur japonais de passage et l’amie de Jean David. Direction
le sud chez Christophe Gaultier où la situation semble plus calme. Seulement
pour sortir de la capitale, Jean David a du écraser un jeune qui tentait de les
braquer et ils ont assisté à des scènes de guerre. Bref, ils sont un peu
traumatisés. Et cela ne va pas s’arranger. Dans une station service déserte,
ils découvrent un charnier. Suite d’une série étonnante dans laquelle
scénaristes et dessinateur se mettent en scène en imaginant comment on pourrait
se comporter face à des événements de ce type. Beaucoup d’entre nous n’ont
jamais connu de guerre. Que ferions-nous, comment réagirions-nous dans une
guerre civile ? Une série assez réaliste qui fait froid dans le dos et
surtout –ce qui est plutôt rare- qui fait réfléchir
Jeronimus Première partie.
Recit Christophe Dabitch. Dessin Jean-Denis Pendanx. Editions Futuropolis.
Au 17e, siècle, à Haarlem dans la Hollandeprotestante, l’apothicaire Jeronimus, qui vient de
perdre son bébé et sa réputation, décide de changer de vie. Il s’engage à la
compagnie des Indes et embarque sur le Batavia comme assistant du commandeur.
Philosophe, libre penseur, séduit par des idées utopistes et sulfureuses pour
l’époque, il affirmera son caractère au cours du voyage. Le Batavia n’arrivera
jamais à destination. Sur une île au large de l’Australie, Jeronimius deviendra
le promoteur d’une terrible expérimentation humaine. Une histoire vraie sur
laquelle les auteurs enquêtent et remontent le fil de ce qui a du se passer.
Cet album passionnant s’attache à l’évolution psychologique d’un personnage
étonnant et nous donne des clés pour mieux le comprendre. Les dessins en
couleurs directs semblables à de véritables tableaux sont absolument sublimes… Bref,
cet album est une merveille.
Cinq amies passent une soirée ensemble suivant le
traditionnel concept de la « pyjama partie ». Arrivée chez Muriel, Bénédicte et
Anna se changent et toutes trois commencent à papoter de leurs relations
respectives, en attendant les deux autres. Bénédicte leur annonce sa volonté de
tout quitter, études et petit ami. Le problème est qu'elle n'a encore rien dit
à l'intéressé… Leïla arrive enfin, un peu paniquée : sa mère est à l'hôpital et
s'apprête… à accoucher ! Elle patiente donc avec ses amies, dans l'attente d'un
appel. L'attention revient vite sur le cas de Bénédicte. Leïla, qui est loin
d’être une experte en amour, lui conseille alors quelques questions
essentielles à se poser. Chloé débarque enfin, comme à son accoutumée, en bonne
dernière. Elle n'a pas l'air « comme d'habitude »… Elle vient en fait de passer
un agréable moment avec un illustre inconnu, ce qui a tôt fait d'énerver ses
amies qui la trouve un brin irrespectueuse envers son petit ami...
Que se passent-ils lorsque les filles se retrouvent entre
elles ? Que racontent-elles ? Quels sont leurs principaux sujets de
conversation ? Christopher tenter de dévoiler une partie de ce mystère.
Son dessin très simple d’une grande fraîcheur donne tout de suite une sensation
de légèreté à son récit. Malgré cela il aborde des sujets graves du quotidien
et il n’épargne pas ses héroïnes. Cette BD est le recueil des 5 tomes parus
précédemment et on suit l’évolution au jour le jour de ces 5 filles avec un
réel plaisir de lecture. Si vous ne connaissez pas encore l’œuvre de
Christopher et en particulier cette série, cette intégrale va vous permettre de
découvrir le grand talent de cet auteur.
11 avril 2008
QUELQUES ALBUMS DE FIN AVRIL 2008
Nanami Tome 2 : L’Inconnu. Scénario Corbeyran et Sarn. Dessin Nauriel. Editions Dargaud.
Alors qu’elle participe à la répétition d’une pièce de théâtre, la jeune Nanami est projetée avec les autres acteurs dans un monde moyenâgeux avec des guerriers, des princes, des princesses et des animaux fabuleux. Surprise au début, elle s’adapte très vite à la situation, comprenant que, dans ce théâtre un peu particulier, si on croit très fort à son rôle, on est transporté dans un autre univers. Son aventure n’est pas de tout repos car elle doit se battre dans un château et se fait capturer… Mais ce n’est tous les jours qu’on endosse un vrai rôle de princesse ! Une fois revenue, elle doit affronter son quotidien d’ado, moins marrant et surtout déjouer les complots de personnages qui gravitent autour des deux mondes.
Suite de cette aventure plutôt sympa qui plaira avant tout aux adolescentes. Entre les problèmes avec ses parents et le lycée, Nanami a tout pour permettre aux jeunes lectrices de s’identifier. Le scénario n’évite pas certains clichés et évoque des films comme « l’histoire sans fin » ou « le mond de Narnia », mais le caractère épique et magique de l’aventure reste séduisant. Côté dessin, Nauriel poursuit ses graphismes dynamiques en empruntant au manga certains atouts, tout en restant dans une ligne franco-belge. Un bon mixte, donc.
Rachel Tome 1. Scénario et Dessin Manboo. Editions Dargaud
Rachel prend un café avec son petit ami François lorsque celui-ci lui reparle de son envie de s’installer avec elle. Celle-ci est, comme toujours, contre cette idée, se trouvant très bien dans sa situation actuelle. D’autant plus qu’elle n’arrive toujours pas à trouver de travail, tous les salons de coiffure qu’elle démarche refusant sa candidature. Après cette discussion un peu houleuse, Rachel se rend à un nouvel entretien mais ce dernier se solde encore une fois par un échec. La jeune femme part alors retrouver son amie et colocataire Rose dans le bar qu’elle tient mais, au lieu de réconfort, Rachel trouve surtout les vannes cinglantes de Richard, un des habitués qui passe sa vie à la taquiner. Avant qu’elle ne reparte, Rose annonce à Rachel qu’elle ne rentrera pas ce soir car elle passe voir le voisin du dessous et prévoit une nuit torride. Une fois dans l’appartement, Rachel tente de se détendre dans le bain mais le chat lui casse les oreilles. Décidément, rien ne va aujourd’hui ! C’est alors que la sonnette retentit et la jeune femme, pensant que sa colocataire rentre plus tôt que prévue, va ouvrir la porte, vêtue simplement d’une serviette. Mais elle a alors la surprise de tomber sur un beau jeune homme qui lui dit être le voisin du dessous…
Un manga à la française, c’est de plus en plus à la mode. Celui-ci est plutôt réussi graphiquement, Manboo ayant une assez grande aisance pour dessiner les belles jeunes femmes émaillant son récit. Mais voilà, c’est justement ce récit qui est très décevant. C’est relativement plat, peu intéressant pour moi. On ne s’attache pas trop à l’héroïne et on suit nonchalamment ses petites aventures toutes droit sorties d’un sitcom pour adolescentes. C’est justement le cœur de cible de cet album et je pense qu’il ne peut toucher que ce public.
Presqu’ados Tome 1 : Vous pouvez pas comprendre. Scénario et Dessin Benjamin Ferré. Editions Soleil.
Bienvenue dans le monde des ados et bon courage pour les comprendre. Avec des gags en une ou deux planches, Benjamin Ferre nous fait découvrir Zack et Margot. Ces deux ados sont frère et sœur. Ils ont leur langage, leurs habitudes, leurs rites. Au fil des pages, vous les découvrirez évoluer dans leur milieu naturel et vous saurez tout sur la tektonic, les MSN, et leur vie secrète. Bref, c’est une étude digne d’un éthologue et c’est surtout très drôle. A conseiller d’urgence aux parents qui ont un ado chez eux !
KGB Tome 2 : Le sorcier de Baïkonour. Scénario Valérie Mangin. Dessin Malo Kerfriden. Collection Quadrants solaires. Editions Soleil
Ava et Dimitri sont deux agents du KGB chargé d’une mission de la plus haute importance. En effet nous sommes en 1961, en pleine guerre froide, et ils doivent se rendre sur le site de lancement du premier vol habité Russe : Baïkonour. Kroutchef les a chargé d’annoncer le nom du premier cosmonaute partant en mission pour conquérir les étoiles. Par la même occasion, ils vont devoir essayer de déjouer les plans machiavéliques du responsable des lieux, l’étrange Von Auch. Mais qui est cet homme apparement doté de pouvoirs surnaturels et pouvant manipuler les gens et les éléments naturels à sa guise. Ava et Dimitri semblent être en présence du célèbre Raspoutine, mais cela est impossible car il aurait alors plus de 100 ans. Comme à son habitude, la scénariste Valérie Mangin part d’une base historique réelle et solide pour raconter son histoire. Elle introduit ensuite tous les éléments qui nous tiendront en haleine pour créer une aventure romancée et originale. C’est vraiment un exercice que réussi à la perfection cette historienne de formation, et cette série en est encore une preuve flagrante. De son coté Malo Kerfriden mets en scène de façon claire et précise cette histoire. On peut juste regretter un manque flagrant de décors dans les planches. Cela nuit en effet beaucoup au récit. On n’imagine pas en effet Baïkonour composé seulement de trois petits hangars et d’une rampe de lancement, le tout en plein milieu due nulle part. Mais le récit et l’intrigue sont si intéressants que l’on a vite fait d’oublier ce désagrément visuel. On attend avec impatience la suite de ce récit vraiment très original.
Lady Polaris. Scénario Pierre Christin. Dessin Jean-Claude Mézière. Editions Casterman.
Réédition d’un ouvrage fascinant de Christin et Mézière, une véritable enquête menée sur le naufrage du cargo Lady Polaris qui a sombré dans les années 80 en mer Baltique. Rencontre avec les survivants, ambiances maritimes avec les grands ports européens et la vie des marins qui passent leur vie à parcours les mers et les océans. Ce n’est pas une bd à proprement parler mais une histoire captivante illustrée par des dessins de Mézière qui semble aussi à l’aise que dans l’univers de science fiction des Valérian.
Wild River Tome 1 : Le raid. Scénario Roger Seiter. Dessin Vincent Wagner. Editions Casterman.
Ville de Saint-Charles en Amérique en 1810. Robert Frazer va chercher son frère qui arrive par bateau de Saint-Louis. Pendant son absence, sa femme Elisabeth et son fils Joshua restés dans leur une petite ferme sur les bords de l’Osage River sont attaqués et enlevés par une bande de guerriers crows. Robert se lance à leur poursuite. Un scénario efficace avec le souffle épique des récits type le dernier des Mohicans. Une aventure qui sent bon l’ouest sauvage des pionniers et les difficiles relations avec les indiens… Evidemment comme toujours avec Seiter, c’est très bien documenté sur la vie quotidienne au temps de la conquête de l’ouest. Quant au dessin, les traits fins et anguleux de Wagner s’adaptent très bien ainsi que les couleurs parfois violentes qui accentuent l’atmosphère dramatique de certaines scènes. Une réussite.
Les scorpions du désert Tome 5 Episode 7. Scénario Matteo Casali. Dessin Giuseppe Camuncoli. Editions Casterman.
Mars 1941. Dire Daoua, au nord de l'Ethiopie. Le capitaine Koinsky a survécu à la fièvre, et cela grâce au "soldat poule", Guerrino Modena, tout comme le lieutenant De La Motte. Ils ont été recueillis par Henry de Monfreid. Koinsky doit se rendre à Harar. Mais, c'est assez risqué pour lui. Sa tête est mise à prix par les Italiens. De Monfreid va l'aider. Il enverra des hommes à lui pour l'accompagner. Ce sont surtout d'anciens combattants de la guerre d'Espagne. Et puis, Koinsky retrouvera une vieille connaissance comme guide. Le voyage, qui se fera en compagne d'une caravane conduite par Agucho Wolde, va être marqué par quelques meurtres au sein de cette caravane. Qui assassine ces anciens combattants de la guerre d'Espagne ainsi que le chef de la caravane ? Koinsky doit se méfier de tout le monde et surtout de son guide : Cush !
Hugo Pratt est de retour. Enfin pas tout à fait tout de même, ne criez pas à la résurrection. Contrairement à d’autres comme Hergé par exemple, le grand auteur argentin a décidé que ses héros devaient continuer à vivre même après sa mort. C’est donc un couple d’auteurs italiens qui reprennent le flambeau pour cette aventure. Le style graphique est plutôt réussi et fidèle au modèle, l’ambiance elle aussi est très bien rendue. L’ensemble se lit facilement et les fans de la première heure du maître ne seront pas dépaysés. Découvrez tout de même les premiers volumes pour ne pas être totalement perdu si vous ne les connaissez pas encore.
Les profs refont l’histoire Tome 1. Scénario Erroc. Dessin Pica. Editions Bamboo.
Les profs sont des drôles de bestioles issues de l’évolution. Il ont sévit au cours de l’histoire… Vêtus de peaux de bêtes au temps des hommes de cromagnon, ils leur enseignaient à compter les os, disséquaient des mammouths ou leur apprenaient à dire autre chose que Grompff… On les retrouve en Egypte ancienne, mais aussi sur la Bahuty où ils font devoir faire face à une révolte d’élèves… Vous l’avez compris, fort du succès de leur série Les profs, Pica et Erroc revisitent l’histoire à leur manière avec toujours autant d’humour. Des histoires de quelques planches qui devraient ravir élèves, professeurs et nostalgiques de l’école.
Le cycle d’Ostruce Tome 2 : Héria. Scénario Pona. Dessin Dubois. Editions Le Lombard.
La redoutable guerrière Ajjer, qui après avoir tué l’empereur, le grand dragon s’était enfui avec son dernier œuf est capturée par les révolutionnaires. Ils l’embarquent à bord d’un dirigeable réquisitionné, un vaisseau sorcier, pour la ramener à la capitale. Mais les survivants de l’ordre du dragon, fidèles à l’empereur, la traquent aussi…
Second volet pour cette saga des plus originale qui se déroule dans un pays qui fait penser à la Russie du début du siècle dernier avec un peu de steampunk et de magie. Les décors glacés sont envoûtants, les personnages fascinants, l’atmosphère de fin de règne grandiose et poétique. Une très bonne série fantastique et fantasmagorique avec un ordre guerrier redoutable, une ville prise par la glace hantée par des fantômes, une figure de proue vivante qui est l’âme d’un dirigeable… Tout un univers à découvrir d’urgence.
L’élève Ducobu : Les meilleurs plans triche (Best of). Scénario Zidrou. Dessin Godi. Editions Le Lombard.
Attention, ouvrage interdit aux profs. L’élève Ducobu vous propose de découvrir tous les moyens de tricher en classe, de copier sur son voisin. Bref, des astuces plus ou moins farfelues pour une bd qui peut devenir le livre de chevet du cancre. Une soixantaine de gags en une planche drôles car ça rappelle forcément quelques souvenirs !
Frontière Tome 4 : Oublie tout. Scénario Rodolphe. Dessin Marchal. Collection Polyptique. Editions Le Lombard.
Suite et fin de Frontière. Le chercheur Yves Fréhel est toujours dans le coma. Rappelons qu’après une grande découverte, il a détruit ses fichiers et s’apprêtait à partir lorsque ses employeurs lui ont envoyé des hommes de main pour l’intimider. La rencontre a très mal tourné, ils ont tiré sur Yves alors qu’il s’enfuyait et depuis, il est dans le coma. Les laboratoires Torrent qui veulent récupérer sa découverte essaient donc de manipuler son cerveau et de lui faire revivre des scènes de son passé en espérant lui faire dire ce qu’il avait découvert. Mais, il n’a toujours rien livré et ils décident de d’essayer une dernière fois en le replongeant quelques heures avant son agression. Craquera-t-il cette fois ci ? Une fin décevante pour une série au scénario un peu répétitif au fil des albums. On attendait beaucoup de cet album, il manque cruellement de révélations claires. Dommage.
L’ultime chimère Tome 1 : Le patient 1167. Scénario Laurent Frédéric Bollée. Dessin Griffo et Héloret. Collection Grafica. Editions Glénat.
En 2129, le milliardaire Arthur Witzler, puissant homme d’affaire qui vient de mettre en orbite le siège social de sa société, se passionne pour les phénomènes inexpliqués. Il les traque à travers le monde via sa fondation. Mais jusqu’à présent aucune découverte ne mérite l’argent qu’il a investit. Seulement, une jeune psychiatre découvre, oublié de l’administration dans un asile en Suède, un bien étrange patient. L’homme qui porte le matricule 1167 et qui ne prononce pas une parole serait enfermé là depuis plus d’un siècle… Or, il semble n’avoir qu’une quarantaine d’année.
Nouvelle série mélangeant la science fiction et l’histoire avec une intrigue très prometteuse. Sept tomes sont prévus et plusieurs dessinateurs qui s’attèlent à la tâche : Héloret, Griffo, Meddour, Aymond, etc. On ne devrait pas trop attendre pour avoir la suite.
France de Riga Tome 2. Scénario et Dessin Séraphine. Collection Vécu. Editions Glénat.
France de Riga est une belle jeune fille qui est à la recherche des assassins de sa mère. Elle a intégré un réseau d’espionnage opposé à Bonaparte. Ses missions vont la mener dans une blanchisserie de Hambourg. Cet établissement est dirigé d’une poigne de fer par La grande Dame. France s’y fait embaucher et travaille aux différentes tâches classiques d’une telle entreprise. Petit à petit elle va découvrir que la blanchisserie cache en fait un vaste réseau composé exclusivement de femmes et qui a pour but de faire accepter et reconnaître l’égalité de la gente féminine face aux hommes. France va bien vite devenir une informatrice de choix et devra porter des messages dans les différents endroits où s’est implanté la blanchisserie. Mais ces missions seront semées d’embûches surtout qu’apparemment quelqu’un en veut à la vie de notre héroïne.
Le dessin de Séraphine est vraiment la première chose que l’on remarque en ouvrant l’album. Il est fin et magnifié par de très belles couleurs directes. On y voit tout de même parfois des petites erreurs de proportions et de justesse mais cet album se laisse lire sans difficulté. Le bémol de cette BD vient en fait du récit. En effet, si l’histoire est agréable, le découpage lui nous entraîne dans une suite de raccourcis pas toujours évidents à suivre. On retrouve par exemple d’une page à l’autre notre héroïne ayant changé de poste dans la blanchisserie et on a beaucoup de difficulté à comprendre que cela se passe plusieurs mois après la scène précédente. C’est vraiment dommage car la lecture en devient peu aisée et que cela nuit au plaisir qu’elle devrait nous apporter.
Les voyages du Dr Gulliver Livre 2. Scénario et Dessin Kokor. Editions Vent d’Ouest.
Pour son deuxième voyage, le docteur Gulliver débarque cette fois dans un univers de géants… Il est pris en main par une petite fille de 10 ans prénommée Pom. Son pays est en proie à une dictature impitoyable qui fixe arbitrairement des règles et veille férocement à leur application. Pom dissimule donc Gulliver à son entourage, y compris à ses propres parents. Car dans son pays même les jouets sont interdits…
En fait, Gulliver se souvient de son séjour à ses côtés. Car il est désormais rentré chez lui. Exténué et remué psychologiquement, il récupère chez lui pendant que sa femme est poussée par ses collègues à prendre la tête d’un mouvement social dans son usine.
Kokor s’est approprié le récit original de Jonathan Swift pour en réaliser une très bonne adaptation. Les émotions vécues par les différents personnages sont palpables pendant tout le récit. Gulliver est atteint d’une mélancolie en pensant à Pom et on ressent tout à fait cet état à la lecture de l’album. Kokor arrive à faire passer énormément dans son dessin simple et stylisé.On connaît souvent le premier voyage de Gulliver chez les Liliputiens, cette nouvelle BD vous permettra de continuer à découvrir les périples de ce globe trotter imaginaire.
Hélène Bruller est une vraie salope. Scénario et Dessin Hélène Bruller. Editions Vent des savanes
Au premier abord, cet album ne m’a pas attiré. Je trouvais le dessin un peu trop simpliste. Mais je suis rentré dedans et tout de suite les peines de cœur de l’héroïne, son désespoir après que son mec l’ai quitté, sa mère qui lui balance continuellement des méchancetés à la face ou ses efforts pour essayer de reconquérir le cœur de son ancien amant m’ont emportés et fait rire. L’album est drôle du début à la fin. On ne s’ennuie jamais à sa lecture. Il est vrai que le dessin est très minimaliste mais aussi très expressif et c’est cela qui donne tout le piment aux planches. En effet les gueules des personnages et leurs expressions sont hilarantes, comme quoi le plaisir de lecture ne passe pas toujours pas un dessin très soigné et très léché (cf Reiser). La construction de l’album est lui aussi originale. Sur la page de gauche on voit un gag que vit Hélène, car il s’agit bien sûr de la vie de l’auteur, et sur celle de droite un récapitulatif des différentes options qui auraient pu se passer.
On connaissait déjà Hélène Bruller pour avoir écrit le guide du zizi sexuel pour son mari Zep, elle a aussi un grand talent d’auteur complet dont cet album est une nouvelle fois la preuve.
Le manoir des murmures Tome 1 : Sarah. Scénario David Munoz. Dessin Tirso. Editions Les Humanoïdes Associés.
En 1949, en République Tchèque, une petite fille prénommée Sarah se réveille dans une chambre, sous perfusion. Prise de panique, elle est en fait dans un manoir où on la soigne. La maladie en question serait due à un virus de démence, propagé par les troupes allemandes nazies. La doctoresse ayant en charge Sarah lui confie des gélules qu’elle doit obligatoirement prendre sous peine de voir l’infection qui la ronge s’emparer entièrement d’elle. Une nuit, la petite fille est réveillée par des cris venant de l’extérieur. En regardant par la fenêtre, elle voit des soldats emporter le cadavre d’un enfant. Au moment où elle se recouche, elle est surprise par la présence d’un jeune garçon nommé Milos, qui lui propose de venir par le passage dans le mur qu’il vient d’ouvrir afin de lui présenter sa bande d’amis. Elle fait ainsi la rencontre de Marketa, une petite fille jalouse d’elle, et de Jan, un petit garçon à lunettes. Sarah leur raconte tout ce dont elle se rappelle, à commencer par la vision d’horreur qu’elle a eu en voyant un être suçant le sang de toute sa famille…Passionnant est le premier mot qui me vient à l’esprit à la fermeture de cet album. Ce premier tome mets en place une histoire fantastique dans un contexte historique et le début du récit promet vraiment une aventure singulière, angoissante et haletante. On se prend tout de suite d’affection pour ces jeunes héros et leur situation peu banale. Il faut dire que le dessin nous entraîne sans problèmes dans cet univers glauque et terrifiant qui est le quotidien de ces enfants. Le style du graphisme fin et soigné rehaussé de couleurs informatiques très bien réalisée donne de superbes planches où les ambiances sont très bien rendues. Le scénario nous donne beaucoup d’infos ce qui est rare pour un premier tome mais en fait Munoz ne nous apporte que les éléments qui nous tiendront en haleine jusqu’au prochain tome.
Un album à ne pas manquer !
Les zombies qui ont mangé le monde Tome 4 : La guerre des papes. Scénario Jerry Frissen. Dessin Guy Davis. Editions Les Humanoïdes Associés.
Le monde a été envahi par des centaines de milliers de zombies. En effet les morts se sont mis à ressusciter. Du coup les vivants doivent cohabiter avec et de nouveau partager leur quotidien avec les défunts revenus d’outre tombe. Johnny est spécialiste de la désinsectisation, mais des différents avec ses clients mettent en péril son entreprise. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il va devoir trouver un moyen rapide de gagner de l’argent. Il va alors participer aux combats de morts vivants clandestins et va présenter lui-même un champion : une vieille mémé acariâtre qui va monter sur le ring et défendre chèrement sa peau. Tout est délirant dans cette BD. Le postulat de départ, les personnages, les situations, les dialogues. Mais je vous rassure tout de suite, malgré une histoire totalement loufoque, la trame et le scénario sont très lisibles et bien écrits. C’est vraiment très réussi et on rigole à chaque page. Le dessin est un peu fouillis mais colle en fait très bien au style du récit.
Si vous aimez les histoires originales et qui sortent réellement des formats classiques du récit d’aventure, alors cette série est faîte pour vous. Vous ne serez vraiment pas déçu, et passerez un excellent moment de lecture.
COUP DE COEUR
Gaijin Tome 1 : Les étoiles au-dessus Tokyo. Scénario Luca Blengino. Dessin Pier Nicola Gallo. Collection Impact. Editions Delcourt.
Quand un flic est prêt à passer à table sur des affaires de corruption, la pègre flippe. D’autant qu’on est au Japon dans le milieu des triades et des clans de Yakuzas avec leurs codes d’honneurs bien spécifiques. Pour retrouver ce flic avant le procès, un clan fait appel au Gaijin, un détective privé qui connaît les règles et les familles. Commence alors une course contre la montre dans le Tokyo du vice. Shogun et le clan des Siciliens… Ne laissons pas durer le suspens, Gaijin est une très bonne histoire complète. Le héros est solide et surtout il évolue dans un milieu qui nous est étranger avec ses codes spécifiques. On ne mène pas une enquête sur la mafia en Italie ou dans le milieu du banditisme français comme on le fait au Japon. Il y a des règles, des codes et leur décryptage est passionnant. Le scénario fonctionne vraiment très bien et on se laisse entraîner dans cet univers déroutant pour un occidental. Le dessin élégant et efficace achève de nous combler. Un très bon moment de lecture.
COUP DE COEUR
7 missionnaires. Scénario Alain Ayroles. Dessin Luigi Critone. Collection Conquistador. Editions Delcourt.
Au 9e siècle en Irlande, une bande de pillards vikings dévastent les monastères de la côte. L’Eglise impuissante tente d’envoyer chez les terribles païens sept moines avec pour mission de les convertir au catholicisme. Mais au lieu d’envoyer sept hommes saints, on choisit sept moines plus ou moins défroqués qui s’adonnent aux sept pêchés capitaux… Pour eux c’est la bûcher ou la mission suicide avec à la clé, un titre d’évêque pour chacun d’eux. Contre toute attente ils sont capturés mais leurs vices vont leur servir à survivre. Les douze salopards ne sont plus que 7 ! Une histoire savoureuse menée de main de maître par Ayrolles, le scénariste de la série De cape et de crocs. Un humour fin plein de dérision servi par les graphismes élégants de Critone. Un vrai régal.
Humphrey Dumbar, le croquemitaine. Scénario et Dessin Civiello. Collection Jeunesse. Editions Delcourt.
Comme le titre l’indique, l’horrible Dumbar est un croquemitaine qui terrorise tous les enfants la nuits. Mais, dans un orphelinat, un petit garçon n’a pas peur de lui. C’est Jimmy. Il se cache dans le chaudron d’Humphrey qui le ramène sans le savoir dans son pays magique des contes. Le jeune garçon essayera alors de tourmenter à son tour le croquemitaine. Une fable superbement illustrée par Civiello, l’auteur de Korrigans et de la Graine de Folie, passé maître dans les ambiances fantastiques. On aurait aimé un scénario un peu plus complexe mais c’est juste histoire de contempler encore plus de planches de Civiello. Un one shot sous forme d’un beau conte fantastique pour enfants.
Les blagues du Bled Tome 1 : Salem-Alikoum. Scénario et Dessin Djillali Defali. Collection Humour de rire. Editions Delcourt.
Lorsqu’un succès touche un éditeur de BD les autres essayent de surfer sur cette vague. C’est l’impression que l’on a en lisant cet album. En effet, opportuniste, Delcourt a lancé une collection de BD de blagues depuis que les blondes ont fait le bonheur de Soleil.
Ce nouvel opus est dans la veine des autres séries parues, les blagues belges, suisses, corses et juives.
On peut suivre dans ces gags en une planche la vie de tous les jours de Medhi, ses amis et sa famille dans un pays du maghreb. On s’attend à trouver des blagues originales venant d’Afrique du nord et bien c’est une déception car les gags mis en scène sont connus et on déjà fait rire avec des belges ou autres comme acteurs. Le dessin par contre est vraiment réussi et on est surpris de l’aisance de Defali dans ce style cartoon alors qu’on le connaît plus dans un dessin réaliste qu’il utilise dans ses autres séries.
Bien sûr l’ensemble est assez agréable à lire mais on aurait aimé une ambiance plus locale dans ces histoires drôles.
Star Wars Manga : Silver and Black Editions Delcourt.
Il existait déjà des adaptations des films de Star Wars en manga, mais ce recueil nous offre des histoires complètes et inédites.
Vous pourrez découvrir comment le général Grievous, collectionneur de sabres laser dans l’âme, a perdu deux de ses plus belles pièces dans un combat. Au fil des pages vous rencontrerez aussi Tao, disciple formé par Dark Vador en secret sans l’autorisation de l’empereur. Un combat entre C3po, R2-D2 et Dark Vador vous tente, vous pourrez aussi lire cette histoire.
Le thème reliant toutes ces aventures est le coté obscur de la force. En effet chacune présente un récit mettant en scène un des méchants emblématique de l’univers de Georges Lucas. Comme tous les collectifs, les scénarios et les dessins sont très différents d’une histoire à l’autre. Les graphismes en particulier sont très hétérogènes avec des niveaux de qualités très différents. Les histoires restent elles très anecdotiques mais contenteront sûrement les fans de la saga. Cet ouvrage est donc à conseiller à tous ceux qui veulent compléter leur collection Star Wars.
Taras Boulba Volume 1. Scénariste Jean-David Morvan et Frédérique Voulizé. Dessin Igor Kordey. Collection Histoire et histoires. Editions Delcourt.
Taras Boulba est un cosaque tel que l’on les imagine. Un homme rustre, violent, rabaissant sa femme au rang de bonne et aimant par-dessus tout la guerre, ses amis et la fête.
Il a deux fils qui viennent de finir leurs études religieuses. Ils rentrent tous deux de la ville et retrouve leur village. Après avoir fêter ce retour, leur père leur annonce qu’il compte les envoyer en camp de formation ce qui leur permettra de devenir de vrais cosaques. Mais après mûre réflexion Taras décide lui aussi de se rendre dans ce camp afin de retrouver l’action qui lui manque. Mais les desseins secrets de Ostap et André (les deux fils de Taras) ne sont pas les mêmes que ceux souhaité pour eux par leur père. Ne connaissant pas l’œuvre originale de Nicolas Gogol, je ne pourrais pas vous dire si cet album est une bonne adaptation mais en tous les cas il est très agréable à lire. Les scénaristes ont vraiment su donner du rythme au récit avec tout de même des moments plus lents lors des voyages à cheval ce qui nous permet de découvrir les somptueux paysages de la steppe. Kordey est aux crayons et nous offre un dessin original, précis avec une pointe de noirceur. Les couleurs de Wang Peng agrémentent les planches de façon magnifique. L’ensemble est réellement superbe et on attend la suite avec impatience.
Arcane majeur Tome 5 : Lady Luck. Scénario Jean-Pierre Pécau. Dessin Damien. Collection Neopolis. Editions Delcourt.
Pandora, devenue une joueuse indépendante, parcourt les États-Unis au volant de sa Cadillac et au son de Born to be wild, en quête de joueurs à dépouiller. Sa route croise alors celle d’un porte-poisse, un homme enchaîné et manipulé par le propriétaire d’un grand casino, le Lady Luck.
Pandora décide de lui venir en aide et organise le casse du siècle. Ils seront tous deux aidés par un curieux personnage, Itzak qui veut venger la mort de son patron tué par le propriétaire du casino.
Cette histoire semble être un polar classique mais il n’en n’est rien. Car les différents protagonistes sont des joueurs utilisant les arcanes, d’étranges jeux de cartes ayant le pouvoir de modifier le hasard. Ce coté fantastique apporte tout le piment à cette série. Ce cinquième tome est une histoire complète et indépendante du premier cycle. Vous pourrez donc le lire pour vous faire une idée du style de la série si vous ne la découvrez. Les connaisseurs eux retrouveront certainement avec plaisir un scénario bien mené par Pécau, rempli de scènes d’action toujours dessiné de très belle façon par Damien. Le seul petit bémol est peut être le changement de coloriste. En effet les couleurs des planches sont soit trop criardes soit trop fades. Mais cela n’enlève pas le plaisir que l’on a de lire cet album.
Damoclès Tome 1 : Protection rapprochée. Scénario Callède. Dessin Henriet. Collection Repérage. Editions Dupuis.
Dans quelques années, le kidnapping sera le sport préféré des groupes terroristes qui pour obtenir de l’argent, des libérations d’activistes ou des armes prendront en otage les hommes les plus puissants de la planète avec leur famille. C’est du moins dans un tel monde qu’évoluent les héros de Damoclès. Evidemment, pour parer les menaces d’enlèvement, les agences de sécurité ont fleuri et Damoclès est la meilleur. Il faut dire que ses agents sont surentraînés et dopés avec une substance qui les rend plus fort et plus résistants. Ely, Walter et Sean sont trois gardes du corps efficaces qui auront à lutter contre des kidnappeurs qui emploient les gros moyens pour parvenir à leurs fins. Nouvelle série d’action avec un dessin réaliste élégant. Au programme : courses poursuites en voiture et explosions en tout genre dans les milieux de la haute bourgeoisie. Bref, la jeune Ely et son équipe ne nous laissent pas le temps de souffler, si ce n’est pour quelques histoires de cœur personnelles. Une bonne nouvelle série pour ceux qui aiment les intrigues policières et l’action.
COUP DE COEUR
Quelques mois à l’Amélie. Scénario et Dessin Jean-Claude Denis. Collection Air Libre. Editions Dupuis.
Un écrivain en mal d’inspiration et un peu dépressif après la mort de son père, décide de partir sur les routes et de mettre en lignes son vagabondage et ses rencontres. Il suit les pas d’un jeune écrivain inconnu qui n’a sorti qu’un livre et qui lui aussi racontait un périple à travers la France. La réédition d’un très bel album sur l’écriture, l’errance et tout simplement la vie, avec le dessin envoûtant de Jean-Claude Denis. A noté que cet album avait obtenu le prix du meilleur dialogue en 2003 à Angoulême.
-Intégrale Johan et Pirlouit Tome1 : Page du Roy. Dessin et Scénario Peyo. Editions Dupuis.
-Intégrale Tif et Tondu Tome 3 : Signé M. Choc. Dessin Will. Scénario Rosy. Editions Dupuis.
-Intégrale Yoko Tsuno Tome 5. Scénario et Dessin Roger Leloup. Editions Dupuis
Dupuis poursuit la réédition de petits trésors de la bd en intégrale. La première de Johan et Pirlouit de Peyo vient de sortir, l’occasion de découvrir les premières planches du papa des Schtroumpf avec le chevalier Johann et son page malicieux. Et c’est au cours d’une de leurs aventures qu’ils rencontreront les fameux petits êtres bleus. L’intégrale thématique des aventures mystérieuses de Tif et Tondu continue avec ce 3e volume consacré à l’un des méchants les plus connus de la bd : M. Choc avec son costume noir, son fume cigare et son haume. Quant à l’électronicienne Yoko Tsuno, le 5e tome de l’intégrale aborde ses aventures chinoise avec des dragons et des princesses. Des histoires mêlant technologie, science-fiction et fantastique avec un zest de bons sentiments qui rendent l’héroïne attachante. Ces intégrales très bien faites sont enrichies de textes et de dessins inédit qui nous révèlent les coulisses de la création de ces séries mythiques du 9e art.
COUP DE COEUR
La vavache Tome 1. Plif ! Plaf ! Plouf ! Scénario De barb. Dessin Vertonghen. Collection Puceron. Editions Dupuis.
Blanche et noire avec deux cornes marrons et sur des patins à roulettes… C’est la vavache qui se prélasse sur son île. Un jour, elle reçoit un colis par aigle postal. C’est une piscine gonflable. Sa copine la tortue l’aide à la gonfler, son copain le nuage l’aide à la remplir et tout le monde va vouloir se baigner. Grands dessins, pas de texte… Le tout finissant par un pop up, une page qui se déplie. La vavache est un livre destiné aux plus de 3 ans. C’est très drôle et très mignon avec le charme des livres pour les touts petits. Une réussite.
Les psy Tome 15 : Je m’aime ! Scénario Cauvin. Dessin Bédu. Editions Dupuis.
Nouvelle série de gags autour du monde des psy et des thérapie. Il est vrai qu’entre les folies douces des patients celles des psy, il y a matière rire. Une valeur sûre de l’humour.
Sac à puces Tome 2 : Chaud les marrons ! et Tome 3 : Gare à ta truffe !. Scénario Zidrou et Falzar. Dessin De Brab. Collection Punaise. Editions Dupuis.
Sac à puces c’est évidemment un chien et en l’occurrence celui de la jeune Margot. Le clébard facétieux vit dans une grande maison avec toute la famille. Dans Chaud les marrons, Margot organise des actions contre l’abattage d’un arbre, un marronnier dans son école. Dans Gare à ta truffe, Sac à puces est en concurrence avec Shérif, un berger allemand, comme gardien de la maison de la famille de Margot. Une lutte sans merci avec différentes épreuves et surtout très drôle. Une bd pleine de charme pour les plus de 6 ans.
Haute sécurité cycle 2 Tome ½ : Les nouveaux maîtres. Scénario Callède. Dessin Gihef. Collection Repérages. Editions Dupuis.
Retour en prison, à Templeton Bay avec le gardien Aleks Wojda. Pour cette nouvelle histoire, il est confronté à des suicides de détenus sous l’emprise d’une nouvelle drogue. Un scénario efficace et bien construit, un dessin réaliste qui accroche. Une très bonne série dans la veine d’Oz ou de Prison Break.
Cédric Tome 22 : Elle est moche ! Scénario Cauvin. Dessin Laudec. Editins Dupuis.
Qui ne connaît pas le jeune Cédric ? 22 tomes, un dessin animé qui tourne bien… Voilà donc un nouveau tome des aventures de Cédric et de sa famille. Des histoires amusantes en 4 planches sur tout ce qui travaillent les pré ados. Amours, école, copains… Bref, une cure de jouvence. Au fait, qui est môche ? C’est Chen la fille dont Cédric est éperdument amoureux. Et qui ose dire cela ? La nouvelle voisine de Cédric qui en pince pour lui. Il y a du rififi dans l’air !
Agathe Saugrenu Tome 2 : Masques et visages. Scénario Vincent Zabus. Dessin Valérie Vernay. Collection Punaises. Editions Dupuis.
Le monde selon François Tome 2 : Les amants éternels. Scénario Vincent Zabus. Dessin Renaud Collin. Collection Punaise. Dupuis.
Attention deux nouvelles punaises en vue et les deux ont le même papa. Bon je vous explique. Punaise est une collection de BD réservée aux enfants de 6 à 9 ans et les deux nouveaux albums parus ont le même scénariste.
Agathe est une fillette qui a un don tout à fait banal. En effet elle peut voir les habitants de la nuit. De plus elle est toujours accompagnée de son robot et de son chat qui a la capacité de parler.
Un voyage en classe de neige va l’obliger à s’éloigner de Vincent jeune habitant du monde de la nuit n’ayant pas de visage et dont elle est tombée amoureuse. Mais une grande surprise l’attend à l’arrivée du bus. Vincent est présent et il a retrouvé un sourire ainsi que toute la face. Mais comment cela est-ce possible ? Et surtout l’aimera-t-il toujours elle qui se trouve très moche.
C’est frais, original, amusant, magnifiquement dessiné, en bref une totale réussite. Le scénario traite des problèmes du mal être de certains jeunes mais englobé dans une histoire fantastique excellente. A noter que les deux personnages secondaires (le robot et le chat) sont terribles et m’ont fait éclater de rire plusieurs fois lors de la lecture. Il faut précisé qu’ils sont parfaitement mis en images par le trait tout en rondeur et les couleurs chaleureuses de Valérie Vernay.
La deuxième BD met elle en scène un jeune garçon parti en camping avec ses parents. Mais dès le début ses deux géniteurs n’arrêtent pas de se disputer. François va tout tenter pour essayer de les rabibocher afin qu’ils ne se séparent pas. Peut-être que la réponse à ses soucis se trouve sur l’île des amants éternels. Si il arrive à résoudre le mystère qui entoure cet endroit ses parents retomberont-ils de nouveau amoureux ?
Encore un scénario original, agréable à lire et qui ne prend pas les enfants pour des imbéciles. Zabus traite encore d’un sujet qui touche beaucoup d’enfants, la peur de la séparation des parents. Une fois de plus il parle de ce thème grave dans un scénario fantastique ne manquant pas d’humour. Les planches sont absolument magnifiques faites de dessins proches de la caricature avec des couleurs chaudes, effectuées magistralement à l’ordinateur.
Pour résumé, le scénariste Zabus crée des univers et des histoires originales, drôles, parfaites pour ces lecteurs mais aussi pour leurs parents et il sait s’entourer de graphistes talentueux qui donnent parfaitement vie à ses personnages. Merci Monsieur Zabus.
Méchant Benjamin Tome 2 : Pas beau ! Scénario et Dessin De Brab. Collection Puceron. Editions Dupuis.
Benjamin est un garçonnet qui a un très mauvais caractère. Il n’aime rien ni personne et il ne pense qu’à faire des bêtises. Dans cet épisode, il se rend avec sa classe en sortie en campagne. Mais la rencontre avec la nature ne va pas être du goût de ce petit diable qui va s’en prendre aux animaux. Mais ceux-ci vont se défendre. Rien ne semble arrêter le garnement, mais la solution viendra peut être de sa petite camarade qui semble amoureuse de lui.
On retrouve avec plaisir ce nouveau héros antipathique à souhait mais si attachant. Carine de Brab dessine simplement cet univers tout en couleurs. La cible de cette collection comme de cet album reste bien sûr les 3-6 ans et cela se remarque car il n’y a pratiquement pas de textes dans les planches. Cette série continue à nous amuser et amusera certainement les plus petits. En bref c’est de la bonne BD pour les petits fans du 9ème art en herbe.
S Agathe Saugrenu Tome 2 : Masques et visages. Scénario Vincent Zabus. Dessin Valérie Vernay. Collection Punaise. Editions Dupuis.
Gusgus Tome 2 : Papa cool. Scénario Christian Durieux. Dessin Jean-Luc Engelbert. Collection Punaise. Editions Dupuis.
Gusgus n’est pas un garçon comme les autres. En effet si sa mère est tout à fait normale, son père est lui un fantôme. Ce qui fait de Gusgus un être mi humain mi fantôme doté de fabuleux pouvoirs. Il est ami avec Viandox qui est le seul à connaître son secret.
Toute l’histoire de cet album commence lorsque l’ami de Gusgus lui explique qu’il a des problèmes relationnels avec son père : celui-ci est chanteur de rap et n’est pour ainsi dire jamais à la maison. Un jour Viandox est blessé en cours de sport. Gusgus décide alors d’aller prévenir son père. Il se rend alors en douce à un concert qu’il donne dans les environs…
La collection punaise recèle vraiment de petits joyaux. Cette série est originale, drôle et bien menée. Bien sûr l’intrigue reste du niveau du public visé c'est-à-dire 6-9 ans mais on sent que les auteurs ne cherchent pas à simplifier leur récit et ne prennent donc pas leur lectorat pour plus bête qu’il ne l’est. Le dessin de Durieux tout en simplicité colle parfaitement avec le récit. Une autre originalité de cet album et des autres parus dans les deux collections jeunesse de Dupuis est que sur Internet il est possible de trouver des versions réalisées entièrement en langage des signes des différentes BD parues.
Une bonne initiative qui permet au plus grand nombre de connaître et de lire des BD.
La gueule du loup. Un comédie acide et décapante de Didier Tronchet. Editions Futuropolis.
François Renard est gynécologue. Il mène une vie réglée comme du papier à musique, un peu terne. Pour faire laisir à son ex maîtresse, il accepte à contre cœur de l’accompagner à un speed dating. Il joue le jeu et rencontre Lléna, un grande brune énigmatique qui lui demande jusqu’où il pourrait aller par amour. Evidemment, par défi, il lui répond « jusqu’au bout ». La belle le prend alors au mot lui proposant des défis de plus en plus difficiles qui le conduisent à sortir de sa coquille, à mettre de l’imprévu et de la fantaisie dans sa vie. Et contre toute attente, il se sent mieux… Ca fait du bien de se lâcher. A côté de cela, Jacky, un paumé lui aussi au speed dating a flashé sur Lléna Mais n’est il pas manipulé à son insu, n’est-il pas tombé dans un engrenage machiavélique ? Lléna n’est elle pas entrain de lui tendre un piège… Un très bon album aux dialogues et situations savoureuses. Le trait épais de Tronchet nous plonge dans une histoire dramatique avec un humour féroce, dénonçant au passage quelques travers de nos sociétés. Bravo.
-Un voyage. Récit de Philippe de Pierpont. Dessin Eric Lambé. Editions Futuropolis.
-L’accablante apathie des dimanches à rosbif. Récit de Gilles Larher. Dessin Sébastien Vassant. Editions Futuropolis.
Que feriez vous si vous n’aviez plus que trois mois à vivre. C’est la difficile question à laquelle doit répondre Brice. Son ami médecin vient de lui annoncer la terrible nouvelle. Il ne va pourtant pas se laisser aller, il va tout d’abord annoncer la nouvelle en douceur à tous ses proches, mais il a surtout une idée qu’il veut absolument mener au bout. Il veut quitter cette terre en montant une dernière fois sur scène. Brice est en effet un comique à succès et il tient à offrir à ses amis et sa famille un florilège de ces meilleurs sketchs et en faire une captation pour ces fans. Difficile pour toute son équipe de rester insensible lors de la préparation de cet évènement.
C’est pareil pour nous. On ne peut lire cet album sans avoir de terribles émotions et prendre en sympathie cet homme. Il faut dire qu’il est le style de personne que l’on aimerait avoir comme ami, n’hésitant pas à remettre les gens en place mais toujours avec humour et restant drôle même dans ces moments douloureux de fin de vie.
Ce qui est contradictoire dans cette histoire c’est que l’on rigole des blagues et des sketchs de Brice alors que c’est plutôt une BD tragique.
C’est vraiment un album très réussi, qui nous prend aux tripes et qui ne nous lâche plus du début à la fin. Le dessin, sorte de crayonné encré en noir et blanc est parfait pour ce style d’histoire. Certaines planches semblent un peu figées car elles se déroulent lors du spectacle de l’humoriste mais le dessinateur arrive tout de même à trouver des astuces pour les rendre lisibles et originales dans leurs mises en scène.
Hasard des sorties ou choix éditorial, Futuropolis sort un album pratiquement au même moment que l’accablante apathie des dimanches à rosbif, traitant du même sujet. Un voyage raconte en effet l’histoire d’un homme dont la rémission de sa leucémie n’était en fait pas définitive et qui vient de savoir qu’il ne lui reste plus qu’un mois à vivre. Contrairement à Brice le héros de l’autre BD, il va sombrer dans une mélancolie profonde, cacher la vérité à sa petite amie, et partir sans but précis en voiture avec pour seul compagnie son chien. On suit ces errances, ses doutes, ses peines jusqu’à une plage près de laquelle il doit régler une dernière affaire de cœur avant de s’en aller définitivement.
Cette BD est vraiment poignante et le dessin est au diapason de l’histoire, sombre et mélancolique. Toutes les planches sont réalisées à la peinture dans des tons gris ou ocres ce qui installe cette impression de tristesse. Les visages des personnages sont à peine visibles donnant un coté impersonnel au récit mais du coup le lecteur s’identifie vers d’autant plus au héros.
Il est intéressant de lire ces deux ouvrages pour voir la différence de traitement aussi bien au niveau graphique que scénaristique d’un même thème.
Futuropolis nous a habitué à des albums de qualité ces deux ouvrages en sont encore des exemples parfaits.
28 mars 2008
QUELQUES ALBUMS DE DEBUT AVRIL 2008
Les véritables légendes urbaines
Tome 2. Scénario Corbeyran et Rémy Guérin. Dessin Defali, Frusin, Picard,
Fournier Meirinho. Editions Dargaud.
Un
mystérieux personnage convoque le lecteur pour lui raconter quatre histoires
horribles et sanglantes… Le genre de récit à ne pas lire à minuit un soir
d’orage, quand on est tout seul. Le premier met en scène des policiers qui ont
une manière plutôt expéditive de faire appliquer la loi dans une petite ville,
la seconde, vous conseille de ne pas tromper votre femme, surtout le 11
septembre, la troisième vous dégoûtera de faire appelle aux infirmières à
domicile et la quatrième vous montrera que le chien n’est peut-être pas le
meilleur ami de l’homme… Bref, c’est le principe du film à sketchs avec un
dessinateur différent à chaque fois. On retrouve notamment cette –fois-ci
Defali qui dessine chez Délcourt Asphodèle et Alice Picard, dessinatrice de
Weena (héroique fantasy) chez Delcourt… Exercice intéressant pour elle
puisqu’elle s’attaque à une histoire contemporaine. Un album plutôt efficace
bien que les récits soient évidemment un peu court.
Nouvelle
mission pour les Woman On War, ces jeunes américains dotées de super pouvoirs
qui sévissent pendant la seconde guerre mondiale. Attention, ce ne sont pas non
plus les X-Men : Poison Ivy tue rien qu’en embrassant, Yum Yum Jaw est une
boulimique cannibale, Gordon Lady entend n’importe quel son de loin… Bref,
elles ont des pouvoirs un peu particuliers mais forment une équipe d’espionnes
assez loufoque. Ce coup-ci, elles sont larguées en plein désert avec pour
mission de protéger discrètement un chargement d’or français. Evidemment, les
panzers allemands ne sont pas très loin.
Une nouvelle
aventure décapante pour des héroïnes très spéciales. C’est un peu loufoque,
bourré d’humour et de clins d’œil. Au dessin, Berthet, à qui l’on doit Pin Up,
s’amuse vraiment avec ces héroïnes improbables, moins glamour que dans la série
Pin Up mais qui restent
attachantes.
Quelqu’un
en veut aux tigresses blanches, une redoutable triade composée exclusivement de
femmes. Ces redoutables expertes en arts martiaux portent sur le corps un
tatouage de tigresse invisible qui ne se révèle à la chaleur. Alix Yin Fu est
une tigresse blanche envoyée régulièrement en mission d’espionnage pour le
compte des communistes chinois. La triade est en effet alliée leur allié et
luttent contre les nationalistes du Général Tchang Kaï-chek.
Seulement on décime les tigresses et il se peut qu’il y ait un traître ou
plutôt une traîtresse en leu sein. Alix va devoir enquêter pour découvrir s’il
y a des agents nationalistes chez les tigresses. Une aventure mouvementée qui
la mènera de Shangaï à Londres…
Alors
qu’elle participe à la répétition d’une pièce de théâtre, la jeune Nanami est
projetée avec les autres acteurs dans un monde moyenâgeux avec des guerriers,
des princes, des princesses et des animaux fabuleux. Surprise Au début, elle
s’adapte très vite à la situation, comprenant que, dans ce théâtre un peu
particulier, si on croit très fort à son rôle, on est transporté dans un autre
univers. Son aventure n’est pas de tout repos car elle doit se battre dans un
château et se fait capturer mais ce n’est tous les jours qu’on endosse un vrai,
rôle de princesse. Une fois revenue, elle doit affronter son quotidien d’ado,
moins marrant et surtout déjouer les complots de personnages qui gravitent
autour des deux mondes.
Bienvenue
dans le monde des ados et bon courage pour les comprendre. Avec des gags en une
ou deux planches, Benjamin Ferre nous fait découvrir Zack et Margot. Ces deux
ados sont frère et sœur. Ils ont leur langage, leurs habitudes, leurs rites. Au
fil des pages, vous les découvrirez évoluer dans leur milieu naturel et vous
saurez tout sur la tektonic, les MSN, et leur vie secrète. Bref, c’est une
étude digne d’un éthologue et c’est surtout très drôle. A conseiller d’urgence
aux parents qui ont un ado chez eux !
Ava et
Dimitri sont deux agents du KGB chargé d’une mission de la plus haute
importance. En effet nous sommes en 1961, en pleine guerre froide, et ils
doivent se rendre sur le site de lancement du premier vol habité Russe :
Baïkonour. Kroutchef les a chargé d’annoncer le nom du premier cosmonaute
partant en mission pour conquérir les étoiles. Par la même occasion, ils vont
devoir essayer de déjouer les plans machiavéliques du responsable des lieux,
l’étrange Von Auch. Mais qui est cet homme apparement doté de pouvoirs
surnaturels et pouvant manipuler les gens et les éléments naturels à sa guise.
Ava et Dimitri semblent être en présence du célèbre Raspoutine, mais cela est
impossible car il aurait alors plus de 100 ans.
Mars 1941. Dire Daoua, au nord de l'Ethiopie. Le capitaine
Koinsky a survécu à la fièvre, et cela grâce au "soldat poule",
Guerrino Modena, tout comme le lieutenant De La Motte. Ils ont été recueillis
par Henry de Monfreid. Koinsky doit se rendre à Harar. Mais, c'est assez risqué
pour lui. Sa tête est mise à prix par les Italiens. De Monfreid va l'aider. Il
enverra des hommes à lui pour l'accompagner. Ce sont surtout d'anciens
combattants de la guerre d'Espagne. Et puis, Koinsky retrouvera une vieille
connaissance comme guide. Le voyage, qui se fera en compagne d'une caravane
conduite par Agucho Wolde, va être marqué par quelques meurtres au sein de
cette caravane. Qui assassine ces anciens combattants de la guerre d'Espagne
ainsi que le chef de la caravane ? Koinsky doit se méfier de tout le monde et
surtout de son guide : Cush !
Le colonel Clifton est tiré de sa retraite par un cambrioleur qui
l’appelle au secours. Ce jeune délinquant est en effet accusé du meurtre d’un
professeur. Seulement il clame son innocence et Clifton le croit. Il devra donc
mener l’enquête pour l’innocenter. Une affaire qui se complique lorsqu’il
s’aperçoit que d’anciens camarades de classes du professeur assassiné ont été
eux aussi victime de cambriolage. Direction l’Irlande, une destination pas
toujours accueillante pour un anglais surtout en plein tournoi des 6 nations.
Une aventure de bonne facture pour Clifton qui garde pour notre plus
grand plaisir son humour so british.
Le cycle
d’Ostruce Tome 2 : Héria. Scénario Pona. Dessin Dubois. Editions Le
Lombard.
La redoutable guerrière Ajjer, qui après avoir tué l’empereur, le grand
dragon s’était enfui avec son dernier œuf est capturée par les
révolutionnaires. Ils l’embarquent à bord d’un dirigeable réquisitionné, un
vaisseau sorcier, pour la ramener à la capitale. Mais les survivants de l’ordre
du dragon, fidèles à l’empereur, la traquent aussi.
Second volet pour cette saga des plus originale qui se déroule dans un
pays qui fait penser à la Russie du début du siècle dernier avec un peu de
steampunk et de magie. Les décors glacés sont envoûtants, les personnages
fascinants, l’atmosphère de fin de règne grandiose et poétique. Une très bonne
série fantastique et fantasmagorique avec un ordre guerrier redoutable, une
ville prise par la glace hantée par des fantômes, une figure de proue vivante
qui est l’âme d’un dirigeable… Tout un univers à découvrir d’urgence.
Qui ne connaît pas Léonard et son disciple ? Cette fois-ci,
l’inventeur s’attaque au réchauffement de la planète et à l’écologie et il y va
avec de gros sabots. Des gags en quelques planches, un peu trop simplistes et
moralistes parfois sur un sujet d’actualité. Mais cela aura le mérite de
sensibiliser les plus jeunes aux problèmes d’environnement.
La
pension du Dr Eon. Scénario Cothias. Dessin Griffo. Collection Signé. Editions
Le Lombard.
A la recherche d’un scoop, la sulfureuse journaliste Gabrielle Lange et
son assistant Mathieu White se rendent en Ecosse à Greenwood Manor, la clinique
du mystérieux Dr Eon. Ce psychiatre réputé aux théories controversées s’est
réfugié depuis quelque année dans un établissement isolé pour y soigner des
personnalités. Au milieu des pensionnaires fantasques de cette étrange pension
de famille les deux journalistes vont mener une enquête sur cette demeure qui
recèle de nombreux mystères et se laisser aller à la folie ambiante dans une
atmosphère de fin du monde alors qu’un véritable déluge s’abat sur
l’Angleterre.
Attention, ouvrage interdit aux profs. L’élève Ducobu vous propose de
découvrir tous les moyens de tricher en classe, de copier sur son voisin. Bref,
des astuces plus ou moins farfelues pour une bd qui peut devenir le livre de
chevet du cancre. Une soixantaine de gags en une planche drôles car ça rappelle
forcément quelques souvenirs !
Thanatos Tome 2 : Le jour du
chaos. Scénario Didier Convard. Dessin Jean-Yves Delitte. Editions Glénat.
En 1914,
Thanatos, le génie du crime poursuit sa machination diabolique pour entraîner
l’Europe dans la guerre. L’inspecteur Victor de l’agence de détective Fiat Lux,
aux méthodes d’investigation modernes, traque le monstre mais arrivera-t-il à
enrayer la machine infernale et notamment à empêcher l’assassinat de
Jaurès ?
Deuxième
partie de ce roman feuilleton qui fleure bon les Fantomas et autre génie du
crime sortis de l’imaginaire. Le
scénario est toujours aussi passionnant et bien huilé. Le dessin de Delitte est
toujours aussi précis et respectueux de l’époque… Un vrai régal.
En 2129, le milliardaire Arthur Witzler, puissant homme d’affaire qui
vient de mettre en orbite le siège social de sa société, se passionne pour les
phénomènes inexpliqués. Il les traque à travers le monde via sa fondation. Mias
jusqu’à présent aucune découverte ne mérite l’argent qu’il a investit.
Seulement, une jeune psychiatre découvre, oublié de l’administration dans un
asile en Suède, un bien étrange patient. L’homme qui porte le matricule 1167 et
qui ne prononce pas une parole serait enfermé là depuis plus d’un siècle… Or,
il semble n’avoir qu’une quarantaine d’année.
Eva est une
jeune femme à fond dans son temps. Elle ne vit que pour les plans dragues qui
se révèlent souvent foireux, la mode est son univers, et le paraître à beaucoup
plus d’importance à ses yeux que n’importe quoi. On la suit donc page après
page et gag après gag dans son quotidien, essayant d’attirer l’attention de
Will, parce qu’il est trop beau, essayant d’émerger de son sommeil après une
nuit bien arrosée ou encore tenter coûte que coûte de rentrer au Chicou club,
la boîte de nuit à la mode.
France de
Riga est une belle jeune fille qui est à la recherche des assassins de sa mère.
Elle a intégré un réseau d’espionnage opposé à Bonaparte. Ses missions vont la
mener dans une blanchisserie de Hambourg. Cet établissement est dirigé d’une
poigne de fer par La grande Dame. France s’y fait embaucher et travaille aux
différentes tâches classiques d’une telle entreprise. Petit à petit elle va
découvrir que la blanchisserie cache en fait un vaste réseau composé
exclusivement de femmes et qui a pour but de faire accepter et reconnaître
l’égalité de la gente féminine face aux hommes. France va bien vite devenir une
informatrice de choix et devra porter des messages dans les différents endroits
où s’est implanté la blanchisserie. Mais ces missions seront semées d’embûches
surtout qu’apparemment quelqu’un en veut à la vie de notre héroïne.
COUP DE COEUR
De cruels
pirates ont enlevé un jeune noble français, Gabriel, et le gardent prisonnier
dans le delta du fleuve de l’Orénoque en attendant sa rançon. Ils ont aussi
réduits en esclavage une jeune indienne, Lina et son grand-père. Cette dernière
parvient à libérer Gabriel et à faussant compagnie à leur geôliers. Seulement,
elle a d’autres priorités que de s’occuper de lui…
Le jeune
Aleph Thau est renversé par une voiture devant sa fiancée. Plongé dans le coma,
il se réveille dans un univers d’héroic fantasy sans bras ni jambe. On lui
confie une quête au cours de laquelle il devra récupérer ses membres. Dans la
réalité, alors que les médecins veulent le débrancher, sa fiancée essaye de
retarder l’échéance. Et à chaque fois que dans le monde imaginaire, il
retrouvera un membre, il pourra le bouger dans la réalité.
Le monde a
été envahi par des centaines de milliers de zombies. En effet les morts se sont
mis à ressusciter. Du coup les vivants doivent cohabiter avec et de nouveau
partager leur quotidien avec les défunts revenus d’outre tombe. Johnny est
spécialiste de la désinsectisation, mais des différents avec ses clients
mettent en péril son entreprise. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il va
devoir trouver un moyen rapide de gagner de l’argent. Il va alors participer
aux combats de morts vivants clandestins et va présenter lui-même un champion :
une vieille mémé acariâtre qui va monter sur le ring et défendre chèrement sa
peau. Tout est délirant dans cette BD. Le postulat de départ, les personnages,
les situations, les dialogues. Mais je vous rassure tout de suite, malgré une
histoire totalement loufoque, la trame et le scénario sont très lisibles et
bien écrits. C’est vraiment très réussi et on rigole à chaque page. Le dessin
est un peu fouillis mais colle en fait très bien au style du récit. Si vous
aimez les histoires originales et qui sortent réellement des formats classiques
du récit d’aventure, alors cette série est faîte pour vous. Vous ne serez
vraiment pas déçu, et passerez un excellent moment de lecture.
Il existait
déjà des adaptations des films de Star Wars en manga, mais ce recueil nous
offre des histoires complètes et inédites.
De retour
de la maternité, la jeune maman, le papa et bébé se retrouvent tous les trois
dans leur quotidien. Et cela n’est pas toujours facile. Que d’angoisses pour
peu de choses parfois : Pourquoi il pleure ? Quelles couches faut-il acheter ?
, Son premier jour à la crèche va-t-il se dérouler sans incidents ? Mais
m’aimera-t-il encore si je l’abandonne comme cela avec des inconnus ?
COUP DE COEUR
Vicky,
Karine et Jenny sont les trois meilleures copines du monde. En tout cas cela
est en théorie. Car en effet Jenny va profiter du handicap de Vicky (elle a la
jambe cassée) pour draguer son mec et sortir avec lui. Il faut dire que John
John est le plus beau mec du lycée, enfin d’après ce que tout le monde dit car
personne ne l’a vu sans son casque de moto.
Benjamin
est un garçonnet qui a un très mauvais caractère. Il n’aime rien ni personne et
il ne pense qu’à faire des bêtises. Dans cet épisode, il se rend avec sa classe
en sortie en campagne. Mais la rencontre avec la nature ne va pas être du goût
de ce petit diable qui va s’en prendre aux animaux. Mais ceux-ci vont se
défendre. Rien ne semble arrêter le garnement, mais la solution viendra peut
être de sa petite camarade qui semble amoureuse de lui.
Gusgus
n’est pas un garçon comme les autres. En effet si sa mère est tout à fait
normale, son père est lui un fantôme. Ce qui fait de Gusgus un être mi humain
mi fantôme doté de fabuleux pouvoirs. Il est ami avec Viandox qui est le seul à
connaître son secret.
Tout va
rouler dans la vie de Franck. En effet on rentre pile dans la nouvelle année
chinoise qui est celle du dragon, et justement Franck est de ce signe. L’année
s’annonce donc comme prospère pour lui. Mais il a des difficultés pour trouver
un emploi et du coup il doit squatter chez son frère et sa belle sœur, son cœur
bat la chamade pour Kim qui elle ne ressent pas la même chose pour lui et son
père est de nouveau à l’hôpital en phase ultime d’un cancer. Ce n’est donc pas
gagné pour que cette année soit la plus heureuse de sa vie.
C’est une
très bonne série que cette intégrale vous permettra de découvrir si cela n’est
pas encore fait.
Deux
pauvres hères ont cru pouvoir sortir des camps pour braconner. Ils ont juste eu
le temps de zigouiller une chauve-souris mutante à tête humaine, avant qu’un
robot-arachnide ne les repère et ne leur pulvérise la cervelle à coup de rayons
lasers. Pendant ce temps, l’inspecteur Robs de la Federal Food Corp arrive
enfin à l’usine alimentaire FA-33, pour sa visite sanitaire. Les cyborg volants
du gouverneur Gucco ont beau lui faire le meilleur des accueils, l’endroit est
tellement insalubre que son rapport sera sans aucun doute des plus assassins.
Ces évènements sont suivis de loin, via ondes télépathiques, par le mystérieux
étranger solitaire qui poursuit son chemin dans le désert post-apocalyptique,
tel un cow-boy du futur. Il rejoint un robot ami dans une caverne, et récupère
un précieux paquet, qui a « conservé toute sa fraîcheur ». Enfin, les 3
pèlerins – dont Vigo, à tête de cochon – souffrent toujours d’hallucinations
abominables. Ils regrettent amèrement d’avoir suivi les conseils du singe Makaka,
en ingérant les intestins de cette créature répugnante…
21 février 2008
QUELQUES ALBUMS DE MARS 2008
Mia. Scénario et Dessin Man.
Editions Dargaud.
Mia, jeune
adolescente de 16 ans est mal dans sa peau. Elle est atteinte d’une maladie
dont souffre beaucoup de ses semblables, l’anorexie. Son seul plaisir est de se
rendre à la bibliothèque et se plonger dans les livres. En plus, elle y croise
souvent ce beau garçon dont elle est tombée amoureuse. Un jour elle arrive au
lycée avec la ferme intention d’enfin lui adresser la parole. Mais à peine
s’approche-t-elle de lui qu’un inconnu le saisi par derrière et l’entraîne dans
une voiture. Mia tente de le défendre mais elle est à son tour maîtrisée et
enlevée. Tous deux se réveillent dans une pièce close d’une maison isolée.
Le point de
départ de cet album est surprenant. En effet on ne s’attend pas à ce coté polar
du récit. Le dessin est un bon mix entre le manga et la BD franco-belge. Un
petit bémol tout de même, la maladie de Mia est toute juste esquissée dans
l’histoire et un approfondissement sur les difficultés qu’entraîne cette
maladie aurait été le bienvenue.
Le complexe du Chimpanzé
Tome 2 : Les fils d’Arès. Scénario Richard Marazano. Dessin Jean-Michel
Ponzio. Editions Dargaud.
En 2035, sur
Terre, une capsule spatiale tombe au milieu de l’océan. Deux astronautes sont
retrouvés vivant à l’intérieur. Après analyses, tout indique que ces deux
hommes sont les fameux Neil Armstrong et Buzz Aldrin, les deux premiers humains
à avoir foulé le sol lunaire. Une mission part immédiatement vers la planète
d’où tout semblent venir : Mars. Dans ce second tome on va suivre deux
histoires en parallèle. Tout d’abord, l’arrivée du vaisseau sur la planète
rouge. Hélène et ses équipiers vont allez de surprise en surprise mais je ne
vous en dit pas plus. Pendant ce temps Sofia, la fille d’Hélène, se sent seule
et attend de pouvoir saluer sa mère.
Vous allez
me dire que je ne vous en dis pas beaucoup sur ce second tome, mais c’est
totalement voulu. Je vous dirais juste que cet album est aussi bon que le
premier, que dès la première case vous êtes happé et vous ne pouvez pas le
lâcher sans arriver à la fin, que vous lisez un thriller de SF extraordinaire,
bien mis en scène, avec moult rebondissements, que le dessin photo réaliste de
Ponzio fait toujours merveille, que les ambiances sont oppressantes, que tout
est bon dans cette BD, que lorsque vous arrivez à la dernière page, vous n’avez
qu’une envie, lire le troisième et dernier tome. Enfin bref, cette série est excellente,
c’est un véritable coup de cœur qu’il ne faut pas manquer.
A la veille
de la grande bataille spatiale contre l’Empire de Callystès, le sniper Preko
s’entretient avec Brigit Nielson dans ses appartements. Cette dernière lui
apprend que le général Brian North, célèbre pour sa réputation de dur à cuire,
n’est âgé que de 12 ans et qu’il est son fils. Pour bien cerner la destiné de
ce jeune prodige, dont tout indique qu’il est l’un des enfants de la prophétie,
elle se met à lui narrer sa rencontre, 12 ans plus tôt, avec son père, lui
aussi nommé Brian North. A l’époque, le commandeur North dirige l’Enclume, l’un
des vaisseaux les plus miteux de la flotte terrienne. Un manque de
considération certain découle en effet directement de sa gestion des ressources
humaines, et en particulier de sa propension à s’appuyer sur des snipers, jugés
trop indépendants pour toute mission de confiance. C’est alors que l’Enclume
arraisonne un vaisseau pirate transportant une énorme cargaison de « black
class », une substance hautement radioactive. Au moment où North s’apprête à
mettre le capitaine pirate à fond de cale, ce dernier se rebelle et lance un
ultimatum suicide à tout l’équipage…
L’inspecteur
Canardo s’ennui. A quelques mois d’une élection un député-Maire l’engage pour
suivre sa femme, convaincu que celle-ci le trompe… Ce qui ferait désordre dans la campagne. Et pendant cette filature, les morts
s’amoncèlent en ville. Les victimes ont toutes un rapport avec le cinéma et une
mystérieuse cassette vidéo semble avoir été volée à chaque fois… Bonne idée de
sortir ce Canardo à l’approche des élections municipales. Le thème est d’actualité, la
caricature est donc aisée. Un candidat conservateur et beau parleur, sa
femme prête à tout pour aider son mari, une candidate vert au discours
stéréotypée... Voila quelques uns des personnages savoureux de cette nouvelle
enquête. Après un tome 16, « Que la bête meurt », assez insipide, il faut bien le dire, on
espérait que la série reparte vers de meilleurs horizons. C’est presque chose
faite car ce 17e tome est un bon cru, riche en action et en
personnages bien croqués, bien qu'un peu trop caricaturaux. Quelques
traits de cynisme et quelques bonnes répliques nous rappellent tout le
potentiel de la série avec ce personnage de canard désabusé. Malheureusement, on devine
trop facilement où Sokal veut en venir et la fin n’apporte aucune surprise.
Bref, à trop forcer le trait, on évente l’énigme -puisque tout est dans le titre- et on tombe dans du classique.
C’est donc un Canardo en demi teinte qui nous donne de l’espoir pour la suite.
Une
archéologue découvre au Pérou, sur le site du Machupichu le trésor des Incas,
ou plus exactement le tombeau de leur dernier empereur. Elle doit sa découverte
au récit perdu d’un conquistador fait prisonnier sur le site au 16e
siècle. Seulement, le trésor attire les convoitises de marchand d’arts qui
dépêchent un mercenaire pour rafler le butin. Speed Indiana… Cette histoire
complète va à 100 à l’heure, à tel point que les situations peuvent paraître
superficielle ou caricaturales et qu’on a pas trop le temps de s’attacher aux
personnages ni aux éléments du scénario qui défilent très vite. Dommage car le
scénario d’aventure avait un bon potentiel.
Comment
écrire le roman ultime, celui qui reléguera les écrivains classiques au rang
d’amateur ? Comment se débarrasser (définitivement) d’une vieille tante
encombrante ? Mon pénis est-il de taille "normale" ? Pourquoi le
libraire n’expose-t-il pas mieux mes romans...? Telles sont les questions
existentielles qui taraudaient et taraudent toujours Marc Villard.
Dojo Tome 2 : Le Temple des
Arts Martiaux. Scénario Alexandre et André Amouriq. Dessin André Amouriq.
Collection Hour Sport. Editions Bamboo.
Attention
fans de sports en tous genres, les nouveaux albums des éditions Bamboo,
viennent d’arriver. Le rugby est tout d’abord à l’honneur, ou plutôt t’a
l’honneur. Ce nouveau tome reste dans l’esprit de la série, les dessins sont
excellents et les gags jouent beaucoup sur les clichés. La petite particularité
tout de même est que cet album l’équipe fétiche de la Paillar va faire le tour
de France afin de tenter de gagner le bouclier de Bacchus. On la retrouve donc
dans différentes régions avec toutes leurs particularités. C’est plutôt bien
vu.
Un nouveau
journal de BD vient de voir le jour, son nom Le Strip. 24 pages de BD, souvent
inédites de grands noms de l’humour tels que Maëster, Coyote ou Janin. A
travers ce journal, Le Lombard nous permet de découvrir ou de redécouvrir les
grandes séries d’humour de leur catalogue. Ce qui nous permet de retrouver avec
joie Litteul Kévin ou Mister President de Clarke mais aussi de jeunes séries
comme les Blattes ou Kinky et Cosy.
Ce premier
numéro est bien complet et très agréable à lire, il faut voir si les suivants
nous apporteront autant de bons moments de lecture que celui-ci. Le rythme de
parution est d’un exemplaire tous les deux mois et même son prix de lancement
vous fera rire : 1 euro.
Au cœur des
territoires interdits, dans un havre de paix au milieu du danger se trouve un
lieu qu'une force étrange isole des prédateurs et des éléments dont la colère
est sans fin... Dans cette oasis vit le peuple de la source. La source dont le
fluide est l'objet de toutes les vénérations. Depuis toujours, les territoires
interdits fascinent les habitants des terres d’Albruck. Lorsque le seigneur
d’Albruck organise un grand concours cartographique, le vieil Orzo et son ami
Homs, un colosse pour le moins taciturne, s’inscrivent sur-le-champ. Mais il
manque un membre à cette fine équipe: ce sera Alika, une voleuse accompagnée
d’un panda magique. Mais, pour elle, ne serait-ce pas plutôt un «retour à la
source»… ?
Le
Scrameustache et Khéna reçoivent une délégation de Galaxiens sur Terre. Tous
squattent chez Tonton Georges qui n’est pas loin de pêter un plomb. Un jour ils
aperçoivent une boule de lumière qui s’écrase dans la forêt proche. Ils
découvrent alors une jeune elfe évanouie. A son réveil elle a perdue la
mémoire, le Scrameustache va alors faire
une remémoration de son subconscient. Myrtille la petite elfe doit gagner les
pouvoirs d’une reine elfe en fin de vie et pour cela elle doit lui rendre un
peu de vigueur. Le seul moyen est d’utiliser le régénérateur du Scrameustache.
Mais le chemin pour arriver auprès de l’extra terrestre ami de Khéna est semé
d’embûches. On va alors suivre ce parcours et voir si Myrtille pourra arriver à
ses fins.
Désormais
adolescents, Fish et Lou poursuivent plus intensément leur apprentissage de la
téléportation. Lors d’un exercice imposé, Fish s’est matérialisé sur Rivdroite,
à l’endroit où bien des années auparavant, il a vu choir et mourir son amie
Lili. Immédiatement traqué par les pods et les soldats de la Fondation, il fait
un ultime effort de concentration pour réapparaître Rivgauche. Durant ce
périple, il a été blessé au front : il portera dorénavant une cicatrice en
forme de V, ressemblant curieusement au mystérieux et discret Vedder, que tous
considèrent comme un demi-dieu. De son côté, Markovic imagine des plans plus
terribles que jamais pour récupérer les deux enfants dont il est persuadé
qu’ils sont encore en vie.
Ce second
tome ne vous apportera pas beaucoup d’éclaircissements sur les tenants et les aboutissants de cette
histoire. Boisserie ne donne en effet des indices sur le récit qu’il met en
place qu’avec parcimonie. C’est vraiment quelque chose que l’on peut regretter.
Bien sûr, ce tome se lit avec plaisir. Les dessins sont toujours aussi beaux et
maîtrisés et l’histoire est plutôt agréable.
Sur une
planète semi végétale d’un côté, semi urbaine de l’autre, un colosse est sorti
de sa cambrousse pour pénétrer dans la ville. Fébrile dans cet environnement
vertical gigantesque, pollué, surpeuplé, en constante expansion, il s’est mis à
perpétrer des meurtres d’une violence inouïe. Car à travers son « regard
végétal », il sonde l’âme des gens qu’il rencontre, en mesure l’« énergie
biologique » et n’a aucune pitié à pulvériser les « nécrosés ». Il est alors
appréhendé, en flagrant délit de massacre dans une rame de métro, par
l’inspecteur Mornières, un jeune flic intègre et victime d’un complexe
d’infériorité. L’arrestation se déroule dans le plus grand calme car le colosse
perçoit la grandeur d’âme du policier. Quelques minutes plus tard, le colosse
recouvre pourtant un sursaut de sauvagerie en apercevant un autre inspecteur,
le haineux Rougalphes. Le colosse s’évade en lui arrachant une main ! Il est
alors recueilli par les membres d’une confrérie végétale, qui le laissent se
régénérer en position fœtale au pied d’un grand arbre, au sein d’un zoo
délabré. De son côté, rien ne va plus dans la vie de Mornières. Traité comme
une sous-merde par sa famille, il est mis à pied par son supérieur pour surmenage.
Il en profite pour prendre la clef des champs, en quête des origines de ce
mystérieux meurtrier…
Le moins
que l’on puise dire c’est que Morvan nous livre ici une histoire originale. Un
polar futuriste dans un monde steampunk avec des personnages aux personnalités
profondes. C’est vraiment une très bonne série qui se poursuit et qui espérons
le se clôturera avec brio lors du prochain tome. Nesmo a un style graphique
très personnel, avec un trait précis et surtout des couleurs réalisées par
ordinateur qui donne beaucoup de profondeur aux planches. Il utilise aussi
beaucoup de plans très originaux.
Luce est
une jeune fille de 6, 7 ans qui est actuellement en vacances chez son papi. Dès
le petit matin, elle le rejoint dans le jardin afin d’y récolter les légumes et
ramasser les œufs que tous deux iront ensuite vendre sur le marché. Dans ce
petit village, le marché est le lieu de rencontre pour tout le monde. Il est
vrai que dans ces régions désertées par les jeunes la vie peu paraître monotone
et solitaire. Un jour Luce a l’impression d’apercevoir dans la foule une petite
fille voilée tenant dans ses bras une petite boîte de bois. Elle est
accompagnée par un grand homme noir totalement nu. Elle essaye de les suivre mais les perd de vue. Le
jour suivant, le voisin du grand père de Luce est retrouvé mort dans sa cuisine
après avoir ingurgité une dose massive de médicaments. Pour la première fois
Luce va être confronté à une nouvelle sensation : la mort.
Springer
change de style de récit avec ce nouvel album et nous offre une chronique de
tous les jours, dans le style de Rabaté ou Davodeau, et c’est une grande
réussite. Il raconte une histoire simple mais d’une grande force. On y croise
des personnes qui ont l’air heureuses mais qui cachent de grandes douleurs et
un mal être certain. Le regard enfantin de Luce sur ce monde donne lieu à un
mélange étonnant d’émotions fortes. La composition des planches de l’auteur
accentue cette impression et son trait toujours aussi juste est en liberté car
totalement en noir et blanc. Ce one shot est un très bon album à ne pas
manquer. Merci Monsieur Springer.
Quelle part
faut-il accorder à la réalité dans le mythe de Dracula ? C’est une question que
se posent Rudyard Kipling et son ami l’inspecteur Demm alors qu’ils sortent
d’un théâtre de Londres où a été jouée une adaptation du célèbre roman de Bram
Stocker.
Au fil de
la conversation, Demm va monopoliser la parole pour raconter une enquête qu’il
a menée quelques années plus tôt, une enquête ou la démonologie s’était mêlée à
la réalité : alors qu’une expédition archéologique en Irak avait été commandée
par le Vatican, un mystérieux cylindre avait été rapporté en Europe. Quelques
temps après, Londres était le théâtre d’une série d’horribles assassinats qui
faisaient se demander aux gens si Jack l’éventreur n’était pas de retour...
Cette BD
est un pavé d’une centaine de pages en noir et blanc. Le scénario est dense et
parfois un peu confus mais si les gros blocs de textes ne vous découragent pas,
vous découvrirez une histoire bien construite et intéressante. Le graphisme
fait penser un peu à du Bézian mélangé avec du Chabouté et du Cossu. En bref
que du bon.
En Chine, au milieu du 10e siècle, trois moines Shaolin sont
chargés par l’Empereur de sillonner les provinces pour ramener à la raison des
Seigneurs de la guerre un peu trop indépendants. Une tâche plutôt difficile pour
trois moines un peu naïfs car les Seigneurs de la guerre en question n’ont pas envie de se
laisser faire… Heureusement que la chance et la ruse sont avec nos héros !
Empire Céleste commence plutôt bien avec trois personnages
complémentaires et sympathiques : un glouton rusé, un combattant intrépide et rapide, un sage
qui sait user de patience. Ils sont lancés dans un quête qui les mènera aux quatre coins du pays. Les
dialogues sont amusants et détournent habilement les codes du genre, des
citations de Confucius à l’épreuve de la pierre à attraper le plus vite
possible dans la main du maître. C’est donc assez fin avec un dessin très
juste, un peu ligne clair, un peu manga pour les scènes d’action. Pour les
amateurs de chinoiseries.
A
Vaucanson, la capitale du pays, des fouilles mettre à jour un fabuleux trésor.
En effet le laboratoire du premier duc de Vaucanson vient d’être découvert. Le
professeur Cormor et son associé y trouvent tous les effets de ce génie e
l’invention et en particulier le grimoire qui répertorie l’ensemble de ses
travaux. Dans cet ouvrage on trouve bien sûr l’ensemble des étapes qui
permettent de créer des automates plus réels que nature. Mais lors d’une
collation ce livre est volé. Le problème est que si il tombe entre de mauvaises
mains, les automates créés pourront alors formés une armée redoutable. Dès lors
Cormor mettra toute son énergie en œuvre afin de récupérer le grimoire. Mais
une nouvelle se répand dans tout le pays : le grimoire sera bientôt mis
aux enchères.
Donjon
Monsters est une série dérivée mettant en scène un personnage secondaire de la
série principale dans une aventure en un tome. Chaque tome est dessiné par un
auteur différent. Ici Kéramidas s’approprie avec plaisir (apparemment)
l’univers créé par Sfar et Trondheim. Son dessin est plus rond qu’à l’habitude
mais colle tout à fait à l’univers. Graphiquement c’est excellent mais on ne
retrouve pas l’humour mordant des premiers tomes. L’histoire est pourtant bien
menée et agréable à lire mais on a l’impression que les deux scénaristes se
lassent un peu et ont du mal à trouver un autre souffle humoristique à leurs
histoires. C’est tout de même un excellent album et vous suivrez avec plaisir
les tribulations de menés par les différents protagonistes afin de mettre la
main sur ce fameux grimoire.
La génie de
l’amour est à nouveau sur la brèche avec son arc et ses flèches mais pas facile
de conseiller un jeune qui a du mal à séduire les filles. Surtout
qu’aujourd’hui, elles sont exigeantes. Le sourire est toujours au rendez vous
avec des gags en une planche qui illustrent sur les mœurs amoureuses et les
travers de notre société. Une valeur sure.
Nouvelles
facéties pour le diablotin orange Nelson qui n’en finit pas de faire tourner
les humains en bourrique… Et les chiens par la même occasion car ses cibles
préférées sont la jeune Julie et son chien Floyd. Paru en 2001 dans le
quotidien francophone suisse la Matin, Nelson a séduit des millions de lecteurs
et c’est mérité car les strips avec un humour bon enfant sont plutôt amusants
et les situations bien vues.
Dzino suit,
à distance, le professeur Wom et P'tit Louis jusqu'à Bézié. Mais à pied,
cela fait du chemin. Arrivé dans la ville il se met en planque derrière
un monument pour surveiller Wom et ses acolytes, et là une rencontre va changer
son destin : une femelle du nom de Bibie, infirmière, le reconnaît et se jette
dans ses bras. Il semblerait que Dzino et elle furent amants dans le passé et
qu’ils aient même une fille. Mais Dzino n'en a aucun souvenir... Est -ce qu’il
rêve cela, se trouve-t-il pris dans un complot lui qui ne se rappelle pas cette
Bibie ?? Mais il y aussi cette quête qui se poursuit pour le "la"
original que le professeur Wom et son collègue essaye de retrouver.
Qui est ce
fameux Plunk. En fait c’est une sorte d’extra-terrestre rose, avec un nez en
trompette, un entonnoir sur la tête, un bermuda vert et des pieds énormes.
Cette BD est donc centrée sur ce personnage et est composée de gag en une
planche. C’est assez drôle même si on l’impression de déjà vu dans d’autres
albums. Les auteurs nous proposent un humour absurde qui joue sur la
méconnaissance de Plunk avec ce nouvel univers qu’il côtoie. C’est sympathique,
plutôt formaté pour les plus jeunes car il n’y a pas de textes. Toute cette
Plunkerie se laisse ma foi très facilement lire.
Chloé, Leila, Agnès, sont trois filles que l’on va suivre dès la
naissance. Chloé est élevée par sa mère, célibataire ; Leila est née dans
une famille musulmane et Agnès, dans une famille bourgeoise. Elle sera élevée
par une nourrice. Trois milieux différents, trois réalités différentes pour
trois filles qui vont se croiser et devenir amies. Une évocation de leurs
quotidiens avec leurs moments de bonheurs et leurs drames, une évocation de
trois destins de femmes.
On adore ou on déteste… En tout cas, Blutch ne laisse pas indifférent. Il
arrive à faire passer de l’émotion à travers son dessin et il nous fait réagir.
Après « C’était le bonheur » et « La volupté », voici donc
« La beauté », un ensemble de plus de 80 dessin aux crayons de
couleurs pour symboliser la beauté. Des hommes, des femmes, des animaux, des
paysages, des dessns symboliques, crus parfois ou poétiques. Bref, pour les
fans de Blutch et ceux qui se laissent porter par un dessin.
Dans les années 60 au Cameroun, un instituteur borgne, décide monter une
machination contre une jeune française idéaliste venue rejoindre l’équipe du
camion d’ophtalmologie qui sillonne le pays pour donner des consultations.
Amiel, l’instituteur borgne est aigri et haineux. Il reproche aux blancs de ne
pas avoir su le soigner et de lui avoir fait perdre son œil. Il prépare donc sa
vengeance contre Mathilde et son ami Clément, venu la rejoindre.
Vengeance en Afrique. Les épines du Christ est la première partie d’un
drame humain, drame de la haine et de la frustration. Un solide scénario
superbement illustré à la peinture.
Dans les
années soixante, un jeune garçons vit dans une famille nombreuse de huit
enfants, élevés par leur mère Gaby et leur beau-père Tonton. Tonton est un
homme avec de grandes convictions, et qui a donc décidé de ne pas se mettre au
service des patrons. Toute la famille vit donc dans la pauvreté et essaye de
survivre tant bien que mal. Une solution pour nourrir la famille, le braconnage
et le vol dans les fermes alentours. Mais lorsque l’on est équipé d’une vieille
camionnette, alors chaque vol de vient une expédition dangereuse. Cette
histoire complète est en deux parties car après avoir appris de leur beau père,
les enfants devenus grands vont eux aussi tomber dans la cambriole.
Cette
histoire est simple et efficace. On y rencontre des gens vrais, fort de
caractère et on se prend rapidement à les apprécier. Knobelspiess adapte avec
Chabane, un de ses romans et on sent le vécu de chaque situation. Le
dessinateur co-scénariste quant à lui donne un trait assez sombre et des
ambiances pesantes, en particulier lors des scènes de vols.
Vous n’avez
pas pu passer à côté de cette mode. On en parle partout, toutes les chaînes de
télé passent des tournois, il y a une multitude de sites internet qui se sont
créés, il y a même une chaîne du cable qui est entièrement réservée à ce jeu.
Vous avez compris de quoi je parle : Du Poker bien sûr.
La BD
devait bien sûr ne pas être en reste de cette mode. Carabas livre ici un album
qui n’est pas tout à fait un album de BD. C’est un cours sur toutes les règles de bases du jeu du Poker mais
aussi sur toutes les subtilités et les tactiques à adoptées pur pouvoir devenir
un bon joueur. Toutes les pages sont illustrées par des dessins plus ou moins
drôles de différents jeunes auteurs.
La lecture
de cet ouvrage intéressera sûrement les fans du jeu mais les fans de BD seront
totalement frustrés. On se lasse très vite et rapidement l’auteur se lance dans
des explications qui dépasseront totalement les néophytes et que
malheureusement peu d’illustrations viendront judicieusement égayer. Cet
ouvrage est réservé à tous les fans du Poker ou à ceux qui veulent en apprendre
plus, mais simples bédéphiles avertis vous pouvez passer votre chemin.
Un prêteur
sur gages profite des déboires politiques de la Russie du 19ème. Il rachète
très peu cher des objets personnels. Il remarque un jour une demoiselle qui
vient régulièrement lui céder des effets personnels. Ce petit jeu l’intrigue et
un jour il découvre que cette jeune femme cherche à éviter le mariage de force
que veut lui faire subir sa famille. Il lui propose alors de venir vivre avec
lui afin d’échapper à l’homme à qui elle est promise. Dès lors ils feront
tourner la boutique ensemble, mais bien vite la cupidité du prêteur sera
confrontée à la générosité de sa protégée. Les sentiments les plus forts vont
alors se succéder, se mélanger pour arriver à …
Pour
connaître la fin de cette histoire je ne vous dirai qu’une chose, lisez cette
BD. Vous ne le regretterez pas. L’histoire est tirée d’une nouvelle de
Dostoïevski et Dauvillier la mets vraiment bien en scène. Le dessin de Allouche
est original, très stylisé. On pense même parfois au détour des planches à des
tableaux. Il faut aussi précisé que cette édition est vraiment très belle,
luxueuse, comme l’est tout le reste de cette collection dans laquelle
Dauvillier avait d’ailleurs adapté un autre romancier russe prestigieux (Gogol
dans le portrait).Ce one shot est vraiment très beau, agréable à lire. Ne
passez pas à coté.
Le héros de
cette BD est un Orc voleur du nom de Stevostin, et il a une passion : Tuer
toutes ces tapettes d'Elfes de la Nuit. Mais le monde dans lequel il vit est
semé d’embûches et d’êtres vils et sournois qui n’en veulent qu’à sa peau. Cet
univers est celui du jeu de rôles sur ordinateur le plus répandu au monde c’est
à dire WOW (World of Warcraft).
Cette BD
fera rire aux larmes tous les habitués du jeu, mais une petite connaissance du
terrain est cependant nécessaire à la compréhension de l'ouvrage. Donc les
non-initiés resteront un peu hermétiques aux gags remplissant les planches de
cet album. D’autant plus que graphiquement la déception vient du fait que l’auteur utilise une technique de
crayonnés mis en couleurs ce qui rend l’ensemble des pages très inégales voire
par moment très laides. Les fans du jeu se délecteront des exploits absurdes de
Stevostin, les autres souriront sans doute de temps en temps. Addicts lâchez
vos clavier et mettez vous à la lecture, cette BD est faite pour vous.
Totoz est
un peintre essayant de vivre de son art. Nunusse, lui essaye plutôt de trouver
des bons plans afin de gagner de
l’argent. Il vient d’ailleurs d’en trouver un, un mécène veut monter une expo
d’art mais il veut du sexe et seulement du sexe. Nunusse va alors essayer de
convaincre son ami de faire des toiles pornos quitte à vendre son âme pour
vendre son art. Totoz est suivi dans sa démarche artistique par Tchoupi qui lui
est carrément aller se réfugier dans des contrées les plus reculées du monde
afin de pouvoir créer en paix et en liberté. Mais son travail commence à être
reconnu et pourrait devenir une mâne financière pour des investisseurs.
Certains vont donc essayer d’acheter les œuvres de Tchoupi pour en faire du
business.
Cette BD
est une vive critique du monde de l’art mais surtout de ceux qui en font par
tous les moyens possibles du business. On voit ce que doit faire un artiste
pour pouvoir subvenir à ses besoins et en particulier toutes les concessions
qu’il doit faire quitte à sortir de la ligne artistique qu’il s’est donné. Cet
album est bien réalisé, avec un dessin en noir et blanc proche du crayonné, ce
qui donne une grande vivacité au trait. Le petit bémol que j’apporterais est au
niveau du récit. Il est un peu bancal et manque parfois d’humour alors que l’on
sent la volonté des auteurs de faire rire leurs lecteurs.
14 février 2008
QUELQUES ALBUMS DE MI FEVRIER 2008
Okhéania Tome 1 : Le Tsunami. Scénario Eric Corbeyran. Dessin Alice Picard. Editions Dargaud.
La planète Okheania, recèle un océan végétal de feuilles vertes. Tout comme sur une vraie mer, il y a des vagues et des familles entières vivent sur des bateaux, sortes de forteresses flottantes. Jon et Jasper, deux ados « casse coup » adorent surfer sur les grosses vagues… Seulement, quand un tsunami les renverse, le jeu vire au cauchemar. Jon disparaît dans les profondeurs de l’océan et Jasper est recueilli sur un vaisseau en mission secrète pour l’Empereur. Le problème, c’est qu’on le prend pour un espion.
Nouvelle série de fantasy pour Corbeyran qui nous plonge dans un univers à la fois maritime et végétal, un univers qui fleure bon l’aventure. Le scénario est impeccable et il saura séduira un public jeune. Quant au dessin, Alice Picard qui signe chez Delcourt la série Weena, n’a plus à faire ses preuves. Le trait est sûr, plein de charme et génère impression de douceur. Un bon premier tome dépaysant à souhait.
Corpus Hermeticum Tome 3 : Les larmes du désert. Scénario Missoffe. Dessin Fino. Collection Terres Secrètes. Editions Soleil.
En 1942 dans le désert lybien, un corps d’élite britannique doit intercepter un convoi allemand et récupérer un mystérieux paquet. Il s’agit d’un bras humain sur lequel a été tatoué un passage du mythique Corpus Hermeticum, le livre de tous les mystères. Cet extrait révèle l’emplacement de la fabuleuse cité des piliers, l’antre des Djinns et des démons, un lieu qui recèle bien des trésors. Le commando décide de tenter l’aventure et de trouver la cité… à leurs risques et périls.
Après les glaces de Sibérie, les forêts sombres de l’époque gallo-romaine, le Corpus Hermeticum nous plonge au coeur du désert. Autre époque, autre décor pour le fantastique et l’horreur… Et il faut bien dire que cela fonctionne plutôt bien. Le récit est mystérieux à souhait avec une bonne astuce finale et des rebondissements, l’atmosphère devient peu à peu étouffante et cauchemardesque. Bien qu’à première vue un dessin sage style ligne claire ne parait pas être adéquat pour ce type d’histoires horrifique, le dessin de Fino s’adapte en fin de compte bien à l’ambiance du récit. Une bonne histoire complète.
Rémission. Scénario Swolfs. Dessin Cossu. Editions Soleil.
La jeune Angie part retrouver son père dans le chalet où elle a passé son enfance. Elle le hait depuis qu’il a abandonné sa mère alors qu’elle avait 13 ans, laissant celle-ci s’enfoncer dans l’alcool et mettre fin à ses jours. Il faut dire que son père a un métier prenant et rempli de tentations : il est producteur et coureur invétéré. Un père toujours absent, une mère alcoolique… Angie est mal partie. Elle veut être actrice et pour cela couche utile et plonge dans la drogue. Bref, elle est plutôt mal dans sa peau… Mais ce retour à la nature sur les traces de son passé et de ce qu’elle a refoulé va changer à jamais sa vie… Un superbe thriller psychologique en forme de parcours initiatique et de quête intérieure avec un graphisme nerveux qui colle parfaitement à la dimension onirique et épique du récit.
Les arcanes du Midi-Minuit Tome 6 : L’affaire du détenu 3491. Scénario Gaudin. Dessin Trichet. Editions Soleil.
Jim est en prison. L’inspecteur du bureau royal a été arrêté pour son rôle douteux dans l’affaire Sylvak (voir Tome 5). Du coup ce n’est pas facile de faire sortir son alter ego Jenna du miroir. Et oui, Jim à un secret. En se regardant dans un miroir, il libère Jenna et prend sa place. En prison, Jim devient amer et se fait de bien étranges relations, notamment Blackwalk, le parrain de York City… Qui a des airs d’Al Capone. Et s’il passait dans le camp des méchants ? Un scénario toujours aussi bien mené pour une série agréable et originale.
Réalités. Scénario Kara. Dessin Masa. Collection Fusions. Editions Soleil.
Trois femmes se sont embarquées sur une arche spatiale avec pour mission d’explorer une planète jumelle de la Terre. Chacune a son caractère, son secret, sa sensibilité. Marie par exemple est partie après la mort de son fiancé Vincent, tué sur le champ de bataille dans une guerre qui n’en finit pas sur Terre. Sur la planète, les trois jeunes femmes découvrent un étrange petit garçon qui vit au milieu des ruines d’une cité. Il semble être le dernier survivant d’une civilisation… Mais quelques chose cloche dans ce décor trop parfait…
Kara nous propose ici un voyage des plus dépaysants en mélangeant les ambiances et les thèmes. Romantisme à l’eau de rose, philosophie, science fiction, fantastique… Le résultat est inclassable mais cela fait furieusement penser aux atmosphères de certains mangas et dessins animés japonais. Des trains à vapeur cohabitent avec des vaisseaux spatiaux, des ordinateurs avec des toiles peintes au pinceau par l’une des héroïnes… Quant au dessin, on nage en plein dans le manga élégant dynamique et vraiment superbe. Un récit onirique original et attachant qui devrait séduire, entres autres, les jeunes filles.
La XIe plaie Tome 1 : Et les eaux du fleuve se changèrent en sang… Scénario Nicolas Tackian. Dessin Joann Urgell. Collection Terres Secrètes. Editions Soleil.
Michelle est profileuse et bosse pour Interpole. Guidées par ses intuitions, elle est plutôt bonne pour retrouver les tueurs en série. Et de l’intuition, il lui en faudra pour cette nouvelle affaire ! La brigade fluviale de Paris a en effet trouvé au fond de la Seine des paquets contenant des os humains et d’animaux… Des os sur lesquels une référence biblique a été gravée. Des découvertes similaires avaient été faites dans d’autres villes d’Europe. Il s’agit donc bien de crimes en sériés…
Avec un tel titre on s’attendait à une énième histoire biblique revisitée et on se trouve en plein cauchemar avec des charniers et des meurtres abominables. Bref, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler les thrillers horrifiques à la Maxime Chattam, la XIe plaie est un album envoûtant avec un scénario plutôt original et très bien huilé. Le dessin abonde dans le sens du frisson et ne nous épargne pas l’ambiance gore et les scènes crues allant même jusqu’à des planches aux couleurs rouge sang. Une série qui démarre bien, mêlant policier et horreur, pour public averti.
Tigre et Nounours 1e voyage Tome 1 et 2 ; 2e voyage Tome 2. Scénario Mike Bullog. Dessin Jack Lawrence (1er voyage) et Paul Guttierez (2e voyage). Editions Bamboo.
Le petit Joey a de la chance. Sa grand-mère lui offre le coffret de la meute de la nuit. Il s’agit de 4 peluches « protectrices des innocents », comme le mentionne la pub sur le paquet. Il y a Minerva la panthère, Venus, le tigre, Pallo, le lion et Ares, le tigre blanc. Et ce cadeau tombe bien car Joey vient de déménager et il ne sent pas très à l’aise dans sa nouvelle maison. Ses peluches veilleront donc sur lui la nuit. D’ailleurs, il en place aux quatre coins de sa chambre. Mais un soir, il s’aperçoit que l’un d’eux a bougé... Et oui, ses peluches prennent vie et le protègent vraiment contre des monstres. Et Joey est entraîné avec ses nouveaux amis au pays des peluches pour des aventures palpitantes. Un scénario dont tout enfant peut rêver –des peluches qui prennent vie- des dessins expressifs et dynamiques qui rappellent les dessins animés… Ce n’est pas étonnant que cette série ait remporté en 2007 le prix d’Angoulême du meilleur album jeunesse 7-8 ans. A découvrir d’urgence.
Les rugbymen Tome 6 : On commence à fond, puis on accélère ! Scénario Béka. Dessin Poupard. Collection Humour Sport. Editions Bamboo.
Dojo Tome 2 : Le Temple des Arts Martiaux. Scénario Alexandre et André Amouriq. Dessin André Amouriq. Collection Hour Sport. Editions Bamboo.
Attention fans de sports en tous genres, les nouveaux albums des éditions Bamboo, viennent d’arriver. Le rugby est tout d’abord à l’honneur, ou plutôt t’a l’honneur. Ce nouveau tome reste dans l’esprit de la série, les dessins sont excellents et les gags jouent beaucoup sur les clichés. La petite particularité tout de même est que cet album l’équipe fétiche de la Paillar va faire le tour de France afin de tenter de gagner le bouclier de Bacchus. On la retrouve donc dans différentes régions avec toutes leurs particularités. C’est plutôt bien vu.
Le second album ravira, je l’espère les amateurs d’art martiaux. On suit les exploits des élèves d’un centre dédiés aux différentes disciplines venues d’Asie, Judo, Tae Kwon Do ou Karaté. Malgré un dessin plutôt agréable, on a du mal à rire à tous les gags. C’est un peu décousu, on passe d’une discipline à l’autre voire même lors de certaines planches on ne parle pas d’art martiaux. C’est un peu décevant mais gageons que le prochain tome sera d’un meilleur niveau et méritera une ceinture noire
Halloween Blues Tome 5 : Lettres perdues. Scénario Mythic. Dessin Kas. Collection Polyptique. Editions Le Lombard.
Une jeune fille est enlevée, une demande de rançon est envoyée. Seulement, ses parents ne la recevront pas puisque l’enveloppe a pris l’eau et l’adresse, écrite avec des lettres découpées, n’existe plus. Bref, l’inspecteur Forester se retrouve avec un kidnapping sur les bras sans connaître la victime. Seulement, si la rançon n’est pas déposée, la fille mourra.
Un très bon opus de la série avec un scénario original et bien construit qui revisite un peu le genre. La partie surnaturelle –un flic qui vit avec le fantôme de sa femme- est réduite au minimum, ce qui laisse certaines scènes savoureuses mais ne gêne pas l’enquête classique passionnante. Quant au dessin, Kas s’amuse avec brio à recréer l’atmosphère de l’Amérique des années 50… Et c’est une vraie réussite !
Vasco Tome 22 : La Dame noire. Scénario Gilles Chaillet. Dessin Frédéric Toublanc. Editions Le Lombard.
Avignon est assiégé et des mercenaires désœuvrés demandent au Pape une rançon… Mais la ville va connaître le début d’une épidémie de peste, le terrible fléau, aussi appelé la Dame Noire. Une nouvelle aventure pour Vasco avec un scénario historique qui semble assez complexe avec les complots et les enjeux des grands de ce monde du moyen âge. C’est très bien documenté, et il se passe beaucoup de chose dans le récit, parfois un peu trop. Toublanc, le nouveau dessinateur de la série s’en sort très bien dans un style en ligne claire qui reste dans la tradition de celui de Chaillet. Bref, les fans ne seront pas perdus !
Ellis Group Tome 1 Deep O’Neil et 2 : Sax. Scénario Latour. Dessin Griffo. Editions Le Lombard.
Il s’en passe de drôles de choses à New-York… Certains rêves et cauchemars des habitants s’incarnent dans notre réalité. Pour les combattre : le groupe Ellis. Ce sont des policiers surentraînés qui opèrent dans le plus grand secret. Parmi eux Deep O’Neil qui est en fait le fils idéal, rêvé par son père Nine, plongé dans le comas. Deep est un rêve qui fera équipe avec l’agent Sax pour capturer Romeo, une abomination qui est en passe de devenir parrain de la pègre New-Yorkaise.
Men in black sans extra-terrestres ! Entre MIB et Ghostbusters, le groupe Ellis chassent des êtres créés par nos cauchemar. Un pitch original qui offre une large palette d’aventures. Le début de second tome nous en donne d’ailleurs la mesure en mettant en scène un projectionniste qui s’endort dans un cinéma et qui se retrouve prisonnier d’un western dans lequel tous les cow-boys veulent lui faire la peau. Quant au dessin, Griffo est aussi à l’aise dans le contemporain que dans l’historique. Une série bien séduisante.
France Terre d’asiles. Texte et Dessin de Maëster. Editions Le Lombard.
On connaît Maëster comme étant l’heureux papa, d’une des plus irrévérencieuse héroïne de la BD, j’ai nommé Sœur Marie Thérèse des Batignolles. Mais on ne connaît pas obligatoirement les grands talents de cet auteur complet pour la caricature, même si ces albums Meurtres fatals graves mettaient déjà en scène des personnages existants.
Depuis l’avènement d’Internet et l’arrivée de Blogs, nombre d’auteurs offrent à leurs fans des dessins, crayonnés et divers présentations de leurs futurs projets.
Maëster lui propose à ses lecteurs de nombreux dessins d’actualité tout en couleurs caricaturant à la perfection les hommes politiques et les peoples qui ont fait parler d’eux en 2007. Dans cet album vous pourrez retrouver l’ensemble des dessins réalisés par l’auteur, mois par mois au fil de l’actualité. Les caricatures sont superbes, au niveau des grands caricaturistes que sont Morchoisne ou Mulatier mais en plus du dessin les idées mises en scène sont hilarantes, grinçantes, voire acerbes mais aussi parfois tendres et émouvantes. Cet album est superbe et nécessaire dans une bonne bédéthèque. Merci Monsieur Maëster !!!
Le Strip. Scénario et Dessin Collectif. Editions Le Lombard.
Un nouveau journal de BD vient de voir le jour, son nom Le Strip. 24 pages de BD, souvent inédites de grands noms de l’humour tels que Maëster, Coyote ou Janin. A travers ce journal, Le Lombard nous permet de découvrir o ou de redécouvrir les grandes séries d’humour de leur catalogue. Ce qui nous permet de retrouver avec joie Litteul Kévin ou Mister President de Clarke mais aussi de jeunes séries comme les Blattes ou Kinky et Cosy.
Ce premier numéro est bien complet et très agréable à lire, il faut voir si les suivants nous apporteront autant de bons moments de lecture que celui-ci. Le rythme de parution est d’un exemplaire tous les deux mois et même son prix de lancement vous fera rire : 1 euro.
Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout, d’après Peyo. Scénario Jost et Culliford. Dessin Garray. Editions Le Lombard.
Le grand Schtroumpf doit quitter le village afin de se rendre chez son ami le mage Omnibus. Avant de partir, il fait toutes les recommandations nécessaires à l’ensemble des Schtroumpfs afin que tout se déroule pour le mieux lors de son absence.
Mais dès son départ, le Schtroumpf à lunettes entre dans le laboratoire du grand Schtroumpf malgré sa formelle interdiction.
Il y découvre alors un livre interdit qui a la particularité de répondre à toutes les questions que l’on peut se poser. Dès lors il va s’en servir afin de résoudre tous les problèmes des Schtroumpfs. Tous vont alors se rendre auprès du livre afin d’y entendre les réponses qu’ils attendent. Mas du coup, ils vont peu à peu délaisser leurs activités car ils ne veulent plus prendre une décision sans en référer au grimoire magique. Le village est-il alors en danger ?
Certains auteurs comme Hergé ont pris la décision de ne pas continuer à faire vivre leur héros après leurs morts. Peyo a lui fait l’inverse. De son vivant, il a créé un studio et formé des auteurs susceptibles de poursuivre ces séries après son décès. Et bien, il a eu raison. En effet, ce nouvel album est une très bonne histoire des petits hommes bleus créés en 1958. On y découvre tout l’humour et les situations qui ont faits le succès de la série. Bien entendu, c’est une BD qui est particulièrement réservés aux plus jeunes lecteurs, mais un peu de nostalgie ne faisant pas de mal, les plus vieux prendront, je suis sûr un malin plaisir à dérober discrètement cet album à leurs enfants afin de s’en délecter.
New Byzance Tome 1. Scénario Corbeyran. Dessin Chabbert. Collection Ucrhonies. Editions Glénat.
Dans un New -York futuriste à la mode byzantine, dans une société fondamentaliste faite d’interdits, Zack est un prescient. Il a le pouvoir de projeter ses rêves dans la tête d’autrui. Il invente des univers et les envoie dans l’inconscient de ceux qui ont commis des crimes par la pensée, histoire de leur faire vivre un enfer et de les remettre dans le droit chemin. Mais il est en cavale car il perd son pouvoir et est certain d’être éliminé par les autorités. Il rencontre d’autres personnes en marge du système comme Emily, une jeune femme qui s’est enfuie de chez son mari, un grand architecte, avant que celui-ci ne la défigure à l’acide pour avoir osé émettre l’idée qu’il la trompait.
Nouvelle série, nouveau concept. New Byzance fait partie d’une série de 10 albums avec New Harlem et New York. Ils mettent en scène le même héros à différents âges. Pour en revenir à New Byzance, le monde présenté est assez dépaysant : futuriste avec quelques décors orientaux mêlés aux buildings américains… C’est pour le moins original. Et puis une révolution islamiste qui, après le 11 septembre, aurait mise à mal le système capitalisme, c’est aussi surprenant…Il y a donc beaucoup de nouvelles données à intégrer pour se retrouver dans cet univers. Quant au dessin, Chabbert est à l’aise. Il avait déjà fait ses preuves sur du contemporain et de la SF avec Nova Genesis, là, il excelle, aussi bien pour les décors que pour les scènes d’action. Une série prometteuse.
Le terroriste Tome 1 : Paris. Scénario Jean-Claude Bartoll. Dessin Pier Paolo Rovero. Collection Investigations. Editions Glénat.
Dans un futur proche, la première réunion du G9 est organisée à Paris. Le G9, c’est tout simplement le G8 plus la Chine. La police est sur les dents, les alter-mondialistes préparent leurs manifestations, pendant que des gauchistes son emprisonnés au Stade de France, réquisitionné pour l’occasion… De plus, le Pape est venu célébrer une messe au Louvre. Les éléments sont en place… Tout peu déraper ! Un policier tire sur des manifestants, un group d’extrémistes prend les armes et déboule au Louvre… Et au milieu de tout cela, Arno Toms, un journaliste qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Les rouages d’une machination commencent à se mettre en mouvement : on l’accuse d’avoir tué le Pape Jean-Paul VI. Il devient donc l’homme à abattre.
Bartoll frappe fort avec une nouvelle série de politique fiction qui fait assez froid dans le dos. C’est assez réaliste, le dessin efficace, sans trop de détails, s’adapte plutôt bien au récit… Une réussite du genre.
Les mystère d’Osiris Tome 2 : L’arbre de vie tome 2. Scénario J.F. Charles, d’après le roman de Christian Jacq. Dessin Roels. Editions Glénat
Grâce à sa persévérance et à ses résultats excellents, Iker est devenu scribe. Attaché au service de Djéhouty, le chef de la province du Lièvre, et travailleur insatiable, il bénéficie d'une reconnaissance grandissante. Toutefois, tenaillé par le souvenir de la tentative de sacrifice sur sa personne, il part pour Kahoun pour tenter d'élucider ce mystère qui semble mettre en cause le Pharaon Sésostris III. En parallèle, deux menaces planent sur le souverain. Tout d'abord, un mauvais présage indique que la crue du Nil sera de très faible intensité. D'autre part, un terrible complot se prépare de l'intérieur fomenté par Shad le Tordu pour déstabiliser celui-ci.
Voici le second tome des adaptations des romans du célèbre écrivain spécialiste d’égyptologie. Les auteurs de cette BD sont des professionnels confirmés et cela se voit. En effet, le passage du roman à la BD est toujours assez délicat mais dans ce cas c’est plutôt réussi. Le scénario se lit de manière fort agréable et les dessins de Roels collent bien à l’ambiance. Cette série ravira les fans de cette période mais qui n’ont pas lu le roman ou alors qui veulent collectionner tout Christian Jacq.
Le monde merveilleux des vieux. Scénario et Dessin Laetitia Coryn. Editions Vent des savanes.
On imagine les vieux tranquillement installés chez eux, attendant calmement les feux de l’amour et les chiffres et les lettres à la télé, n’ayant pour seule compagnie que leur chat et pour ambiance le tic tac de la pendule. Mais que nenni, on se trompe complètement. Les vieux vivent leur retraite à fond la caisse et se rattrape sur toutes les bêtises qu’ils n’ont pas pu faire lors de leur vie passée.
Laetitia Coryn nous invite donc à venir rencontrer un couple du troisième age moderne et heureux de vivre. Toutes les facéties possibles et imaginables leur passent par la tête, et bien souvent elles ont une connotation sexuelle. En effet la libido de ce couple est loin d’être en berne. Page après page, gag après gag on découvre leur quotidien et leurs jeux. Mais je vous préviens de suite c’est vraiment une BD à ne pas mettre entre toutes les mains. Tous les gags sont originaux et drôles mais certains sont très trashs voire gore avec parfois une petite pointe de vulgarité. On se demande comment toutes ces idées ont pu germer dans la tête de cette jeune auteure de 23 ans. En tout les cas si vous n’êtes pas rebutés par l’humour qui déménage, jetez vous sur cet excellent album, vous serez éclaté de rire du début à la fin.
Les funérailles de Luce. Scénario et Dessin Springer. Editions Vents d’Ouest
Luce est une jeune fille de 6, 7 ans qui est actuellement en vacances chez son papi. Dès le petit matin, elle le rejoint dans le jardin afin d’y récolter les légumes et ramasser les œufs que tous deux iront ensuite vendre sur le marché. Dans ce petit village, le marché est le lieu de rencontre pour tout le monde. Il est vrai que dans ces régions désertées par les jeunes la vie peu paraître monotone et solitaire. Un jour Luce a l’impression d’apercevoir dans la foule une petite fille voilée tenant dans ses bras une petite boîte de bois. Elle est accompagnée par un grand homme noir totalement nu. Elle essaye de les suivre mais les perd de vue. Le jour suivant, le voisin du grand père de Luce est retrouvé mort dans sa cuisine après avoir ingurgité une dose massive de médicaments. Pour la première fois Luce va être confronté à une nouvelle sensation : la mort.
Springer change de style de récit avec ce nouvel album et nous offre une chronique de tous les jours, dans le style de Rabaté ou Davodeau, et c’est une grande réussite. Il raconte une histoire simple mais d’une grande force. On y croise des personnes qui ont l’air heureuses mais qui cachent de grandes douleurs et un mal être certain. Le regard enfantin de Luce sur ce monde donne lieu à un mélange étonnant d’émotions fortes. La composition des planches de l’auteur accentue cette impression et son trait toujours aussi juste est en liberté car totalement en noir et blanc. Ce one shot est un très bon album à ne pas manquer. Merci Monsieur Springer.
La Porte d’Ishtar Tome 1/2 : La Nuit des masques. Scénario Alain Paris. Dessin Simon Dupuis. Editions Les Humanoïdes Associés.
En 810 avant JC à Babylone, la Reine nomme Taliya, 20 ans, scribe de la Justice Royale. Son précédent scribe ayant marché malencontreusement sur un scorpion, la place était vacante. Taliya devra rendre la justice au nom de la Reine, mener des interrogatoires pour confondre les coupables. Si un crime a été commis intentionnellement, le coupable sera mis à mort. Sinon la peine relève de tribunaux inférieurs. C’est donc un grand pouvoir pour une si jeune fille et Taliya va devoir faire preuve de perspicacité et de force de caractère pour s’imposer en tant que femme, jeune de surcroît. Et une des premières enquêtes concerne l’assassinat d’un notable... Une affaire qui sent le complot.
La Porte d’Ishtar est une série intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle aborde une période et une civilisation assez peu connue. Si on trouve beaucoup de bd sur l’Egypte, la Rome et la Grèce antique, il n’y en a peu voire pas qui se déroulent en 810 avant JC en Mésopotamie, à Babylone. Ensuite, l’héroïne est militante féministe avant l’heure puisqu’elle fait une boulot habituellement réservé aux hommes. Enfin, le scénario fonctionne bien. Il faut dire qu’Alain Paris maîtrise bien son sujet. Il est écrivain et a notamment publié en 2004 le sorcier de Babylone. Quant aux graphismes, ils ont une large place avec de grandes cases. Mais le dessin est un peu trop détaillé sur certains visages, ce qui ne les rend pas très beaux, certaines cases sont aussi parfois un peu trop statique avec des personnages aux expressions figées… Bref, il demande à s’affiner. Idem pour les couleurs parfois un peu ternes. Mais soyons certain que ces petits défauts disparaîtront pour le second tome car la série vaut le détour.
Chéri Bibi Tome 3 : Cécily. Scénario Pascal Bertho. Dessin Marc-Antoine Boidin. Hors Collection. Editions Delcourt.
Le terrible forçat évadé Chéri Bibi a subit une opération de chirurgie esthétique… A la sauvage car nous sommes dans les années 20. Le Kanak, un chirurgien bagnard lui a donné un nouveau visage. Il revient donc à Dieppe sous les traits du marquis, celui qui a épousé Cécily, son amour de jeunesse. Mais il aura du boulot pour se faire aimer d’elle car elle voue une haine à son mari volage. Et puis pas facile pour un bagnard de se faire aux mondanité. Et s’il n’y avait que cela… Le Kanak débarque pour le faire chanter et le commissaire qui l’a arrêté veut lui prendre sa femme.
Suite et fin de cette brillante adaptation de l’œuvre de Gaston Leroux. Tout tout tout vous saurez tout sur l’horrible complot qui a précipité un innocent au bagne et fait de lui un monstre au grand cœur. Chéri Bibi est une aventure hors du commun superbement mis en dessin par Marc-Antoine Boidin qui, avec ses couleurs assez tendres dans ce troisième volet accentue la beauté tragique de l’histoire. C’est donc une réussite à tout point de vue. Bref, une bien belle série à conserver dans votre bédéthèque.
Milo Tome 1 : Un jour de plus. Scénario Benoit Rivière. Dessin Philippe Scoffoni. Collection Machination. Editions Delcourt.
Dans le Los Angeles de 2030, Milo Deckman est criminagent. C’est un flic qui travaille en solo et s’occupe exclusivement des homicides. Alors qu’il part sur une intervention, il aperçoit sur un trottoir deux hommes en train de charger dans leur voiture le corps d’une jeune femme qu’ils viennent de tuer. Il les interpelle… Une fusillade éclate mais les tueurs réussissent à s’échapper, laissant Milo avec un cadavre bien étonnant. Un scanner des yeux de la victime révèle en effet qu’elle a deux identités. Et comme si ce mystère ne suffisait pas, les deux tueurs braquent la morgue pour récupérer le corps, abattant au passage un policier…
Y a pas de lézard, Milo est bien une série policière dont l’action se passe dans un futur proche. Quelques voitures et méthodes d’investigation nous indiquent des évolutions technologiques possible mais on garde ses repères en restant dans un univers connu et l’on s’y se retrouve sans problème. C’est de la science fiction soft ! L’intrigue est prenante, le héros plutôt sympa avec une tête à la monsieur tout de monde… Ce premier tome nous met en haleine, les ambiances et les personnages sont lentement mais intelligemment mis en place. Bref, ça se déguste comme un polar plutôt bien construit mais avec un arrière goût de trop peu, ce qui est plutôt bon signe. Quant au dessin Scoffoni, il est assez fouillé et nerveux et efficace. Bref, un bon premier album.
Okko Tome 4 : Le cycle de la Terre 2/2. Scénario et Dessin Hub. Collection Terres de Légendes. Editions Delcourt.
Okko et ses compagnons sont toujours dans les montagnes à la recherche du 8e monastère dont l’emplacement est gardé secret. Ils espèrent y découvrir la bibliothèque qui recèle des ouvrages interdits qui pourront les renseigner sur une secte ou une confrérie de moines mystérieux qui portent l’emblème du corbeau et semblent commander aux morts.
Suite et fin de cette seconde aventure d’Okko. Hub excelle toujours au dessin et son scénario tient la route. Bref que du plaisir, avec une pointe d’humour puisqu’il se permet mêm un clin d’œil à Hergé, qu’il admire avec le nom d’un des personnages, anagramme de Mitsu Hirato du Lotus Bleu.
Jeremiah Tome 28 : Esra va bien. Scénario et Dessin Hermann. Collection Repérages. Editions Dupuis.
Jeremiah et Kurdy sont en ville pour aller cherche du courrier. Kurdy reçoit même des nouvelles de sa mule Esra… Mais il ne fait pas bon traîner en ville, d’autant que les flics sont sur les nerfs car un tueur laisse les corps décapités de personnes âgés derrière lui. Evidemment, pour le maire, aucun de ses citoyens ne peut faire quelque chose aussi abominable. L’assassin donc est forcément un étranger. Inconnus en ville, Jeremiah et Kurdy se retrouvent donc dans une cellule. Ils auront maille à partir avec deux flics qui se prennent pour des cow-boys et ces derniers jurent de faire la peau à nos deux héros et les suivent lorsqu’ils sont relâchés.
Un de plus… Ce 28e tome des aventures post apocalyptiques de Jeremiah est un bon cru. Dans ce monde chaotique et violent, les hommes essaient tant bien que mal de s’organiser en sociétés, et cela permet à Herman de dénoncer les dérives des nôtres, ici l’abus de pouvoirs d’adjoints du shérif et la peur de l’étranger. Question dessin, Hermann perd en détail et en précision mais la couleur directe lui va toujours aussi bien avec un rendu très élégant. Le seul bémol vient du scénario qui laisse un peu sur sa faim… Mais peut-être le 29e tome donnera-t-il des réponses aux questions laissées en suspend.
Un peu avant la fortune. Scénario Jean-Claude Denis. Dessin Dupuy-Berberian. Collection Air Libre. Editions Dupuis.
Etienne vient d’apprendre qu’il a les 6 bons numéros du loto… Et cette nouvelle met ce jeune détective privé parisien dans un drôle d’état ! Après une soirée chez des amis, complètement saoul, il doit rentrer à pieds chez lui… Et le lendemain matin, il s’aperçoit qu’il n’a plus son portefeuille qui contenait, bien évidemment le billet gagnant. Mais bon est-ce si important ? D’autant que les galères vont commencer à s’accumuler… Sans parler de ses délires et de ses rêves.
Un peu avant la fortune est une tranche de vie contemporaine, celle d’un jeune homme malheureux qui n’a pas su garder la femme qu’il aimait et qui se pose pas mal de questions existentielles alors qu’il est à un tournant de sa vie. Le graphisme, avec ses ombrés comme dessinés au crayon de papier, s’adapte bien à cette histoire contemporaine qui flotte parfois dans une ambiance irréelle ou délirante. A noter que Dupuy et Berberian ont reçu cette année le grand prix de la ville d’Angoulême au 35e festival.
Aria Tome 30 : Renaissance. Scénario et Dessin Michel Weyland. Editions Dupuis.
Aria est repartie sur les routes. Envoyée en mission dans un autre pays pour voir s’il est possible de lier des relations commerciale elle tombe dans une société qui accorde peu de droits aux femmes. De plus, le peuple de ce pays s’est laissé abusé par un envahisseur sournois qui a pris peu à peu le pouvoir : les Trygires. Evidemment, cela ne convient pas à notre héroïne libre et féministe… Mais avant qu’elle ait pu remplir sa maison, elle est brûlée par la foudre. On réussit à la guérir mais, amnésique, elle est se prend pour la réincarnation de Sacrale, une guerrière morte en martyre il y a plus d’un siècle. Et si c’était vrai ?
Trentième album d’une série emblématique qui présente le combat d’une femme dans une société où le pouvoir appartient aux hommes. Ce nouvel opus n’est pas à proprement parler une renaissance mais la continuité d’une série assez attachante qui aborde de manière détournée des questions de société. A noter que l’album contient deux mini-récits, l’un sur la naissance d’Aria, l’autre sur sa rencontre avec les amazones.
Cupidon Tome 20 : Elles et moi. Scénario Cauvin. Dessin Malik. Editions Dupuis.
Le génie de l’amour est à nouveau sur la brèche avec son arc et ses flèches mais pas facile de conseiller un jeune qui a du mal à séduire les filles. Surtout qu’aujourd’hui, elles sont exigeantes. Le sourire est toujours au rendez vous avec des gags en une planche qui illustrent sur les mœurs amoureuses et les travers de notre société. Une valeur sure.
Nelson Tome 7 : Tête à claques. Scénario et Dessin Bertschy. Editions Dupuis.
Nouvelles facéties pour le diablotin orange Nelson qui n’en finit pas de faire tourner les humains en bourrique… Et les chiens par la même occasion car ses cibles préférées sont le jeune Julie et son chien Floyd. Paru en 2001 dans le quotidien francophone suisse la Matin, Nelson a séduit des millions de lecteurs et c’est mérité car les strips avec un humour bon enfant sont plutôt amusants et les situations bien vues.
La hache et le fusil : Editions Intégrale. Scénario Frippiat, Bissot et Servais. Dessins Servais. Editions Dupuis.
Robert a-t-il tué Marie-Astride ? Robert, issu d’une famille de vagabonds est bûcheron. Il s’est marié contre l’avis de sa mère avec une citadine un peu délurée et beaucoup plus âgé que lui. Mais après 10 ans de mariage, au cours desquelles les rapports entre les époux se sont dégradés, cette ancienne châtelaine de 70 ans disparaît. Robert l’a-t-il assassiné ? Il nie, est arrêté puis relâché, faute de preuve. Que s’est-il passé ? Est-il une victime ou un assassin ?
Partant d’un fait d’hiver qui a défrayé la chronique Frippiat, Bissot et Servais nous livrent ici un drame rural qui s’est joué sur plusieurs années. Reconstitution fidèle de ce qui a du se passer, ils nous entraînent dans les méandres de l’âme humaine. Une histoire somme toute sordide Superbement illustrée par Servais.
Dans les villages Tome 7 : La déroute des synapses. Scénario et Dessin Max Cabanes. Collection Expresso. Editions Dupuis.
Dzino suit, à distance, le professeur Wom et P'tit Louis jusqu'à Bézié. Mais à pied, cela fait du chemin. Arrivé dans la ville il se met en planque derrière un monument pour surveiller Wom et ses acolytes, et là une rencontre va changer son destin : une femelle du nom de Bibie, infirmière, le reconnaît et se jette dans ses bras. Il semblerait que Dzino et elle furent amants dans le passé et qu’ils aient même une fille. Mais Dzino n'en a aucun souvenir... Est -ce qu’il rêve cela, se trouve-t-il pris dans un complot lui qui ne se rappelle pas cette Bibie ?? Mais il y aussi cette quête qui se poursuit pour le "la" original que le professeur Wom et son collègue essaye de retrouver.
Pour tout vous avouer, je n’avais jamais lu le début de cette série. En ouvrant cet album j’avais un peu peur d’être perdu. Mais à ma grande surprise j’ai tout de suite été happé dans cet univers original, où se côtoie une foule de protagonistes de différentes races.
L’intrigue est très bien menée et même en ne connaissant pas la quête principale de Wom, on est pris au piège et on dévore ce tome à toute vitesse. Le dessin de Cabanes est toujours aussi réussi et frise la perfection.
La seule chose à faire si comme moi vous commencez par ce septième tome, c’est de vite allez vous procurer le début de la série. Par contre, je pense que les connaisseurs retrouveront avec bonheur l’univers délirant de cet excellent auteur complet.
Plunk : 100% pure Plunk. Scénario Letzer. Dessin Cromheecke. Editions Dupuis
Qui est ce fameux Plunk. En fait c’est une sorte d’extra-terrestre rose, avec un nez en trompette, un entonnoir sur la tête, un bermuda vert et des pieds énormes. Cette BD est donc centrée sur ce personnage et est composée de gag en une planche. C’est assez drôle même si on l’impression de déjà vu dans d’autres albums. Les auteurs nous proposent un humour absurde qui joue sur la méconnaissance de Plunk avec ce nouvel univers qu’il côtoie. C’est sympathique, plutôt formaté pour les plus jeunes car il n’y a pas de textes. Toute cette Plunkerie se laisse ma foi très facilement lire.
Les années ventoline. Scénario et Dessin Farid Boudjellal. Editions Futuropolis.
Les aventures de Petit Polio se poursuivent… Le jeune Mahmoud a bien grandit mais il souffre d’une nouvelle affection ; l’asthme, un véritable calvaire au quotidien. Seulement dans les années 70 arrive le médicament miracle : la ventoline ! Mais cela ne suffira pas, il sera envoyé à Nice dans une clinique spécialisée dans la lutte contre les maladies respiratoires et y passera son adolescence avec de nouveaux copains. Farid Boudjellal poursuit avec tendresse l’enfance de Mahmoud. Là, il est question d’adolescence et des premières expériences… Un récit toujours aussi juste et touchant
Voleur de poules. Scénario Roger Knobelspiess. Dessin Lounis Chabane. Editions Carabas.
Dans les années soixante, un jeune garçons vit dans une famille nombreuse de huit enfants, élevés par leur mère Gaby et leur beau-père Tonton. Tonton est un homme avec de grandes convictions, et qui a donc décidé de ne pas se mettre au service des patrons. Toute la famille vit donc dans la pauvreté et essaye de survivre tant bien que mal. Une solution pour nourrir la famille, le braconnage et le vol dans les fermes alentours. Mais lorsque l’on est équipé d’une vieille camionnette, alors chaque vol de vient une expédition dangereuse. Cette histoire complète est en deux parties car après avoir appris de leur beau père, les enfants devenus grands vont eux aussi tomber dans la cambriole.
Cette histoire est simple et efficace. On y rencontre des gens vrais, fort de caractère et on se prend rapidement à les apprécier. Knobelspiess adapte avec Chabane, un de ses romans et on sent le vécu de chaque situation. Le dessinateur co-scénariste quant à lui donne un trait assez sombre et des ambiances pesantes, en particulier lors des scènes de vols.
Cet album ne rentrera peut être pas dans les annales de la BD mais il est vraiment bien réalisé et agréable à lire. Ne boudez pas votre plaisir et plongez dans le vol de poules organisé.
Poker : Tout ce qu’il faut savoir. Textes Florent Lepeyre. Illustration Jean-Paul Krassinsky et Pol. Editions Carabas.
Vous n’avez pas pu passer à côté de cette mode. On en parle pertout, toutes les chaînes de télé passent des tournois, il y a une multitude de sites internet qui se sont créés, il y a même une chaîne du cable qui est entièrement réservée à ce jeu. Vous avez compris de quoi je parle : Du Poker bien sûr.
La BD devait bien sûr ne pas être en reste de cette mode. Carabas livre ici un album qui n’est pas tout à fait un album de BD. C’est un cours sur toutes les règles de bases du jeu du Poker mais aussi sur toutes les subtilités et les tactiques à adoptées pur pouvoir devenir un bon joueur.
Toutes les pages sont illustrées par des dessins plus ou moins drôles de différents jeunes auteurs.
La lecture de cet ouvrage intéressera sûrement les fans du jeu mais les fans de BD seront totalement frustrés. On se lasse très vite et rapidement l’auteur se lance dans des explications qui dépasseront totalement les néophytes et que malheureusement peu d’illustrations viendront judicieusement égayer. Cet ouvrage est réservé à tous les fans du Poker ou à ceux qui veulent en apprendre plus, mais simples bédéphiles avertis vous pouvez passer votre chemin.
La douce. Scénario Loïc Dauvillier. Dessin Mikhaël Allouche. Editions Carabas.
Un prêteur sur gages profite des déboires politiques de la Russie du 19ème. Il rachète très peu cher des objets personnels. Il remarque un jour une demoiselle qui vient régulièrement lui céder des effets personnels. Ce petit jeu l’intrigue et un jour il découvre que cette jeune femme cherche à éviter le mariage de force que veut lui faire subir sa famille. Il lui propose alors de venir vivre avec lui afin d’échapper à l’homme à qui elle est promise. Dès lors ils feront tourner la boutique ensemble, mais bien vite la cupidité du prêteur sera confrontée à la générosité de sa protégée. Les sentiments les plus forts vont alors se succéder, se mélanger pour arriver à …
Pour connaître la fin de cette histoire je ne vous dirai qu’une chose, lisez cette BD. Vous ne le regretterez pas. L’histoire est tirée d’une nouvelle de Dostoïevski et Dauvillier la mets vraiment bien en scène. Le dessin de Allouche est original, très stylisé. On pense même parfois au détour des planches à des tableaux. Il faut aussi précisé que cette édition est vraiment très belle, luxueuse, comme l’est tout le reste de cette collection dans laquelle Dauvillier avait d’ailleurs adapté un autre romancier russe prestigieux (Gogol dans le portrait).Ce one shot est vraiment très beau, agréable à lire. Ne passez pas à coté.
25 janvier 2008
QUELQUES ALBUMS DE FEVRIER 2008
COUP DE COEUR
Effleurés. Scénario
Isabelle Bothian. Dessin Sylvain Limousi. Editions Dargaud.
Dans une
entreprise, un jeune chef de service plutôt sérieux, s’éprend de Fleur, une
stagiaire de son âge, un peu hippies sur les bords. Séduit par la personnalité
de la jeune fille, il tombe vraiment amoureux. Il faut dire qu’elle est tout ce
qu’il n’ose pas être : spontanée, impulsive, insouciante, fantasque. Elle
met de l’imprévu et du piment dans sa vie un peu trop sage, elle lui apporte de
la fantaisie… Et le jeune homme se prend au jeu. Mais deux personnes si
différentes pourront-elles former un couple qui dure ? Effleurés est une
belle chronique amoureuse toute en finesse et en fraîcheur. Le dessin fait
penser aux mangas avec un trait fin et minimaliste et des couleurs assez
légères. Sylvain Limousi, le dessinateur, reconnaît être influencé par
l’animation japonaise. Il vit d’ailleurs en Chine et son trait est
indéniablement marqué par l’Asie. L’ensemble est séduisant et un brin poétique.
Une vraie surprise drôle, amère et savoureuse.
Naja la
mercenaire infiltrée dans une organisation criminelle est en prison ou plus
exactement au goulag. Lors d’une mission en Russie, elle a été reconnue comme
combattante Tchétchène et çà ne pardonne pas ! Cette fois- ci elle semble
vraiment en mauvaise posture entre les conditions de détention et les brimades
de ses geôliers. Pendant que son patron essaie de la sortir de là, les russes
lui proposent de devenir agent double… Suite des aventures politico criminelles
d’Insiders avec un scénario qui peut sembler un peu complexe mais qui s’appuie
sur les rouages de la politique internationale et de l’espionnage.
Toujours à
bord du vaisseau K, les 5 enfants mutants révèlent peu à peu leurs incroyables
dons. Le « K » est brusquement attiré par la gravité de la planète Eyrolia et à
bord aucune commande ne répond ! Sous la lumière de 2 soleils, Urlik et Ash Ka
reprennent conscience sur cette planète qui a tout du Paradis. Soudain ils sont
attaqués par des guerriers en qui la télépathe ne détecte aucune pensée ! Même
le « K », devenu un immense combattant d'acier, ne peut rien face au Seigneur
de cette planète aux mille illusions. Son nom sonne comme un parfum de
récurrence dans le space opéra Kookaburra, il est : le Gardien Maître de
Terradoes ! ... "Terradoes", encore et toujours, il ne peut pas y
avoir de hasard ! Ouah ! Quel beau dessin. C’est vrai que les planches de
Ramos sont magnifiques et on se délecte de chaque case. Mais le scénario est
assez complexe et il est très difficile de suivre les aventures de ces jeunes héros.
On se perd rapidement dans ce vaisseau en perdition. Dommage que le talent de
Ramos ne soit pas utilisé de meilleure façon dans une première collaboration
avec la BD Franco-belge.
L’œil était dans la tombe.
Scénario et Dessin Christian De Metter. Editions Casterman.
Fils d’un
célèbre coureur automobile, Patrick Vaille est un chef d’entreprise comblé. Sa
femme est enceinte, il a une bande de copain et assez d’argent pour faire ce
qu’il veut, notamment participer aux 24h du Mans, la seule course que son père
n’a jamais gagné. Seulement un jour, il découvre que quelqu’un fait chanter sa
femme. Le maître chanteur détiendrait des photos prouvant que le père de
Patrick était pédophile. Le jeune homme décide d’éliminer la menace en tuant
celui qui veut salir son père. Christian De Metter explore ici le thème de la
culpabilité et nous entraîne dans les difficiles rapports psychologiques entre
un homme et son père. Une exploration angoissante et sordide en forme de
descente aux enfers soutenue par un dessin en couleurs directes toujours aussi
bien maîtrisé.
Le
commissaire Malone est sur les traces d’un tueur redoutable qui a décidé de
faire payer ses employeurs qui l’ont trahis. Mais il tombe amoureux de la femme
d’un journaliste qu’il a tué et se rapproche d’elle pour la protéger. Faux pas
est l’adaptation d’un roman policier de Michel Rio. Il met en scène le
charismatique commissaire Malone mais en fait celui-ci apparaît très peu.
L’histoire est centrée sur le tueur, froid, calculateur, philosophe et ambiguë.
Car après tout, même si ses méthodes sont radicales, il protège une femme et sa
fille. Une belle histoire axée sur la psychologie des personnages avec de
magnifiques planches. A découvrir.
La dame du
lac vient annoncer au roi Arthur que le royaume de Bretagne est de nouveau en
danger. En effet, un objet de magie se trouve au cœur de la forêt et pourrait
mettre en péril le royaume si il venait à tomber entre de mauvaises mains.
Arthur envoie donc deux de ses chevaliers les plus valeureux, Karadoc et
Perceval, retrouver cet objet. Au même moment les vikings débarquent à la
recherche eux aussi d’un objet magique qui pour sa part se trouverait au fond
de la cave d’unne taverne. Y aurait-il un rapport entre ces deux objets tant
convoités ?
L’envolée sauvage Tome
2 : Les autours des palombes. Scénario Laurent Galandon. Dessin Arno
Monin. Collection Angle de vue. Editions Bamboo.
Simon est
un jeune garçon qui adore les oiseaux. Il a même un talent caché, il arrive à
leur parler et donc les dompter. Mais la vie de cet enfant est bouleversée, car
on est en 1941 et que Simon est Juif. Il est donc traqué par les Allemands. Il
est recueilli par un homme bourru, Firmin, qui va utiliser le talent du garçon,
afin de mettre en place une transmission d’informations par pigeons voyageurs.
Simon entre alors de plein pied dans la résistance. Mais malgré l’interdiction
de Firmin, le garçon va se rendre sur le lieu d’un attentat, et se faire
prendre. Il est déporté dans un camp mais la chance lui sourit peut-être enfin,
car le général qui s’occupe du camp élève des rapaces et cherche quelqu’un pour
s’occuper de ses petits protégés.
Valentin
Petitbon est un illusionniste qui fut un expert des salles de jeu. Un jour il
est engagé par une société d’assurance afin de démasquer un joueur
professionnel Ykos sur lequel pèsent beaucoup de soupçons de triche. Lors de
leur première rencontre les deux joueurs vous se prendre d’amitié. Mais devenir
ami avec Ykos, c’est dangereux car il est la cible de nombreux attentats. Ykos
tente alors de trouver un arrangement avec Nemo, le grand patron de la
compagnie d’assurance. Valentin découvre alors son employeur qui se révèle
encore plus étrange et mystérieux qu’Ykos. Il va petit à petit découvrir qui
sont les deux hommes et quels liens les lient.
Cothias est
un grand scénariste qui nous a offert de grandes séries telles que « Les 7
vies de l’épervier », « Les eaux de Mortelune », « Plume au
vent » ou « Le vent des dieux ». Mais je dois dire que ce
nouveau scénario est beaucoup moins bon. L’histoire et surtout les révélations
sont complètement abracadabrantes et les évènements que subit Valentin sont
tellement gros que l’on ne peut pas y croire. Cette série aurait pu nous
fasciné, mais en fin de compte elle nous laisse un peu dubitatif et très déçu.
Cette
fois-ci Mister Président décide d’attaquer l’Irak pour y exporter la démocratie
et le clown Ronie Mac Donald. Mais lorsqu’il débarque dans le pays, il est
kidnappé… Pas panique, la cavalerie arrive en la personne de son père… Il n’y a
bien que lui qui pourra le sortir de ce guêpier ! Clarke continue à
revisiter avec humour les frasques de la famille Bush dans un anti-américanisme
au premier degré. Cette fois-ci, il se lance dans une histoire complète qui
s’inspire évidemment de l’histoire récente et ou Mister Président apparaît plus
capricieux et ridicule que jamais.
Affaire de
famille… Ric Hochet voudrait bien revoir sa mère. Il apprend que celle-ci est
journaliste et qu’elle a été enlevée en Irak. Elle semble détenue par le
bourreau, un vieil ennemi de Ric... A moins que ce ne soit par les frères
Basberg, deux impitoyables mercenaires… Suite et fin du diptyque commencé avec
le tome 73 « On tue au théâtre ce soir » qui voyait le retour du
bourreau. Une intrigue qui ne vous lâche pas une minute tant elle joue sur les
rebondissements. Du coup, le côté retrouvailles familiales passe un peu au
second plan. En revanche, notre héros se montre sous un mauvais jour, énervé de
ne pas arriver à contrôler la situation… On s’y perd un peu parfois mais comme
le chat, l’histoire arrive à retomber sur ses pattes. Un bon album pour les
fans de Ric Hochet.
Au début du
14e siècle, un jeune homme amnésique du nom de Guilhem vit en pleine forêt avec
un vieux guérisseur. Le garçon semble avoir des dons prodigieux... Un peu trop
miraculeux au goût des hommes de l’Inquisition qui cherchent encore les
survivants de l’hérésie Cathare et notamment ceux que l’on nomme les parfait.
Mêlant l’histoire au fantastique et au spirituel, Makyo nous entraîne dans une
nouvelle série sur un chemin qu’il connaît un peu puisque les cathares et les
Parfaits étaient au cœur de l’intrigue du 3e cycle de Balade au bout du monde.
Mais ici retour aux sources puisque nous sommes au 14e siècle, au temps des
bûcher et de la chasse aux hérétiques. L’intrigue reste classique dans ce tome
d’introduction avec un mystérieux chevalier, un amnésique très convoité et des
méchants inquisiteurs… Bref, il faut
attendre la suite pour savoir si l’on va vraiment accrocher à la série.
Nelson
Lobster est un aventurier qui a passé un pacte avec la mort. Elle lui laisse le
temps de d’écrire ses mémoires avant de venir le prendre. Seulement, c’est un
marché de dupe et Nelson n’est pas pressé. Il faut dire qu’il a vécu tellement
d’aventures que cela prend pas mal de temps. Evidemment, la mort s’impatiente…
Elle aimerait rompre le contrat et envoie ses sbires se saisir de Nelson.
Pendant ce temps, celui-ci voguant vers
de nouvelles aventures en compagnie d’une charmante jeune femme raconte comment
il a sauvé une princesse prisonnière sur une île où deux peuples s’entretuaient
depuis des siècles, sans même plus savoir pourquoi.
Il y a du
Baron de Munchausen, du Sinbad le marin et du Gulliver dans ce Nelson
Lobster ! S’inspirant de ces glorieux classiques de l’aventure, Corbeyran
nous propose des contes agréables à lire, des rencontres improbables et
extravagantes qui se transforment en fables. Quant au dessin, on peut être
surpris par les couleurs informatiques qui donnent un ton un peu artificiel à
un graphisme qui lorgne parfois vers le crayonné et qui ne s’embarrasse pas de
détails. Une série pour les nostalgiques des contes extravagants avec comme
personnage un aventurier vieillissant assez attachant.
Aristocrate,
escrimeuse et détective… Revoilà la jeune Tiffany pour une seconde enquête. A
son décès, un vieux militaire centenaire et irascible, lègue toute sa fortune à
un hypothétique petit fils. Peu de temps avant sa mort, il aurait découvert que
son fils pilote, mort pendant la guerre aurait eu un enfant. Est-ce un coup
monté ou cet héritier existe-t-il ? Tiffany est chargée d’enquêter pour
retrouver la trace du petit-fils prodigue mais la piste est jalonnée de
cadavres. Un scénario toujours aussi léger, un peu trop parfois et un dessin
assez élégant pour une comédie policière qui n’est pas dénué de charme.
Comédie d’amour. Scénario
Brigitte Luciani. Dessin Colonel Moutarde. Hors Collection. Editions Delcourt.
Après une
rupture, la jeune et facétieuse Jade déménage dans un appartement sous les
toits de Paris. Le miaulement d’un chat égaré sur le toit lui fera rencontrer
son voisin dans des conditions acrobatiques. Gwen, c’est son nom - lui propose
une place de baby sitter pour un riche et bel homme d’affaire. C’est une
aubaine pour Jade, qui est actrice et surtout au chômage. Dans les bras de qui
va-t-elle tomber ? Le narrateur de l’histoire, la voix off en a bien une
idée mais Jade ne veut pas le laisser faire. Très vite un dialogue amusant
s’installe entre l’héroïne et le narrateur par phylactère interposé. Et oui, la
fille de papier sort de la case pour malmener l’histoire. L’équipe de
« L’espace d’un soir » revient pour renverser une nouvelle fois les
codes de la BD. Ici le personnage prend le pas sur le narrateur… C’est original
et amusant. Comédie d’amour est une chronique parisienne moderne pleine de fantaisie,
d’humour avec un dessin plein d’un charme désuet. Un album frais et léger.
Le grand jeu Tome 1 :
Ultima Thule. Scénario Jean-Pierre Pécau. Dessin Léo Pilipovic. Collection
Néopolis. Editions Delcourt.
La guerre
en Europe de l'Ouest est terminée depuis 1941. Le dirigeable Charles De Gaulle
disparaît sans laisser de trace lors d'un vol où il inaugure une route passant
tout près du Pôle Nord. Le journaliste reporter Nestor Serge est rappelé
d'urgence à Paris par la direction de France Soir pour couvrir l'opération de
sauvetage. Mais ce qui intéresse son patron, c'est sans doute ses anciennes
aptitudes de pilote de chasse, et sa mission est en fait mandatée par l'armée,
car la disparition du Charles De Gaulle est très surprenante. Alors qu'il pense
à des récits de science fiction tout juste bons pour une feuille de chou,
Nestor va découvrir au cours de son périple que la réalité dépasse souvent la
fiction. Ce premier tome donne vraiment l’eau à la bouche. Pécau plante le
décor de cette uchronie (l’histoire revisitée). En fait dans ce premier tome on
retrouve de tous les styles : Polar, historique, du fantastique, de
l’aventure et de l’action. Le dessin de Pilipovic colle très bien avec ce style
de récit et les couleurs sont parfaitement choisies. Bien sûr ce premier volume
n’est que la mise en place d’une histoire que l’on espère déjà dense et épique.
A suivre donc avec impatience.
Juif allemand
et Prix Nobel de chimie en 1918, Fritz Haber fut aussi un savant nationaliste
et belliciste, un sinistre acteur de la Première Guerre mondiale en tant
qu’inventeur du gaz moutarde notamment. Dans le deuxième tome de sa biographie,
on découvre l’ascension de Haber aux plus hautes responsabilités, de 1908 à
1914, mais aussi sa surprenante amitié avec l’antimilitariste Albert Einstein
ou le sioniste Haïm Weizmann, futur président de l’Etat d’Israël.
Vandermeulen
écrit une ambitieuse biographie très documentée,
complète et instructive sans chercher le divertissement. Toutefois cette BD est
un peu difficile d’accès. Le traitement graphique est original. Toutes les
planches sont en aquarelle de couleur sépia et tous les textes sont inscrits en
bas des cases ou sur des petites cases noires. Tout ceci donne l’impression de
voir un film du début du XXème siècle. Cette série est une réussite mais elle
intéressera vraiment les connaisseurs et les fanas d’histoire.
Renart est
un être méchant qui se sert de son intelligence et surtout de la bêtise des
autres pour obtenir ce qu’il veut. L’histoire du puits en est un bon exemple.
Un soir alors qu’il erre afin de trouver sa pitance, Renart entre dans un
monastère sachant que les moines ne sont jamais en manque de nourriture. Après
avoir occis deux ou trois poules afin de se sustenter, l’affreux goupil veut
étancher sa soif. Le seul point d’eau qu’il trouve est le puits dans la cour.
En se penchant trop vers l’avant il y tombe et se retrouve coincé au fond. Son
salut viendra d’Ysengrin le loup qui lui aussi cherche de la nourriture. Renart
va devoir trouver un stratagème pour que son ennemi lui fasse confiance et lui
vienne en aide.
Ce
classique de la littérature est magnifiquement mis en dessins par Martin. Les
ambiances d’hiver sont superbes et les personnages très drôles. Mathis au
scénario a évité le piège classique de l’adaptation d’un roman. En effet, il
n’y a jamais des pavés du texte original à lire et pourtant toutes les
aventures et les comportements des personnages collent au plus près de
l’histoire du XIIème siècle.
Pink Diary
c’est la vie d’un groupe de jeunes adultes avec les difficultés, les amours
inavoués et toutes les disputes qui émaillent l’amitié de ce groupe d’amis.
Dans ce tome Sachiko tombe dans le coma par manque de force. En effet, elle est
devenue anorexique suite au manque de reconnaissance de Tommy, le garçon
qu’elle aime. Tommy pour se racheter va essayer de prendre contact avec la mère
de Sachiko afin qu’elle renoue contact avec sa fille. De son côté Sophia a
préparé un repas romantique pour tenter de rapprocher son ami Keï et Kyioko.
Vont-ils enfin se déclarer leur flamme ?
Pink Diary
est un manga comportant tous les codes du genre. Mais ce que cette série a de
particulier c’est que son auteur est française et réside dans notre pays. Jenny
nous livre un Shojo (Manga pour jeune fille) dans la grande tradition japonaise
et y réussit plutôt bien. Le rythme du manga est le même tout comme le dessin
et la construction narrative. C’est donc une bonne BD réservée tout de même à
un public d’adolescente, qui y retrouveront des sentiments de mal être de
trahison, de joies et de bonheurs que connaissent toutes demoiselles de cet
âge.
François
Merlot est un journaliste sillonnant le monde à la recherche des origines des
grandes chansons comme «My Way » ou « Besame Mucho » afin
d’écrire un ouvrage. Il se trouve en ce moment à New York pour rencontrer H.G.
Slatters, le génial créateur de la chanson mondialement connue « Happy
Living ». Lors de leur conversation, le musicien lui avoue un scoop :
il n’est pas le vrai créateur du succès qui a fait sa fortune. En effet lors
d’une soirée entre musiciens, il a entendu un de ses amis jouer l’air de ce qui
allait devenir « Happy Living » et comme ce dernier, alcool aidant,
ne s’en souvenait pas le lendemain, Slatters en a profité et le lui volé. Afin
de se racheter, il va demander à Merlot d’enquêter et de retrouver la trace de
Tréviso, le véritable compositeur de la chanson culte. Une plongée dans le
monde du Jazz américain voilà se que nous offre Götting dans cet ouvrage. Mais
ce n’est pas tout. Son héros sillonne différentes villes des USA et on voit la
vie au jour le jour de certains protagonistes qu’il croise. On lit avec plaisir
cet album, qui est magnifiquement mis en images. Le trait simple de l’auteur
est vraiment mis en valeur par des nuances de gris et des textures qui donnent
une grande originalité à chaque planche. Un bon album comme on en trouve
souvent dans la collection Mirages de Delcourt Pour l’anecdote, même si vous ne
connaissez pas Götting vous avez déjà surement vu un de ses dessins. En effet,
il est l’auteur des couvertures de la série Harry Potter en France.
Jacques est
un petit lézard mais un petit lézard géant. En fait un jour qu’il se promenait,
un petit varan reçut sur la tête une minibombe conçue par des militaires
voulant poursuivre leurs essais atomiques en toute discrétion. Résultat
inattendu : Jacques a grandi pour arriver à la taille immense d’1m30, il
est intelligent, parle et marche sur deux pattes. Jusque là rien de plus normal…
Sauf peut-être que Jacques, pour un lézard c’est un peu inhabituel. Jacques,
affamé, part donc en ville terrorisant sans le vouloir la population. Un petit
lézard géant qui vous demande poliment son chemin, on en croise pas tous les
jours. Quiproquos, gags et incongruité en tout genre, les aventures de Jacques
sont des plus farfelus et c’est ce qui les rend évidemment amusantes.
L’occasion de découvrir en album une série parue en 2004 dans le journal de
Spirou.
Les
infirmières sévissent toujours. Il faut dire que les sujets et les gags sont
inépuisables dans le milieu hospitalier. Entre les progrès des techniques, les
grèves et les pathologies diverses et variées Cauvin n’a que l’embarras du
choix. Un classique de l’humour avec en fond de vrais problèmes de
société.
Sac à
puces, c’est le chien de la famille, une famille de 6 enfants dans laquelle les
journées sont plutôt animées. Surtout que Maman attend un septième. Cette série
est une chronique familiale dont le 7 premiers tomes sont déjà parus dans la
collection tout publics. Ils ressortent donc dans la collection Punaise, pour
les + de 6 ans, ce qui est plutôt normal. Le 8e tome, Mamy Galette aborde
l’épineux problème de la vieillesse et de la mort avec tact et finesse. Sac à
puces est une série drôle, mignonne, enlevée, bref, de la bonne bd pour un
public jeune et familial.
La fille du Yukon Tome
3 : Eldoradores. Scénario Philippe Thirault. Dessin Sinisa Radovic.
Collection Empreintes. Editions Dupuis.
Bonnie, la
" Fille du Yukon ", est une jeune fille courageuse et sûre de ses
opinions. Elles est amoureuse de Taima un indien et elle fera tout ce qui en
son pouvoir pour qu’ils puissent s’unir. Mais nous sommes en 1917 et son jeune
fiancé va devoir partir prêter mains fortes aux troupes américaines dans les
tranchées européennes.
Dans le
même temps on va découvrir le passé douloureux de la jeune demoiselle grâce au
récit de Robert son père adoptif. Délaissée dès sa naissance par son père,
Bonnie va vivre avec sa mère, ou tout du moins survivre. Mais Robert sera là
pour les aider et ensemble, ils pourront ouvrir un claim afin de prospecter le
métal le plus rechercher du monde.
London Calling Deuxième Partie.
Récit Sylvain Runberg. Dessin Phicil. Editions
Futuropolis.
Au début
des années 90, Thibault et Alex, deux jeunes français ont trouvé leur
Eldorado : la Grande Bretagne, patrie des Beatles. Seulement s’expatrier
n’est pas une mince affaire et, sur place, ils vont de désillusion en
désillusion en passant par des galères pas possibles. Ils se retrouvent à
squatter des appartements vides pour se loger, chercher des petits boulots et
se retrouvent mêler à des affaires plutôt louches sur fond de terrorisme de
l’IRA et de trafic de drogue. Bref, la Grande Bretagne, c’est pas forcément le
paradis et la société anglaise qu’ils découvrent n’est pas la plus juste ou la
plus facile à vivre. London Calling c’est évidemment le titre d’une chanson des
clash une fois qu’ils ont répondu à cet appel des sirènes londonienne nos deux
héros hésitent à entamer une autre chanson des clash ; « Should I
stay or should I go ». Car à mesure qu’ils s’acharnent à vouloir rester en
Angleterre leur situation empire… Un regard assez réaliste sur l’Angleterre d’après
Thatcher pour ceux qui se faisaient encore des illusions.
L’orgue de Barbarie.
Textes de Nicolas de Crécy et de Raphaël Meltz. Dessins Nicolas de Crécy.
Editions Futuropolis.
Gustave et
son fils Steve sont à la rue. Gustave a de grandes ambitions et se voit à la
tête d’une grande multinationale. Avec le peu de finances qu’il leur reste, il
décide d’acheter un vieux magasin à l’abandon en plein milieu d’un lieu
désertique. Il se lance alors dans la vente de fruits et légumes frais. Steve
le laisse faire sans rechigner même si il comprend que cette initiative est
vouée à l’échec. Il va trouver du réconfort auprès de Bénédicte une très grosse
jeune fille travaillant à Prothèseland, la fabrique de membres de substitution.
C’est
justement de nouvelles jambes qu’attend avec impatience Le Truand, qui n’a
qu’un seul souhait, de nouveau pouvoir marcher avec aux pieds la superbe paire
de chaussures dont la boite ne le quitte jamais.
En rangeant
son magasin, Gustave va un jour découvrir une sorte d’orgue de barbarie couplé
à une paire de lunettes qui changera alors toute sa vision du monde.
L’univers
de De Crécy est amusant, fantasque, délirant voire parfois absurde. On retrouve
toutes ces ambiances dans cet album. Attention toutefois, ce n’est pas un album
de BD que Futuropolis édite, mais le scénario d’un long métrage que doit
réaliser De crécy. Bien entendu toute l’histoire est illustrée par les travaux
de recherches de l‘auteur dont de superbes crayonnés en noir et blanc. Alors
pour tout vous dire, lorsque j’ai lu ce livre j’étais totalement plongé dans
l’histoire mais j’ai hésité avant de la lire jusqu’au bout car je perdais alors
toute surprise lors, je l’espère, de la future vision du film.
Il était une fois. Scénario et
Dessin Minikim et Pop. Collection Les petits chats carrés. Editions Carabas.
Le second
album commence plus tristement. Le héros est Martin, un manchot, clown dans un
cirque. Mais il n’aime pas son métier car il est le souffre douleur de son
partenaire et pendant tout son numéro il reçoit des dizaines de gâteaux en
pleine figure. Martin espère avoir un jour la revanche qu’il mérite. Ces deux petites
BD sont très agréable à lire. Les dessins sont bien sûr adaptés pour les plus
petits et les couleurs sont douces et lumineuses.
Jean
Poldonsky est un être humain râleur, misanthrope qui erre dans les rues
parisiennes sans dessein ni envie. Un jour sur les quais de la Seine, il croise
un étrange savant, Dagerlöff. Ils ont en
commun une obsession de la mort et le génie lui explique alors sa théorie du
voyage dans la "causalité". Et si l’homme parvenait à se projeter
dans le temps par celle-ci. S’il était capable de voir le devenir de chaque
chose au moment où l’on pose son regard dessus ? Poldonsky, involontairement,
va se retrouvé embarquer dans cet étrange voyage. Depuis qu’il peut voir
l’avenir de chaque chose et chaque personne, la vie de Poldonsky devient de
plus en plus difficile. En effet, il ne croise plus des humains mais leur
squelette, car il les voit déjà mort et cela va en s’aggravant de jour en jour.
03 janvier 2008
QUELQUES ALBUMS DE JANVIER 2008
La
compagnie des glaces Cycle 2 Cabaret Miki – Tome 4 : Big Blue. Adaptation
Dessin : Studio Jotim. Editions Dargaud.
L’adaptation par le studio Jotim d’une des plus grande saga de science
fiction se poursuit. La mécanique et bien rodée : il y a les scénariste
avec en tête Philippe Bonifay, le découpeur, Christian Rossi, puis les
dessinateurs qui se partagent personnages et éléments du décor. Bref, Jotim
c’est une équipe d’une quinzaine d’auteurs qui planchent sur l’œuvre de CJ
Arnaud. L’histoire est celle de Lie Rag, un glaciologue qui part en lutte
contre le pouvoir et les préjugés dans un monde de glace dans lequel les hommes
vivent sous des dômes. Et entre les villes, la seule façon de voyager est le
train. UDans ce monde les Roux, des êtres mieux adaptés au froid, sont réduits
en esclavage par les humains. Lien s’éprend de Yeuse, une femelle des roux. Ils
ont un fils, Jdrien. Alors que sa femme et son fils sont aux mains des Sibériens,
Lien réussit à gagner la compagnie panaméricaine pour travailler sur le
« Big Tube », un projet de tunnel colossal. Mais de toutes façons
vous connaissez l’histoire… Non ? Dépêchez-vous de vous procurer le tome 1 pour découvrir
l’une des plus grande série de la SF.
Afin de
réaliser ses pratiques alchimistes ancestrales, le peuple Ghyveldien a
longtemps épuisé les ressources naturelles des planètes de la confédération de
Calande. Les peuples opprimés se sont révoltés sous la bannière des druidesses
du Greenworld, une religion respectueuse de l'équilibre naturel. Les Cebyllins,
de gigantesques créatures élevées au rang de divinités et vénérées par les
druidesses, sont apparus à la surface des planètes. Leur pouvoir est immense,
car ils contrôlent les Kalums, des êtres qui vivent dans les spectres de
couleur de chaque chose dans l'univers. Mais l'apparition des Cebyllins a
fortement contrarié les projets du peuple Zeride, qui visé la création d'un
sur-être capable de prédire les moindres détails de l'avenir.les Zeride et les
Ghyveldiens vont donc pactiser pour récupérer ce que le Greenworld leur a volé
: le pouvoir. Complexe, c’est assurément ce que l’on se dit lorsqu’on lit cet
album. On se perd rapidement dans les différentes races et les différents
enjeux de chacunes d’entre-elles. C’est dommage que le scénario soit un peu
trop flou car le dessin est très bien réalisé et l’ambiance space-opéra très
bien rendu. Un second tome plus simple ainsi qu’une relecture de ce premier opus
permettrait j’en suis sûr de nous faire découvrir une très bonne série de SF.
Que n’as t on pas écrit sur le héros d’Hugo Pratt. Là, l’hommage est pour
le moins délicieux puisqu’il s’agit de véritables recettes de cuisine inspirés
des voyages de Corto avec quelques visuels d’Hugo Pratt. L’auteur est un
spécialiste de Pratt, historien et passionné de Corto –il a déjà signé trois
ouvrages sur lui- mais aussi fin gourmet. Il nous propose donc des recettes
originales du monde entier à déguster en connaisseur, sans oublier les vins
pour accompagner. On sait que Corto Maltese aime les bonnes choses et qu’il ne
se refuse pas un cigarillo ou un verre de vieux rhum… Il ne bouderait
certainement pas ces plats comme le curry de légumes au lait de coco, ragout de
Tolède, salade marine au Xeres ou Fricassé de langouste au rhum. Un livre à
déguster donc, idéal pour trouver le menu de votre prochain diner entre amis
sur le thème de la BD.
Une main
humaine a été trouvée par un concierge dans une poubelle parisienne, mais
depuis cette macabre découverte, personne n’a jamais remis la main... sur cette
main ! Proviendrait-elle des expériences du docteur Chou qui, en diffusant ses
élixirs et du picrate-qui-se-laisse-boire, fait des expériences de clonage sur
les Parisiens au cœur même de leur ville où Adèle Blanc-Sec n’en finit pas
d’avoir à ses trousses des candidats pour lui faire passer l’arme à gauche ?...
Depuis la
mort de Pratt, Casterman réédite petit à petit l’intégrale de l’oeuvre de cet
immense auteur. Ernie Pike est une série sous forme d’histoires courtes, toutes
racontant une petite histoire se passant lors de la seconde guerre mondiale.
Des petites aventures humaines ayant pour cadre les plus grandes batailles de
cette grande guerre, c’est ce que vous pourrez trouver dans ce cinquième tome.
Le style graphique de Pratt n’est pas encore celui de Corto mais on sent tout
de même la force du trait qui caractérise l’ensemble de son travail. Cette
série est très peu connue mais elle ravira tous les fans du maître mais aussi
tous ce qui aiment les aventures se déroulant lors de cette période noire de
l’histoire mondiale.
En 200 avant Jésus Christ, la Chine est contrôlée par l’Empereur Quin
(Chinn), un tyran génial qui a unifié les provinces du pays mais avec des
méthodes radicales. Bref, il se comportait comme un despote. Il a notamment fait
fermer les écoles d’art martiaux et fait détruire tous les livres. Dans
cette Chine où il vaut mieux ne pas se faire remarquer, deux jeunes amis, « Sagesse
éternelle » et « Muscle flamboyant » se voient confier par un
intellectuel en fuite des livres écrits sur des bambous. Leur mission :
les cacher. Evidemment ils auront maille à partir avec l’armée de l’Empereur
ainsi que trois grand-mères expertes en Kung Fu envoyés pour les tuer. Humour,
aventure et art martiaux avec un zest de vérité historique. C’est enlevé, marrant
et instructif sans se prendre au sérieux… Et en plus c’est une histoire
complète. A découvrir.
Cosmic
Patrouille Tome 1. Scénario et Dessin Mauricet. Collection Humour. Editions
Bamboo.
La Tarentule, Nulk, Super Marcel, Docteur Etrange… Ils sont tous là, tous
les super-héros de l’univers Marvell et DC Comics, tous revisités à la sauce
Mauricet. Cosmic Patrouille, ce sont des gags en une planche mettant en boîte
tous les super-héros de notre enfance. Pour les fans de comics et de parodies.
Sergent Mastock Tome 1 : Le
péril roux. Scénario Bétaucourt. Dessin Hennebaut. Editions Bamboo
Le sergent
Mastock est envoyé sur une île du Pacifique sud avec sa section Z, des Marines
super entraînés qui ne devraient faire qu’une bouchée de ces maudits Japs! Leur
mission, atteindre un camps de prisonniers made in USA localisé au centre de
l’île et libérer des pauvres Marines qui sont privés de chewing-gum et de cola
« made in américa » Mais les hommes n’ont pas le moral car un nouveau vient
d’arriver dans la section. Jim O’Hara, il est sympa... mais il est roux ! Et ça
porte malheur ! Bison Malin, un indien Navajo qui connaît le secret des plantes
propose bien une teinture pour cheveux à O’Hara, histoire d’éloigner le mauvais
œil et de rendre ses cheveux plus soyeux, mais rien n’y fait ! Il faudra toute
l’audace et l’ingéniosité du sergent Mastock, de ses hommes et du bon
chewing-gum américain pour venir à bout des japs et libérer les défenseurs du
monde libre.
Vous
l’aurez bien compris cet album est une satire de nos amis d’outre-atlantique
dans leurs lutte contre l’axe du mal de l’époque, pour un monde juste et
démocratique. Rien n’est épargné à nos marines, tous les clichés sur l’Amérique
sont revisités sans oublier d’évoquer, avec une note d’humour sarcastique, les
actes de barbaries qui sont perpétués durant les conflits armés. C’est très
drôle et bien dessiné, c’est donc un album à découvrir sauf bien sur si vous
êtes un pro américain convaincu alors là cette BD vous fera dresser les cheveux
sur la tête.
Dans un
petit bar en plein milieu du désert du fin fond des états unis, Deux hommes
cagoulés entrent et braquent immédiatement les consommateurs et les employés.
Mais parmi les clients se trouvent deux flics qui essayent d’empêcher le
braquage. S’ensuit une fusillade qui verra plusieurs blessés graves. L’un
d’entre eux se nomme Alex Dopek Naga, mais malgré les balles qu’il a reçu il se
rétablit très vite. Il est en effet constitué d’un ADN hors du commun. Dès lors
il va être poursuivit par un laboratoire pharmaceutique qui voit en lui un
potentiel énorme pour faire des bénéfices mais aussi par les services secrets.
Les
aventures de Alex Dopek continuent. Bruno Rocco est maintenant seul aux
commandes et il s’en sort plutôt bien. Le récit est rythmé et très agréable à
lire. Les scènes d’actions sont très bien découpées. Le trait réaliste de
l’auteur est parfait pour ce style d’histoire.
Alexandre
le grand est mort et son ancien général Ptolémée règne sur l'Egypte. Il est
grec tout comme la nouvelle administration royale. Les prêtres d'Amon ont gardé
tout le pouvoir sur Thèbes, la grande et riche cité du Sud. La mort du grand
prêtre d'Amon, le père d'Hotep, fait de celui-ci le Grand Prophète d'Amon. Cet
évènement coïncide avec l'arrivée de Demias, le nouveau nomarque (responsable
de la province dit nome) grec qui entend bien piller le nome pour assouvir ses
ambitions politiques. Il quadruple les impôts. Comme Hotep proteste, ce dernier
est promptement emprisonné et condamné à mort. Il ne doit sa survie qu'à un
mystérieux papyrus que Demias veut à tout prix et que seul Hotep peut retrouver
dans les archives du temple. Il ne reste alors plus qu'un seul espoir pour la
famille d'Hotep : en appeler directement à la justice de Ptolémée et convaincre
celui-ci de la duplicité de son envoyé...
Vuillemin
le créateur de la ligne crade en opposition à la ligne claire est de retour
dans une compilation de dessins de presse. En effet ce recueil regroupe une
sélection de dessin que l’artiste a réalisé pour les pages emploi du journal
Libération. Il illustre des articles toujours de sa façon trash avec des
dessins toujours très bien sentis et très drôles et caustiques. Parution dans
un journal oblige, tous les dessins sont en noir et blanc et il faut bien
l’avouer cela nuit un peu au travail de Vuillemin, ses illustrations ont en
effet beaucoup plus de force en couleurs.
Marre d’entendre les autres se plaindre ? Ce livre est pour vous…
Car vous pouvez leur offrir ! Des tranches de vie en une demie, ou deux
planches pour positiver et relativiser ses baisses de moral. On ne parle pas
ici de la dépression qui est une véritable maladie mais des déprimes passagères
et de plans galères que nous réserve le quotidien. Bref, en lisant cela on
s’aperçoit qu’on déprime alors qu’on a tout pour être heureux… Et ce n’est
qu’un des paradoxes de notre société dans laquelle on consomme beaucoup trop
d’anti-dépresseurs, parfois pour rien.
On entend
partout dire que le mariage est le plus beau jour de la vie d’un couple, mais
est-ce vraiment le cas ? Cet album va vous apporter la preuve que lorsque
vous dîtes oui à un prétendant ou en demandant la main de votre promise vous
vous engagez dans une succession de doutes, de choix à faire, d’engueulades à
propos de l’invitation de tata Germaine, etc.
Elias est
un guerrier cruel qui un jour a croisé la route de Melchior un sorcier qui le
vaincra. Ce dernier va alors lui lancer un sort et à partir de ce moment là
leurs visages vont être inversés. Dès lors Elias poursuivra Melchior afin de
retrouver son visage. Dans ce troisième tome Elias et ses compagnons se
retrouvent dans les galeries souterraines de la cité dirigée par Melchior et de
cet endroit ils vont essayer de vaincre le sorcier dictateur. Mais pour cela
ils vont d’abord devoir se battre contre le peuple souterrain des Woloofs.
L’andalouse
est une femme pirate respectée par les hommes de son équipage. Ils sont à la
recherche d’un trésor et ils arrivent sur une île étrange. Sur cette île vit le
peuple des Diw, des hommes loups, qui protègent un arbre énorme qui semble être
vivant. L’andalouse va être mise en garde des dangers de ce lieu par une petite
fille recueillie par un homme loup et qui va voir en la belle pirate une
nouvelle maman. Mais bien sûr l’île n’est pas le seul danger, la trahison de
ses propres hommes va peut être causer la perte de l’Andalouse.
Une
histoire de pirates supplémentaires, que nenni. Corgiat écrit un scénario
original mêlant la piraterie et l’héroïc fantasy. Le coté pirate suit les codes
classiques de ce type de récit mais en y ajoutant une aventure irréelle la
scénariste apporte vraiment de la nouveauté à ce genre d’histoire. Le dessin de
Pécout est tout en finesse et vraiment bien maîtrisé.
La mercenaire Carmen Mac Callum repart dans l’espace pour assister à
l’éclosion d’une nation indépendante, celle des EGM, les êtres génétiquement
modifiés qui se sont rebellés contre les humains, leurs créateurs. Ils
revendiquent de meilleures conditions de travail, une retraite mais surtout un
vrai statut. Mais les grandes firmes ne l’entendent pas de cette oreille et un
véritable piège se met en place contre Carmen et ses compagnons. Suite et fin
de la trilogie de Carmen consacrée aux EGM, des être développés par les humains
avec des capacités spécifiques pour faire le sale boulot dans des conditions
extrêmes comme dans l’espace. C’est une forme d’esclavage futuriste. Avec une
scénario qui s’appuie sur une dérive de la science, Duval nous raconte une
histoire vieille comme le monde : celle de la prise de conscience d’un
peuple exploité et de la révolution qui s’en suit. C’est bien fait, efficace et
les ingrédients action, politique et sentiments prennent bien. De plus en plus
humaine, Carmen n’en ressortira pas indemne, psychologiquement et physiquement.
Après tout elle exerce un métier dangereux. Et c’est bien de temps en temps de
voir les héros malmenés. Un bon album donc.
Arctica
Tome 1 : Dix mille ans sous la glace. Scénario Daniel Pecqueur. Dessin
Boyan Kovacevic. Collection Neopolis. Ediions Delcourt.
Dakota est un homme brisé. Ce pilote d’avion hors pair, un peu casse
coup, a perdu sa petite fille, contaminée par un déchet radioactif tombé d’un
satellite. Depuis, il est devenu une sorte de mercenaire qui consacre sa vie à
la dépollution de l’espace en traquant les satellites obsolètes qui menacent de
tomber sur terre. Mais pour le moment, réchauffement de la planète oblige, il
détruit des icebergs dérivant qui représentent des menaces pour les bateaux. Et
après en avoir détruit un, il repère dans l’eau un cylindre mystérieux. Il le
récupère et découvre que ce très vieil artefact renferme un enfant aux pouvoirs prodigieux. Le moins qu’on puisse dire,
c’est que cette nouvelle série de Pequeur commence bien. Avec en toile de fond
le problème du réchauffement climatique et de la pollution de l’espace, il
monte ici un scénario intriguant au possible mettant en scène un héros
baroudeur classique, mais attachant, aux prise avec un enfant surgit du passé…
Avec cette énigme on reste évidemment sur sa faim car l’album se lit vite.
Plutôt bon signe, non ?
Le sourire du clown Tome 2. Récit de
Luc Brunschwig. Dessin Laurent Hirn. Editions Futuropolis.
Suite
à un nouvel assassinat perpétré sur la personne de Rachid Ben Raïs et la
tentative d'arrestation du jeune Djin, la cité des "Hauts Vents"
connaît un regain de tension. Des barricades sont dressées par des jeunes
casseurs pour interdire tout accès aux forces de l'ordre. Dans ce contexte brûlant,
le nouveau curé, le père Desternod, fait usage de son influence pour organiser
le ravitaillement et la cohésion d'une population hétéroclite perturbée par les
évènements. Par ailleurs, l'homme d'église semble nourrir une certaine
animosité envers le jeune Djin dont le cas intéresse beaucoup de monde.
Attention,
série choc ! Encore une fois Brunschwig et Hirn créée une série qui vous
tiendra en haleine de bout en bout, avec un scénario parfaitement maîtrisé et
un dessin précis et détaillé. En effet, les deux auteurs nous avaient déjà
scotchés avec la série « Le pouvoir des innocents » et ce sourire du
clown est en passe de faire la même chose. Brunschwig développe petit à petit
son intrigue et la psychologie des différents personnages. Cette série nous
marque aussi car elle fait écho aux évènements qu’à subit la France en 2005. On
a l’impression que le scénariste avait prédit ce qui pouvait arriver.
13 décembre 2007
QUELQUES ALBUMS DE DECEMBRE 2007
XIII Tome 18 : La version
irlandaise. Scénario Jean Van Hamme. Dessin Jean Giraud. Editions Dargaud.
XIII Tome 19 : Le dernier
round. Scénario Jean Van Hamme. Dessin William Vance. Editions Dargaud.
Voulez-vous
savoir qui est XIII… Et bien ne comptez pas sur nous pour tout vous révéler.
Vous avez attendu 23 ans pour les révélations finales, alors il vous faudra
lire les deux derniers tomes de la série sortis simultanément. Et c’est un
évènement, car La version irlandaise, dont l’action se déroule avant l’amnésie
du héro, est dessiné par Giraud qui délaisse Blueberry le temps d’un album.
C’est évidemment deux géants de la bd qui s’associent pour la fin d’une des
plus grandes saga du 9e art, même si les puristes pensent que 5
tomes auraient suffit. Van Hamme excelle dans La version irlandaise avec un
scénario qui réserve des surprises et Giraud s’en sort honnêtement, bien qu’on
ne le sente pas forcément dans son élément avec une histoire contemporaine. Le
dernier round quant à lui solde les comptes de XIII… Un peu comme quand on
organise un pot de départ et qu’on range son bureau avant de quitter une boîte…
Van Hamme répond à toutes les questions laissées en suspend et offre un album
apothéose riche et rythmé. Voilà, ce fut une belle aventure de plus de 20 ans…
Une partie de notre vie. Alors merci aux auteurs.
Ancien
sous-lieutenant, ancien bagnard, Alan Thomas est devenu un véritable aventurier
dans la Cochinchine du début du XXe siècle. En se liant d’amitié avec un autre
français, un dénommé Jonquière, il est notamment tombé sous le charme de sa
fille adoptive, la gracieuse Meï-lin. Après moult mésaventures, Alan est
parvenu à libérer cette dernière des griffes du diabolique Duranton, trafiquant
d’armes milliardaire et mégalomane. En compagnie de la jeune femme, il s’est
enfoncé dans les terres, vers la mythique et secrète cité de Luang-Jaya,
recelant mille richesses. Il profite du voyage pour apprendre à Maï-Lin ses
origines princières : de son vrai nom Kim Vang, elle est la fille d’un officier
français, Armand du Poissy, et de la princesse Vang-Pâ, d’une noble dynastie.
Pendant ce temps, Duranton manœuvre plus que jamais pour accroître son poids
dans les affaires économiques et politiques du pays. Il magouille également
avec le sulfureux et cruel Phan Tanh San, régent de la cour d’Annam et chef
occulte d’une véritable armée de pirates et de brigands. L’objectif est de
pister Meï-Lin et Alan Thomas, pour ensuite piller les richesses de Luang-Jaya…
Jason est
un guerrier brave et courageux près à sauver la moindre princesse en danger
mais il faut dire qu’il est facilité dans sa tâche par l’amulette magique que
lui à confié à sa mort son grand père, en effet elle lui permet d’être
invincible.
Damien
Louvel a très peu connu son père, un homme froid et égoïste. Le jeune homme
s’est en effet exilé aux Etats-Unis à la mort de sa mère et n’avait plus de
contact avec lui. Et voilà qu’il doit rentrer en France car son père est mort
dans un accident de voiture dans le sud du pays. A son retour, il va de
surprises en surprises car son père avait non seulement vendu de
précieuses collections d’ouvrages auxquels il tenait mais aussi acheté à
Gordes, la maison du peintre chagall. Dans la cave, Damien découvrira des
livres sur l’ésotérisme et la religion. Son père était sur la piste d’un texte
écrit par le Christ lui-même. Mais ce genre de relique est très convoitée et
des tueurs ne tardent pas à faire leur apparition… Ainsi qu’une jeune
journaliste en mal de scoop. Le Chagall Code… Entre le Triangle secret et le Da
Vinci code, sans oublier le testament de Judas (Daniel Easterman), il est
aujourd’hui à la mode de revisiter l’histoire biblique. Alors, un de
trop ? Non, car lorsqu’on aime les mystères et les énigmes historiques on
ne compte pas. On accroche au scénario et on a envie de découvrir la clé de
l’énigme. Le testament des siècles est un roman sorti en 2003. L’adaptation BD
est plutôt prometteuse, l’histoire étant solide. Le dessin, qui tend vers le
réalisme, est déjà correct et il s’affirmera certainement dans les prochains
tomes. Bref, si vous n’êtes pas lassé de ce type de récit, c’est du tout
bon !
D’autres aventures d’Arthur Tome
1 : Scénario Patrick Weber. Dessin Fabrice Meddour. Editions Soleil
Miniaturisé,
Arthur parcours le sous-sol du jardin de son grand-père où vivent les Minimoys.
Avec la troublante Sélénia et le joyeux Bétamèche, il est toujours à la
recherche d’un trésor qui permettrait de sauver la propriété de l’avidité d’un
promoteur immobilier. Evidemment, au pays des Minimoys, M le Maudit, le méchant
de l’histoire, ne voit pas cette quête d’un bon œil. Troisième épisode en
dessin pour le film d’animation de Besson qui permet de retrouver l’aventure
originale sur un support adapté. Bref, sympa pour ceux qui ont aimé le
film.
Et puis si
vous souhaitez continuer l’aventure, d’autres histoires inédites d’Arthur vous
sont proposées par Soleil. Il s’agit de récits courts en quelques planches qui
mettent en scène les Minimoys et leurs facéties. Une nouvelle série plutôt
réservée pour un jeune public.
Parlons de
l’Amérique ! Et oui, Tom Sawer c’est l’Amérique, l’aventure, les grands
espaces, le Mississipi... Rien à dire sur le scénario : les romans de Mark
Twain sont des merveilles. Il y eut en 1876 les aventures de Tom Sawyer, les aventures de Huckleberry Finn en 1884, Tom Sawyer à travers le monde
en 1894 et Tom Sawyer détective
en 1896. Le personnage principal est un ado espiègle qui déteste l’école et ne
rêve que d’aventure. Et parfois cela le met dans les pires situations. Dans ce
second tome, Tom a été témoin d’un assassinat. Joe l’Indien l’a commis mais on
met le crime sur le compte de Muff, qui était trop soul pour se souvenir. Que
doivent faire Tom et ses amis ? Dire la vérité ? Une histoire fraîche
et indémodable qu’on retrouve avec plaisir en grand format avec un dessin qui
oscille entre réalisme et caricature, ce qui n’est pas sans rappeler des têtes
des personnages des dessins animés de notre enfance.
Gnomes de Troy. Scénario Arleston et
Dav. Dessin Tarquin. Editions Soleil.
Le monde de
Troy est célèbre pour les aventures de son héros légendaire Lanfeust. Mais il
n’a pas toujours été le sauveur de son monde. Petit il faisait les 400 coups
dans son village avec ses amis. Il tentait d’échapper à maître Nicolède pour ne
pas aller à l’école, essayait de voir les filles dévétues et surtout tentait de
découvrir le pouvoir que toute personne de Troy a en lui. Après le petit
Spirou, voila le petit Lanfeust. Arleston et Tarquin, les papas du grand
Lanfeust. Cet album est une succession de gags en une planche plus ou moins
drôle. Tarquin change de style graphique et dessine des personnages plus ronds
qu’à son habitude. Cet album est déjà sorti en 1995 mais cette nouvelle version
comporte 11 planches supplémentaires. Cette série dérivée est vraiment faite
pour plaire aux plus jeune fans de Lanfeust mais tout le monde pourra y trouver
du plaisir de lecture.
L’histoire
se passe au XIXe siècle, en Inde. Les troupes anglaises sont
installées dans tous le pays. Dans un endroit reculé du pays un petit état, le
Shasheshuur, est dirigé par le Maharadjah Lamuhker et ce dernier à un gros
problème à résoudre : les Anglais produisent de l’opium près de son fief
et ils veulent absolument passer par ses terres afin d’acheminer leur drogue.
Bien entendu, il en est hors de question et pour essayer d’empêcher les
britanniques de mettre leur projet à
exécution, le maharadjah va envoyer son Fakir Céhethudiehpur et son disciple
Tandori en éclaireurs pour voir ce que manigance les anglais. Après une
première altercation qui tourne en leur défaveur les deux héros vont trouver de
l’aide auprès d’un explorateur Français du nom de Jules Verne.
Comme vous
l’aurez compris en écoutant le résumé, Arleston à laisser libre cours à ses
jeux de mots les plus alambiqués dans cette série. Parfois même, il lui arrive
de créer une situation avec ses personnages afin de pouvoir introduire un jeu
de mots ou un gag. L’histoire est très agréable mais la fin est peut être un
peu facile. On rigole quand même tout au long de la lecture et ce grâce au
scénario mais aussi au dessin très réussi et parfaitement maîtrisé de Ridel. Un
bon album lisible à deux niveaux. A noter que ce volume est la réédition du
premier tome de la série qui était déjà parue au Lombard en 1993.
Cira, notre
héroïne, vit dans un quartier abandonné peuplé d’exclus. Elle travaille à la
protection d’une bande de jeunes qui tente de survivre par des vols sans
importance. Cira les couvre, ayant toujours démontré une grande habileté dans
l’art de l’escrime, son style pouvant ridiculiser n’importe quel garde de la
cité… Mais l’ambition de Cira est de pouvoir un jour faire partie de la
prestigieuse école d’escrime : L’école de la licorne. Malheureusement elle
ne peut prétendre à participer à la sélection d’entrée, ne faisant pas partie
d’une famille noble. Elle va tout de même essayer de pénétrer dans l’enceinte
afin de défier en duel la meilleure escrimeuse de l’école. Soleil sait toucher
son jeune public avec des BD d’action bien dessinées dans un style manga. Ces
deux épées en est un exemple flagrant. Le dessin est très bien maîtrisé et les
scènes de combats sont très dynamiques. Sur le point du scénario, on reste un
peu sur sa faim avec ce premier album, car on ne connaît que très peu les
personnages et leurs personnalités en refermant ce premier tome. Il va falloir
attendre la suite de l’aventure pour savoir si cette série ne sera pas un coup
d’épée dans l’eau.
César est
en guerre. Il essaie d’en finir avec les derniers fidèles de Pompée, et
notamment son fils, réfugié en Hispanie. Seulement les autochtones, les Ibères
font les frais de cette bataille entre romains. Alix débarque donc avec César qui
lui confie une ferme. Seulement, le cadeau est empoisonné : non seulement
elle se trouve sur la terre des Ibères mais en plus César y a caché un coffre
de pièces d’or. Alix a donc maille à partir avec les Ibères qui ne savent pas
avec quel camp s’allier pour survivre… Alix reste Alix, un classique de la BD
avec un dessin en ligne claire un peu figé et un découpage laissant peu de case
à chaque scène, tant l’histoire est pleine de rebondissements… Un peu trop
malheureusement car les thèmes et les scènes intéressantes défilent trop vite.
Pour les fans de bd historique.
Après avoir
reçu un colis destiné à son grand père, malheureusement disparu depuis cinq
années, Caroline Baldwin s’envole pour un long voyage vers le pays Inuit, dans
le Grand Nord Canadien. Là, dans la communauté d’Ivulvik, elle se trouver mêlée
à une histoire de famille sur laquelle vient se greffer une sombre affaire de
meurtres, le tout sur fond de catastrophe écologique. Tous les habitants du
village semblent en effet partager un secret et ils ne veulent surtout pas
qu’une étrangère mette son nez dans leurs affaires. Mais voila Caroline n’est
pas femme à se laisser commander et elle va essayer de comprendre se qui se
passe à l’endroit où vécu son aïeul. Taymans nous surprend en envoyant son
héroïne enquêter dans un lieu peu utilisé dans la BD, un village Inuit. Il nous
décrit avec exactitude la vie rude et isolée de ces hommes et femmes vivant
dans des conditions extrêmes. L’enquête de Caroline, plus personnelle qu’à
l’habitude est toujours aussi bien menée même si on reste un peu sur sa faim en
fermant l’album. Le dessin classique de Taymans est égal à lui-même précis et
abouti. On est toujours content de retrouver cette héroïne très humaine dont
cette nouvelle aventure ne vous décevra pas.
Paulot est
un petit escroc minable qui sévit à Paris dans les années 30. Un jour, il
rencontre Jeanne. C’est le coup de foudre. Il s’installe avec elle dans un
hôtel assez sordide. Mais Jeanne a un autre homme qui s’appelle aussi Paulot.
Et quand il revient il propose à Paulot des affaires bien plus sérieuses... De
vrais braquages. Mais le démon de la jalousie veille… Et évidemment,
inéluctablement, ça finira mal ! Suite et fin de cette trilogie noire qui
présente trois romans de Léo Malet moins connus que les Nestor Burma. Ce sont
trois descentes aux enfers poignantes de petits voyous qui peuvent se lire
séparément. Une bonne série dramatique.
Attention,
les fauves sont lâchés. Une horde d’hommes et de femmes vont vous harceler pour
essayer de vous vendre tout et n’importe quoi. Ils sont même capables de vous
vendre la montre que vous portez ou de vendre un réfrigérateur à une famille de
lapons.
Ryan est
arrivé à Darkham Vale avec son père pour venir habiter une maison léguée par un
oncle. Très vite il se retrouve au cœur d’une lutte entre deux clans de
monstres plus dangereux les uns que les autres. Ce cinquième album est la
conclusion de cette guerre. Les sbire de Karlach le destructeur ultime sont sur
le point de le réveiller afin qu’il reprenne le pouvoir sur le monde. Ryan va
devoir chercher en lui toute une force qu’il ne soupçonne pas encore pour
vaincre cet ennemi redoutable.
Afrika. Scénario et Dessin Hermann. Collection Signé. Editions Le
Lombard.
Dario
Ferrer est bien en Afrique. Cet homme taciturne, désabusé et sauvage semble
avoir trouvé un équilibre en protégeant les animaux des attaques des
braconniers. Il les protège parfois avec des méthodes peu orthodoxes et on
devine un lourd passé militaire et violent dont il traîne péniblement le poids.
Seulement, comme toujours, il y aura un grain de sable dans cette belle
mécanique… Un jeune journaliste lui demande de l’emmener faire un reportage sur
les braconniers. Ils se retrouveront au mauvais endroit, au mauvais moment,
mêlés à une guerre qui ne les concerne pas. Ils verront ce que personne
n’aurait du voir et deviendront des témoins gênants traqués dans la jungle par
des militaires. Coup de maître ! Avec ses sublimes paysages en couleurs
directes, Hermann nous envoie au cœur de l’Afrique, un continent fascinant et
dangereux pour une histoire forte où la sauvagerie ne vient pas forcément des
animaux. Un très bel album.
Les années
50 apportent leur lot de nouveautés auxquelles Fetid City ne peut échapper. Parmi
celles-ci, le rock’n’roll occupe tous les esprits puisque la ville accueille
Rudy Holly qui tourne en compagnie de Litchi Balenz connu pour son tube La
Pampa. Nombreux sont les habitants qui vaquent à leurs occupations en
n’attendant qu’une chose : l’heure du fameux concert. Alors, qu’il s’agisse de
croquer des champignons hallucinogènes, de préparer de la gelée à base de
méduses ou de réparer sa voiture… le quotidien prend ce jour une tournure
particulière. Délire à tous les étages dans cette série. Cornette se lâche et
nous livre une histoire chorale aux multiples idées loufoques. La grand-mère
centenaire mange des champignons hallucinogènes afin de retrouver l’esprit de
son défunt mari pour faire une virée en voiture, pendant que le père de famille
fabrique sa fameuse spécialité, la jelly à base de méduses. Constant utilise un
dessin très caricatural pour mettre en scène cette histoire et le tout est
vraiment très agréable à lire. Une série hors norme comme la collection
troisième degré nous en livre régulièrement. Si vous voulez trouver une
histoire de l’Amérique originale et inventive cette série est faite pour vous.
Le puzzle
est presque complet et le mystère s’éclaircit autour du Triomphe de Saint-Waldemar,
un tableau qui dépeint une scène en contradiction avec la réalité historique. Il
a été peint un an avant que l’événement qu’il représente n’ait lieu… L’expert
en peinture Adam Robak a mené l’enquête au péril de sa vie. En effet, les
descendants des personnages représentés sur le tableau sont tués d’un carreau
d’arbalète. L’affaire parait bien mystérieuse, mais en fin de compte, pas si
ésotérique ou surnaturelle que cela. Giroud montre ici une fois de plus
l’étendu de son talent en terminant en beauté cette histoire passionnante. Il a
su nous tenir en haleine et développe son intrigue savamment, ne laissant rien
au hasard… Si bien que tout s’éclaire, tout s’explique et on ne peut s’empêcher
d’admirer ce moment où toutes les pièces du puzzle s’imbriquent. Seul détail
incompréhensible : l’assassin demande à Adam de monter dans une Lada
verte… Et il grimpe dans une rouge… Peut-être est-il daltonien. L’expert est
vraiment une excellente histoire, bien menée, avec un dessin réaliste qui sert
le scénario.
Suite des
aventures de ce super héro un peu particulier qu’est le Captain Biceps. Dans
cette parodies composé de gags en ou
quelques planches, Biceps se retrouve confronté à des super-vilains redoutables
comme que « le maître des slips » dont le super pouvoir est de
commander aux fibres textiles. Il peut donc ordonner aux mailles des slips de
se resserrer sur ses victimes. En colonne, près de la planche de gag, quelques
dessins expliquent la genèse du super-vilain, en l’occurrence Robert qui
travaillait dans une manufacture de slips et qui a été irradié par un prototype
de slip en amiante. Sinon il y a « le bailleur » qui endort tout le
monde, « scotch-man » qui transporte un énorme rouleau sur le dos ou « rébus-man »
qui vous propose un ensemble de rébus sur une double page. C’est donc une bd
hors norme, interactive avec une mise en page inventive et ludique. Bref, c’est
génial !
Comme
toutes les fins d’années, une immense quantité d’agenda arrivent en librairie.
Amateurs de BD vous ne serez pas oubliés, en effet Glénat a pensé à vous. Un
agenda Humour vient de sortir. Chaque double page est ornée d’un gag en un
dessin tiré des différents albums humour de l’éditeur. On y retrouve donc des
gags de Blachon, Serre, Quino entre autre. Un ouvrage agréable pour pouvoir se
mettre de bonne humeur tous les jours de l’année.
Rien ne va
plus au pôle Nord. Les lutins qui fabriquent les jouets pour Noël sont en grève
et ils ont une liste énorme de revendication. Toute la famille Noël va devoir
trouver les solutions pour mettre fin au conflit. Mais ce n’est pas tout ce qui
arrive à cette famille exceptionnelle, en effet un 24 décembre Mère Noël se
retrouve avec son mari et son fils alités et ne pouvant pas assurer la
livraison annuelle. Elle va donc devoir trouver une solution de remplacement
pour que les enfants du monde entier ne soient pas déçus. Voilà le style de
gags que vous retrouverez dans cet album, aux histoires très inégales. Quelques
unes sont drôles mais beaucoup d’entre elles sont décevantes. Le point fort de
cette série reste le dessin de Bercovici, égal à lui-même et qui ne change pas
par rapport à celui qu’il utilise pour les femmes en blanc. Une déception donc
pour un album dont on attendait beaucoup au vu des deux grands auteurs de BD
comiques réunis pour l’occasion.
Québec
1978. Tandis que les parents suivent à la télévision l'actualité tragique du
Nicaragua qu'ils ont fui, les enfants et en particulier Maïlis reconstituent
dans leurs jeux une révolution de pacotille. Ils sont bien entendu bien loin de
se douter que quelques mois plus tard ils seront amenés à s'y confronter
réellement. Ce retour au Nicaragua sera le sujet du Tome 2.
Le grand mort Tome
1 : Larmes d’abeilles. Scénario Régis Loisel et Jean-Blaise Djian. Dessin
Vincent Mallié.
Rien de tel
qu’un petit séjour à la campagne pour préparer ses examens de fac. C’est ce
qu’à du se dire Pauline quand elle a accepté qu’une copine lui prête une maison
dans un coin perdu. Mais ça sent le plan galère : arrivée à la gare, la
deux chevaux laissée par son amie a du mal à démarrer. Heureusement Erwan, un
jeune métis du coin, l’aide et lui demande de le déposer chez lui. Ce qu’elle
fait. Mais au moment de repartir, plus d’essence. Malgré sa méfiance, elle
accepte l’hospitalité du jeune homme. Galère pour galère, le lendemain elle
décide de l’accompagner voir un ami spécialiste du « petit peuple »… Mais
bon, pour Pauline, ce ne sont que des légendes ! Le grand mort est une
très bonne surprise. L’héroïne, emmerdante au possible, est attachante,
fraîche, et l’histoire est prenante. Totalement hermétique au surnaturel, la
jeune femme va en effet se trouver
plonger dans un monde parallèle. Mais là, pas de troll ou de korrigans, juste
un peuple pacifique dont l’apparence bleue fait plutôt penser à des extra
terrestres. Les dessins de Mallié sont de toutes beauté et rappellent un peu
ceux de Loisel et les couleurs contribuent à donner une atmosphère fantastique
et poétique. Seul bémol : à la fin du tome on est vraiment sur sa faim, on
aurait aimé en lire plus ! C’est vraiment très bon signe non ?
Vous êtes
fan de la télé, vous ne pouvez vous passez de votre série préférée, vous ne
ratez jamais les émissions de découverte de nouveaux talents et vous courrez
acheter leurs albums dès la fin du programme, alors cette BD n’est pas faite
pour vous. En effet les auteurs parodient à tour de bras les classiques du
petit écran. Ce n’est pas seulement la télé réalité qui est égratignée dans
cette BD mais nombre d’émissions et de séries à succès. Je dis bien égratigné
car on peut peut-être reprocher aux auteurs de ne pas s’être lâchés
complètement. Les gags sont drôles mais on espérait que la télé grand public
souvent qualifiée de télé poubelle allait en prendre pour son grade et ne s’en
relèverait pas. Mais ce n’est pas le cas, mais ce sera peut-être pour le second
tome. Cette BD est tout de même d’une bonne qualité tant au niveau du dessin
que des gags. Une BD amusante, à lire lorsque vous en aurez marre de votre
petite lucarne.
Brüsli Tome 2 : Le
guerrier. Scénario Jean-Louis Fonteneau. Dessin J. Etienne. Editions Les
Humanoïdes Associés.
Le petit
Brüsli est intelligent mais il a un physique un peu particulier…. Bref, il a
une tête de dragon avec un nez aplati. Evidemment, il a vite remarqué qu’il était
différent et décide de découvrir ses origines. Ce qui n’est pas une mince
affaire. Car dans le pays les choses vont mal. Une bête terrorise la montagne,
des loups complotent autour d’une mine d’or… Mais Brüsli peut compter sur ces
amis, un peu extravagants pour l’aider à y voir plus clair. Il y a
Margot-pied-de-grue, la puce à grande gueule coiffée d’une perruque, et puis il
y a Dorette, gentille, blonde, mais un peu folle. Superbe… C’est drôle, frais,
enlevé, inventif… Le monde extravagant de Brüsli est très attachant avec son
village kitch de cartes postales de la forêt noire et les personnages
complètement loufoques. Bref, Brüsli n’a eu aucun mal à nous conquérir et
peut-être, avec son énergie, conquerra-t-il la planète. Pour le moment, il
contribue à la sauver, et c’est déjà pas mal. En effet, la fabrication de cet
album s’inscrit dans une logique de développement durable : du papier de
forêts gérées durablement, des encres sans solvant minéraux… Une démarche à
saluer
Franka est
une jeune demoiselle belle et dynamique. Au début de cette aventure elle est en
vacances au bord de la mer. Elle va venir en aide à une jeune styliste Laura,
qui après beaucoup de difficultés financières à forcé le destin pour enfin
avoir une chance de percer dans le milieu de la mode. En effet elle a réussi à
vendre l’idée de certains de ses modèles à une grande maison de couture. Laura
a donc besoin de faire des photos pour présenter ses créations. Au dernier
moment le mannequin qu’elle a engagé lui fait faux bond. Heureusement Franka
n’est pas loin et elle va la remplacer au pied levé. Mais la jalousie de la
directrice de la maison de mode est sans bornes et elle va tenter de mettre fin
à la vie de Laura. Bien entendu Franka sera là pour lui venir en aide. Cette
série est parue dans les années 90 en Hollande. Le dessin de Kuijpers est
stylisé mais fait un peu désuet. Le scénario se concentre sur l’action et
l’héroïne ne pourra se reposer qu’à la
dernière page de l’album. En effet l’intrigue va de rebondissement en
rebondissement sans pause dans le récit. Bien sur ce que vit Franka en deux ou
trois jours est complètement improbable mais on apprécie tout de même cette
aventure.
De cape et de crocs Tome
8 : Le maître d’armes. Scénario Alain Ayroles. Dessin Jean-Luc Masbou.
Collection Terres de légendes. Editions Delcourt.
Sur la face
cachée de la Lune, Don Lope, le loup, Armand, le renard et Eusèbe le lapin sont
à la recherche du fameux maître d’arme. Et ils se retrouvent nez à nez –euh
pardon surtout de pas employer ce vocable, car il est très susceptible- ils se
retrouvent face à face avec le maître d’arme qui n’est autre que Cyrano de
Bergerac, fin bretteur et excellent rimeur. La confrontation donne d’ailleurs
de savoureux duels en alexandrins. Mais l’escrimeur philosophe n’a pas vraiment
envie de revenir avec nos amis pour sauver le royaume de la lune des griffes du
prince jean… Un huitième tome toujours aussi savoureux qui se déguste sans
modération aussi bien pour les textes que pour les dessins.
Dans la
famille Neandertal, je voudrais Laghou, l’un des fils du chef du clan des ours.
Il est doué pour tailler les armes mais boîte légèrement ce qui fait de lui la
risée de ses frères chasseurs qui ne sont pas tendres avec lui. Un jour, le
chef de clan est tué par un bison. Avant de mourir, il demande à ses fils de le
venger. Laghou considéré comme un invalide, est relégué à la grotte avec les
femmes. Ses frères partent affronter le monstre… Mais la partie de chasse se
transforme en lutte de pouvoir puisque l’un des frères est tué par les autres.
Seulement Laghou, qui les avait suivi, a tout vu. Il décide de venger son père en
tuant le bison et de dénoncer ses frères. Seulement pour cela il lui faut le
cristal de chasse, une arme redoutable dont seule une tribu lointaine détient
le secret… Nouvelle saga préhistorique pour Emmanuel Roudier qui avec Vo’Houna
chez Soleil a pris goût à cette période historique fascinante et mystérieuse.
Longtemps considéré comme un ancêtre arriéré, l’homme de Neandertal est mieux
connu aujourd’hui. Il est même un peu réhabilité. Et oui, ce peuple enterrait
ses morts, chassait, fabriquait des outils. Il a vécu il y a 30 000 ans en
Europe et a été contemporain de notre ancêtre Cro-Magnon. Mais il a disparu
pour des raisons inconnues. Roudier imagine donc une histoire mais en s’étant
beaucoup documenté sur le sujet... Ce qui fait de cette série une saga
passionnante et instructive. Passée la surprise d’avoir de vrais dialogues
cohérents alors qu’on se serait attendu à des grognements, on entre
complètement dans l’aventure. D’ailleurs, les dernières découvertes montrent
que rien n’empêchait Neandertal d’avoir un langage.
Retour sur
l’île au trésor. Jim Hawkins et ses
compagnons de fortune du roman de Stevenson repartent quelques années après sur
l’Ile au Trésor. Car le terrible pirate, le Capitaine Flint, aurait caché sur
l’île un autre trésor encore plus important. C’est donc reparti pour l’aventure
et la flibuste avec en invités surprise un mystérieux commanditaire et un
féroce pirate, le Capitaine Jeckhide, fan inconditionnel de Flint. Pascal
Bertho a su intelligemment jouer avec ce classique de la littérature
d’aventure. On retrouve avec plaisir les héros de l’histoire un peu vieillis et
le scénario est très bien ficelé avec son lot de trahisons, de batailles, de
clin d’oeil à Stevenson, de surprises et rebondissement. Quant au dessin, le
style crayonné et les couleurs pastelles peuvent surprendre mais bon, en 62
pages, on finit par s’y faire.
Un pour
tous, tous pour un… Deuxième tome des aventures des trois mousquetaires dans la
collection ex-Libris. Le scénario est dont on ne peut plus fidèle au roman de
Dumas qui évoque la vie d’ D’Artagnan, un jeune gascon monté à Paris pour
entrer dans la compagnie des mousquetaires du roi. Avec trois mousquetaires,
Athos, Porhos et Aramis, il aura maille à partir avec les complots fomentés par
le cardinal de Richelieu et une certaine Milady contre la Reine. Un scénario
passionnant donc pour ceux qui aiment l’aventure et les histoires de cape et
d’épée. Quant au dessin, le trait est dynamique, caricatural et anguleux, les
couleurs vives. C’est donc enlevé et bien rythmé. Une réussite.
Iran 1883.
Une équipe d’archéologues met à jour un tombeau perse et y découvre une momie,
chose impossible normalement car contrairement aux égyptiens, les perses
n’embaumaient pas leurs morts. Depuis cette découverte un curieux individu
traque les découvreurs de la sépulture. Paris 2015. Un couple rentre du cinéma
et se fait agressé sur un parking. L’homme meurt sous les coups et les
lacérations de l’agresseur. La femme choquée rentre dans une grave catalepsie.
Franck, est chargé de l’enquête et rapidement tous les indices convergent vers
un suspect qu’il connaît bien : Freddy, un tueur qui utilise des griffes
pour tuer ses victimes. Ultra classique, c’est sans doute ce que vous vous
direz en refermant ce premier tome. L’intrigue est déjà vue mainte et mainte
fois que ce soit au cinéma où en BD. On ne peut qu’espérer que les deux tomes
suivants mettront un peu d’originalité dans tout cela. Bien sûr, l’album se lit
très facilement et est plutôt agréable mais l’impression de déjà-vu est très
présente. Il va falloir attendre la suite de cette aventure pour vraiment
pouvoir se faire une idée plus précise de la qualité de la série.
Trondheim
nous offre ici un album dont il a le secret. Cette BD est une succession de
gags en une planche. Chacune d’entre elles est une petite anecdote anodine au
départ qui lui est arrivé dans la vie de tous les jours. Ce qui fait la force
de chaque histoire est la réflexion qu’a eu Trondheim au moment ou elle se
produisait. On voit donc une succession de planches se déroulant tour à tour à
la plage, en Afrique du Sud, en Guadeloupe, à Bastia et se finissant par une
petite chute transformant les petits riens du quotidien en une anecdote
croustillante.
Orphelin né
dans les bas-fonds londoniens, Olivier se libère de familles d’accueil ignobles
pour intégrer malgré lui une bande de petits pickpockets, sous l’égide du
sulfureux Fagin. Or, dès sa première mission de terrain, il se fait chopper par
la police, alors qu’il ne faisait qu’observer ses aînés en exercice… Il passe
alors en jugement immédiat, devant un vieux juge acariâtre, lorsque soudain, la
chance lui sourit (enfin !). Primo, il est fiévreux et s’écroule à la barre, ce
qui joue plutôt en sa faveur. Secundo, un libraire témoigne et le disculpe
intégralement : il a tout vu de derrière sa vitrine, ce n’est pas lui. Le
plaignant, Mister Brownlow, un bourgeois au bon cœur, le recueille alors chez
lui et lui fait donner les meilleurs soins par sa gouvernante, Mme Bedwin.
Oliver reste plus d’une semaine à dormir et à se rétablir dans un vrai lit… ce
qui ne lui était jamais arrivé de sa vie ! Empli de bonnes intentions, il
propose alors son aide, notamment comme coursier. Cependant, dès sa première
sortie, il se perd dans les rues de Londres et retombe rapidement entre les
griffes des brigands. La collection Ex-libris est une collection d’adaptations
les plus fidèles de classiques de la littérature. Ce Oliver Twist est plutôt
une réussite. Malgré un dessin qui au premier abord nous parait un peu
maladroit et non abouti et qui en fin de compte donne un dynamisme énorme au
récit. Le scénariste reste très fidèle au texte original de Charles Dickens. Cette
série est donc une réussite qui deviendra à n’en pas douter une valeur sûre de
cette collection
Que vous soyez
un auteur désirant faire de la BD ou seulement un fan désirant mieux connaître
la façon de réaliser un album, cet ouvrage est fait pour vous. En 272 pages
Scott Mc Cloud vous aide à comprendre la construction d’un récit, le découpage
des planches et séquences, le choix des mots et des images adéquates, la
création de mondes variés et crédibles ainsi que la maîtrise du langage du
corps et des expressions faciales.
Cette BD
est tout de même assez pointue et seuls les connaisseurs y trouveront un grand
intérêt. Les lecteurs occasionnels de BD peuvent passer leur chemin mais pour
les autres cet ouvrage est indispensable et vient en complément du non moins
indispensable premier ouvrage de l’auteur L’art invisible.
Ainsi, le donjon que nous connaissions n’est plus, tombé
entre les mains du très procédurier Guillaume de la Cour.
Retour à
Champignac. Appelés en urgence par l’excentrique Comte de Champignac, Spirou et
Fantasio arrivent au château plutôt inquiets. Et il y a de quoi ! Le
bâtiment a été dévasté par une explosion ! Mais le Comte n’y prête guère
attention. Ce qui l’enthousiasme, c’est la découverte d’une crypte secrète
abritant la dépouille de son ancêtre et d’un sphinx vivant.
Quintett Dernier
Mouvement : La chute. Scénario Frank Giroud. Dessin Giancarlo Alessandrini. Collection Empreintes. Editions Dupuis.
16 ans se
sont écoulés depuis les événements qui se sont déroulés à Pavlos, une enclave
neutre du sud de la macédoine pendant la Première Guerre. Les 4 protagonistes
de l’histoire ont vécu sur la base des moments difficiles qui ont conduits à la
mort de plusieurs hommes. Amour, chantage, vengeance, cupidité… Les motifs de
ces événements dramatiques sont divers. Tous sont revenus de Pavlos marqué,
pour des raisons différentes. Voilà que 16 ans après, le lieutenant Méric, qui
vit à Berlin avec le jeune grec dont il était tombé amoureux, découvre dans une
brocante une malle contenant des lettres de cette époque. Elles montrent que
lui et les trois autres protagonistes de l’histoire étaient surveillés… Et ont
été manipulés. Par qui, pourquoi ? Il décide de mener l’enquête et de retrouver
les autres. Les pièces du puzzle
s’assemblent ! Frank Giroud montre une fois de plus qu’il maîtrise
parfaitement soin art et ce 5e tome, captivant nous présente les
événements de Pavlos sous un jour machiavélique inédit. Attendez-vous à des
surprises… Bref, cette génial série a pris sa place au Panthéon des séries
culte et je ne vous conseillerai de relire avant les 4 premiers tomes avant le
5e.
Y a pas à
dire, la période Franquin, c’était l’âge d’or de Spirou et Fantasio !
Cette intégrale reprend les histoires Le repaire de la murène, la Quick Super,
Les pirates du silence et Le gorille a bonne mine… Bref que du classique. Nous
sommes dans les années 50, les années de reconstruction de l’Europe qui panse
ses plaies après le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale. La science
progresse, comme souvent après une guerre et les innovations se
multiplient : nouveaux bolides, exploration des fonds sous-marins,
conquête de l’espace… Bref, la société est en pleine effervescence. Evidemment,
cela ne peut qu’inspirer Franquin qui plonge avec délectation son héro dans des
aventures high-tec pour l’époque ! A noter que, comme dans toutes les intégrales
Dupuis, des pages supplémentaires permettent de mieux comprendre les sources
d’inspiration de l’auteur. Une intégrale riche et instructive à un prix
raisonnable (16€).
Zappa et
Tika sont des élèves de la fameuse Secret Service Space School. Malgré leur
manque d’expérience et surtout leurs compétences très limitées, ils vont faire parti de l’équipe de 5 étudiants
chargés de sauver la vie de l’impérator, un dirigeant despotique usant des son
pouvoir pour obliger la terre à lui venir en aide. Sans le savoir la fine
équipe de sauveteurs va être réduite et injectée dans le corps de l’impérator
afin de tenter une guérison de l’intérieur. Bien sur on pense immédiatement au
film L’aventure intérieure et il est vrai que la situation de départ est la
même, mais cette aventure devient petit à petit plus délirante que sa grande
sœur. Les héros miniaturisés vont en effet pouvoir sortir de leur vaisseau et
rencontrer les habitants du corps de l’impérator, ce qui va entraîner des
situations cocasses.
Johanna est
perdue dans notre société de consommation qu’elle juge trop artificielle… Et
pour se retrouver, pour revenir à l’essentiel, elle part avec une association
rencontrer des chamans au Mexique. Au programme : dépaysement culturel et
absorbtion de plantes hallucinogènes. « Nos âmes sauvages » est donc la
chronique d’un choc des cultures. C’est évidemment aussi une critique de la
société et une quête initiatique instructive. Le livre sonne juste car Johanna ne
tombe pas dans les pièges de la caricature. Ici le chaman n’est pas idéalisé
dans un verbiage new ageux qui assure qu’eux ont tout compris et nous, rien.
Loin des clichés, elle partage son expérience, honnêtement avec humilité et un
brin de naïveté, mettant en parallèles son séjour au Mexique et sa vie à Paris.
Bref, elle ne s’agit pas de convaincre mais de raconter, tout simplement. Une
belle tranche de vie qui fait réfléchir.
Mancha, chevalier errant.
Récit et Dessin Cmax. Editions Fututopolis.
Mancha vit
au Mali. Un peu poète, un peu philosophe, il se donne l’image d’un mec cool
mais cache une terrible blessure du temps du génocide rawandais. Parfois
exubérant, souvent défoncé, Mancha est un personnage singulier sans attache,
qui prend la vie comme elle vient. Un jour, le coup de foudre ! Il croise
le regard d’une touriste espagnole et décide qu’elle sera sa reine. Seulement,
la belle s’est envolée vers la France. Sûr de son destin, Mancha se met en tête
de la rejoindre. Avec son inséparable ami Pancho, Mancha part sur les routes
difficiles de l’émigration clandestine, à bord d’un side-car de fortune, en
emportant une bonne provision de champignons hallucinogènes qui lui feront
prendre des moulins pour des monstres. Cervantès au Mali. Mancha est évidemment
une libre adaptation de Don Quichotte. Et la transposition sonne juste. Le
personnage de Mancha est savoureux, décalé et touchant, les situations sont
crédibles… Bref un très beau travail pour un album poignant.
Avril est
un jeune garçon de 13 ans qui a un hobby, le football. Malheureusement,
houspillé par les autres enfants de son âge, il ne peut assouvir sa passion. Le
lendemain de son anniversaire, se rendant au collège, il est pris à parti par
la bande à Max. Afin d'éviter ce dernier, il décide de faire l'école
buissonnière et fuit au parc aux statues pour s'adonner à son autre passion, le
dessin. Il y rencontre Charlotte et, à nouveau, Max et ses gorilles qui le
provoquent physiquement. C'est alors qu'un curieux homme massif vient à son
secours. Qui peut-il être et pourquoi s'ingénie-t-il à le poursuivre au point
de lui faire peur ? Ne serait-il pas possédé par quelque démon ? Iconoclaste,
voila le mot qui défini le mieux cette BD. Tout commence par une histoire
moderne et se poursuit dans un conte étrange. Avril est une BD hors norme aussi
bien au niveau du scénario que celui du dessin mais elle vaut vraiment le coup
d’être lue. La fin de ce premier tome nous laisse sur un suspens qui nous donne
envie de lire la suite même si tout dans l’histoire ne nous satisfait pas. On attend donc la suite pour savoir exactement
où veulent nous entraîner les auteurs afin par la suite de nous faire une idée
plus précise de l’intérêt de cette série.
Une
Assemblée nationale arborant sur son fronton la devise "Consommez pour
être heureux" ; des représentants de Coca Cola, Danone ou Microsoft
sur le banc des députés ; des citoyens forcés de consommer les produits
dont la marge est en baisse sous peine de se voir confisquer rien de moins
qu’un bras, un oeil ou une jambe... La société de 2042 dans laquelle vit Satya
ne donne pas franchement envie. Mais en tentant d’échapper à la police de la
consommation, la jeune femme tombe sur les Sous-Réalistes, un groupuscule
d’irréductibles qui ont osé taguer sur la façade d’une galerie marchande un
provocateur "non à la consommation !". Ensemble, ils vont
essayer de renverser le "Système".
22 novembre 2007
QUELQUES ALBUMS DE NOVEMBRE 2007
COUP DE COEUR
Djinn Tome 7 :
Pipitku. Scénario Jean Dufaux. Dessin Ana Mirallès. Editions Dargaud.
Sur le
continent africain, la révolte gronde au sein des tribus et l’insurrection
contre l’homme blanc n’est pas loin. A la tête de ce soulèvement, la déesse
Anaktu, qui n’est autre que Jade qui a été enlevée et droguée. Toujours accro à
la Djinn, les époux Nelson cherchent par tous les moyens à la retrouver. Lord
Nelson est fait prisonnier. Lady Nelson, elle, trouvera la mort dans sa quête…
Pipitku est un album clé dans le second cycle des aventures africaines de
Djinn. Après une mise en place de deux tomes, on entre pleinement dans
l’aventure. Le scénario de Dufaux se déploie, le dessin de Mirallès envoûte.
Djinn est vraiment une très bonne série qui sait retranscrire l’atmosphère
sensuelle et enivrante du continent Africain.
Et si on
faisait une petite pause dans les aventures de cape et d’épée du Scorpion ?
Illustré de main de maître par les dessins pleine page de Marini –dont certains
repris de tomes précédents ou de produits parabd comme des ex libris, le Procès
est un texte de Desberg qui met en scène un inquisiteur chargé d’instruire le
procès du Scorpion. Il interroge donc les principaux protagonistes de
l’histoire… Et cela nous apporte quelques éléments intéressant sur les origines
du personnage et les mystères qui entourent sa naissance. Un album pour les
fans en quête de révélations.
Il fallait
que cela arrive… A force de sortir des pensées trop profondes pour être
compréhensives du genre « être aware, c’est être à l’attention de savoir
que l’on existe », Jean-Claude Van Damme devient, malgré lui, le héro d’une
bd. Des gags en quelques cases illustrent quelques unes des inénarrables
maximes du Bruce Lee belge. Un album amusant qui ne devrait pas déplaire à Van
Damme qui depuis quelque temps joue beaucoup avec son image et s’autoparodie...
On ne
change pas une équipe qui gagne ! Le succès commercial de la série les
blondes continue, alors pourquoi pas un septième tome ? Comme d’habitude
les blagues classiques illustrées mettant en scène la blonde par excellence
avec un QI de sardine. Evidemment c’est plus facile pour les mettre en
boite. !
Le magasin général Tome
3 : Les hommes. Scénario et Dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp.
Editions Casterman.
La vie
s’écoule paisiblement dans le petit village de Notre-Dames-des-Lacs, au Québec.
Nous arrivons en mars et les hommes rentrent au village après l’hiver.
Seulement, ils ne savent pas que Serge Brouillet, un français tombé en panne au
début de l’hiver, est resté au village et qu’il en est devenu la coqueluche. Il
y a même ouvert un restaurant et invite à manger chaque famille à tour de rôle.
Mais ça va faire des étincelles car les hommes voient d’un mauvais œil qu’on
marche sur leurs platebandes ! Un troisième tome toujours aussi savoureux
qui réserve une surprise de taille des surprises.
Apprenti
reporter d’origine hongroise, Blémia Borowitz, alias Boro, est de retour à
Paris. Il a laissée à Berlin sa cousine Maryika Vremler, vedette en vogue pour
le cinéma allemand dans ces années 30, sur le tournage de son nouveau film. Il
a beau être amoureux d’elle, cela ne l’empêche pas de coucher avec la fille de
sa concierge, à l’insu de cette dernière, qui le recherche pour 4 mois de
loyers impayés. En journée, Boro travaille au labo photo de l’agence Fiffre,
mais les chambres noires ne le passionnent guère… Il attend impatiemment de
pouvoir couvrir son premier vrai reportage photo avec l’appareil moderne que
lui a offert Maryika. Ce souhait sera bientôt exhaussé : son patron passe le
prendre pour se rendre à l’hôtel Rothschild : on vient d’y assassiner le
président Paul Doumer ! Boro ignore encore que sur la toute première pellicule
qu’il a saisie involontairement en Allemagne dans la boutique du photographe,
figure un dénommé Adolph Hitler en train d’embrasser une dame !
1796. Baie
de Gibraltar. Le docteur Fenton, qui est toujours accusé de meurtre en
Angleterre, est chargé par l'Amirauté de mener une enquête à bord de la frégate
"La Perle", tout en faisant son travail de médecin de bord. En effet,
ce navire rentre d'une expédition dans l'Océan Indien et certains officiers
sont revenus étrangement enrichis de l’exploration alors qu’un meurtre étrange
a été perpétré à bord : le cadavre a été trouvé avec deux minuscules trous sur
le poignet et un pouce tranché…
Une île
tropicale où Conquistadors et Indiens se livrent une guerre sanglante. Une
terrible maladie qui ravage les deux camps. Le devenir de ce monde de feu et de
sang est aujourd’hui entre les mains de deux adolescents et d’une jeune fille !
Alors que Dathcino, le jeune voleur tombé dans les griffes du Capitaine des
Conquistadors, découvre l’horreur des camps d’expérimentation, son complice,
Hutatsu, erre au coeur de l’île, en quête d’une stratégie pour sauver son ami.
Au même instant, dans la cité Syyanas, la jeune Initsiii est prête à tout pour
venir en aide aux plus malades. Le destin est en marche pour ces trois
caractères hors du commun que la maladie
unira contre leur volonté !
A Rome en
1918, l’espion Victor Sackville prend contact avec John West, un spécialiste du
décryptage pour lui demander son aide pour casser les nouveaux codes de l’armée
allemande. Alors qu’il accepte la mission, West est arrêté par la police
italienne qui l’accuse de meurtre… Il s’agit bien évidemment d’un complot dont
Victor devra dénouer les fils rapidement. Le chiffre romain ravira les amateurs
d’espionnage avec une trame classique et des personnages parfois un peu figés
dans un trait fin et classique.
Capricorne,
l’astrologue détective est en pleine montagne à la recherche d’un mystérieux
engin. Il trouvera une tribu qui vit sur les plus haut sommet et surtout le
silence… Andréas est gonflé ! Capricorne 12 n’a pas de dessin de
couverture, juste une page blanche et surtout aucun dialogue. Bref on suit la
narration, sans avoir d’explication, uniquement par l’image… Evidemment, avec
Andréas, quelles images ! De superbes paysages, un découpage nickel et des
cadrages particuliers. Après tout, nous sommes en haute montagne, pas question
de faire trop de bruit pour ne pas déclencher une avalanche ! Un album
étrange et un rien envoûtant car le silence, ça fait du bien de temps en
temps !
Parti sur
les ordres du club des milliardaires aveugles chasser à contrecœur le
cryptozoïde, Woody Woodstock échoue sur l’Ile des Bienheureux en compagnie de
«Piège-à-Loups», un psychopathe décidé à éradiquer tous les garous. Manque de
chance, l’île en est pleine ! Un révérend de l’Ohio a converti les ânes au
culte de Balaam et l’arrivée d’un véritable démon n’est pas pour lui déplaire.
Heureusement que du temps où on l’appelait Pinocchio, Woody a déjà réussi à
s’échapper de l’île…
Frères de la côte Tome
1 : L’héritière de Mindanao. Scénario Sylvain Ricard. Dessin Yuio.
Collection Migration. Editions Caravelle.
Isham et
Abel sont deux pirates ratés qui ne cessent de rêver à l'exploit qui fera d'eux
les plus grands pirates que la mer de Chine ait portés... Après un abordage qui
tourne au véritable fiasco, les deux compères arrivent à échapper à l'exécution
qui leur était promise en emmenant avec eux un otage de marque : Pénélope de
Saint Sylla, la fille du plus gros armateur de la région avec l'espoir d'en
tirer une rançon à la mesure de leur ambition. Mais le gouverneur à qui la
belle était promise et Zhonglu, pirate cruel et rival, n'entendent pas laisser
nos "bras cassés " s'en tirer ainsi...
Le protocole du tueur Tome
1 : Le tueur à la ficelle. Scénario Convard. Dessin Falque. Editions
Glénat
Un
névropathe recherché par la police, après avoir tué trois prostituées, signe
ses crimes en liant les chevilles de ses victimes de deux tours de corde. Un
député-maire d’une paisible cité lorgnant sur un poste de ministre est au
centre de l’intrigue après la mort de sa jeune maîtresse. Petit détail qui
compte, les chevilles de la jeune femme ont été entourées quatre fois par la
corde. Le tueur n’aurait-il pas respecté son protocole ? C’est ce que devra
mettre en évidence Kélian un policier qui fera tout pour aider son ami le
maire.
Lou est une
jeune ado qui vit avec sa mère fan de jeux vidéo et son chat. Dans ce quatrième
tome, elle est partie en vacances avec ses amies dans la villa louée par les
parents de l’une d’elles. Dès leur arrivée les filles vont se lancer à la chasse
aux garçons. Pendant ce temps la mère de Lou fait un tour de France des
librairies pour promouvoir son roman de Science Fiction.
Un avion se
pose sur la base de Kecskemet en Hongrie, porteur d’une précieuse mallette.
Elle contient le switcher dont le courant phonique intense permettra de
résister aux assauts de ceux de l’Extérieur qui cherchent à envahir l’Europe.
Six mois plus tôt, au coeur du Nouveau Paris, BAPTISTE le fils de NEIGE
retrouve ANNE qui a mis au point le switcher. L’étrange TUE-LA-BISE conspire
avec le MAJOR, chef du parti contre-européen allié aux responsables
de l’Extérieur qui souhaitent transformer l’Europe en un dépotoir
nucléaire et chimique. Un nouveau cycle commence pour cette série qui semble
inépuisable. Si le scénario tient toujours la route, on regrettera que le
dessin de Giné soit un peu trop léger. En effet les planches sont assez fades,
avec peu de décors. Une déception alors que l’on connaît le talent de ce
dessinateur.
Thanatos Tome 1 : L’année sanglante. Scénario Didier Convard.
Dessin Jean-Yves Delitte. Editions Glénat.
1914. Alors
que Jaurès et ses amis députés pacifistes tentent de stopper la logique de
guerre qui se met en place, l’énigmatique Thanatos monte un complot pour
précipiter l’Europe dans le conflit. A la manière des feuilletonistes, Didier
Convard nous entraîne dans un scénario machiavélique à souhait. Son personnage
Thanatos nous fait évidemment penser au Fantômas d’Alain et Souvestre ou au Dr
Cornélius de Gustave Lerouge… Une sorte de super vilain diabolique bénéficiant
des dernières avancées de la science de l’époque. Il se grime, imite les voix,
dispose d’une aile volante… Bref, le Mal incarné. Un album vraiment
réjouissant.
Arrivé au
plus jeune âge dans les colonies nord-américaines, Jimmy est le beau-fils d'un
commandant à la fibre peu paternelle et le petit fils d'un puissant amiral.
Inutile de préciser que tout le monde imagine Jimmy démarrer une brillante
carrière de navigateur. C'est sans compter sur le caractère "tête de
lard" du garçon, qui, s'il ne déteste pas l'océan, refuse d'obéir à qui
que ce soit... Débarque alors un curieux notaire, qui vient offrir à Jimmy un
navire et un équipage ! Cet héritage lui viendrait du capitaine Thomas Jones,
son grand-père paternel.
Trop heureux de se retrouver seul maître à bord, Jimmy lève l'ancre le soir
même... Quelques jours plus tard, le doute n'est plus permis : Jimmy serait le
capitaine d’un vaisseau très particulier… Artibani avait déjà écrit une très
bonne série chez les Humanos avec le Maitre rouge et ici apparemment il
récidive. Bien sûr on ne peut rien présager de la suite mais ce premier tome de
mise en place de l’histoire est prometteur. Le dessin de Coppola est peut être
un peu chargé mais l’ensemble marche à merveille. On est happé par les
aventures de Jimmy et tout de suite on le prend en amitié. On espère que la
suite de cette série soit aussi bonne que ce premier tome et alors on aura
entre les mains une valeur sure de la BD.
En pleine
Seconde Guerre mondiale, deux frères vampires se livrent une lutte sans merci par
humains interposés… En prenant possession de corps, ils tirent les ficelles de
l’Histoire. Dernier tome d’une série fantastique réussie dans la lignée de
l’échiquier du mal de Dan Simmons avec un superbe graphisme réaliste. Fabien
Nury s’impose comme un bon scénariste.
Dans un
pays imaginaire, dans la ville de Prechz, la situation dégénère. La politique
d’irrigation du gouvernement fait reculer la mer et met au chômage les
pêcheurs. Ceux-ci se révoltent, un attentat est perpétré et c’est l’heure de la
répression. Le terrible colonel Komak arrive en train. La population fuit la
ville. Josef, l’artiste raté et sa future femme Joliette louent les services
d’un passeur et partent par la mer. La talentueuse peintre Edith et Lazlo, un
fils de bonne famille tentent eux aussi de quitter la ville. Le moins qu’on
puisse dire de ce second tome c’est qu’il est noir. Le drame qui se joue est
accentué par les traits esquissés et parfois désordonnés d’Alfred qui exprime
parfaitement l’angoisse et l’ambiance folle d’une fuite éperdue. Les auteurs ne
ménagent pas leurs héros. C’est violent, triste, beau… Le désespoir du singe ne
vous remontera pas le moral mais il s’agit vraiment d’une très bonne série avec
une histoire forte.
Guy Delisle
nous livre dans cet ouvrage son journal effectué lors d’un voyage d’un an en
Birmanie où il a suivi sa femme médecin à MSF (Médecins Sans Frontières).
Sa vision
du pays est bien sûr très personnelle mais à travers chaque petit récit
autobiographique on apprend à connaître la vie et les mœurs de ce pays dirigé
de façon dictatoriale par la junte militaire conduite par le généralissime Than
Shwe.
L’auteur
nous expose les problèmes pratiques (les coupures d’électricité constantes, les
produits qui ne sont pas acheminés...), les constatations politiques (la
censure des journaux, les messages bloqués sur Internet...), culturelles (on ne
le considère que lorsqu’il est avec son fils...), ou sanitaires (l’omniprésence
du Sida à cause de l’exploitation des pierres précieuses, payée en héroïne,
l’afflux de prostituées, etc).
Cette Bd
nous permet de voir la situation de ce pays en très grande difficulté mais de
l’intérieur alors que l’on a l’habitude d’en connaître seulement des
informations générales par l’intermédiaire des médias. Vous pouvez partir sans
crainte pour ce voyage unique au pays d’Aung San Suu Kyi... prix Nobel de la
paix prisonnière en sa demeure et métaphore saisissante de ce pays.
Cet album
est le témoignage d’une expérience originale ayant eu lieu lors du dernier
festival d’Angoulême. 26 auteurs se sont lancés dans les 24 heures de la BD. Le
défi était de taille : en 24 h non stop ils devaient faire une BD de 22
pages avec une couverture et une quatrième de couverture. La seule contrainte
qu’ils avaient était que la première et la dernière case comporte une boule de
neige.
Un recueil
original fait d’histoires de grande qualité malgré la rapidité de leur
réalisation.
Paroles de Sans Papiers.
Scénario et Dessin Collectif. Editions Delcourt
Deux grands
auteurs –Alfred et Chauvel- sont à l’initiative de cet album collectif qui
dévoile 9 témoignages bouleversants de ceux et celles qu’on appelle les
sans-papiers.
Après
l’attaque de Gryf sur les Légendaires, ceux-ci se réveillent prisonniers au
cœur de la cité de Jaguarys peuple d’origine de Gryf. Lui, se retrouve affublé
d’un étrange collier et d’un nouveau nom : Prince Anoth. Le souverain des
Jaguarians lui révèle alors être son frère et lui raconte l’histoire de son
peuple. Bien que l’heure soit aux retrouvailles, Shimmy oscille entre la vie et
la mort, et Alysia est toujours menacée de destruction…
Ce 8e
tome clôt l’aventure qui mène le plus animal des légendaires vers son passé.
Sobral dirige toujours avec brio les aventures de ses héros. Son style
graphique proche du manga mais avec une narration plus franco belge permet aux
jeunes lecteurs, qui sont la base du lectorat des légendaires, d’appréhender un
autre style de BD que celle qu’ils recherchent habituellement.
Trilogie avec dames. Scénario Desberg. Dessin Will. Collection Air
Libre. Editions Dupuis.
Trilogie
avec Dames est une intégrale regroupant trois superbes récits coquins de Will,
parus dans la collection Air Libre : le jardin des désirs, la 27e
lettre et l’appel de l’enfer. Cette réédition nous permet de découvrir le
talent de Will sous un jour nouveau. Et oui, il n’y avait pas que Tif et Tondu
dans sa vie ! Les trois récits, illustrés en couleurs directes avec un
graphisme fin, plein de charme avec une touche de désuet, tournent autour de
l’amour, de la sensualité et de l’humour. Le jardin des désirs présente la vie
pleine de surprise d’un tombeur invétéré qui cherche la femme idéale et se
retrouve dans des situations rocambolesques. La 27e lettre met en
scène un enfant qui, pendant la Seconde Guerre mondiale est recueillis dans un
bordel. Quant au troisième récit, l’appel de l’enfer, il s’agit de sketchs dans
lequel des hommes envoyés en enfer viennent demander au diable la révision de
leur procès. Trilogie avec dame est un très bel hommage à la gente féminine
rendu par un grand monsieur de la bd belge.
Quoi de
plus excitant pour un enfant de surprendre le Père Noël pour percer ses
mystères ? Une petite fille parvient à se cacher dans son traîneau. Et à
peine débarquée au pays de Noël l’intruse va semer une joyeuse zizanie dans les
ateliers du Père Noël. Un conte de Noël sans parole frais et amusant pour les
plus de 3 ans.
Comme tout le monde. Scénario Denis Lapière et Pierre-Paul Renders.
Dessin Rudy Spiessert. Editions Dupuis.
Jalil est
un phénomène. Gagnant d’un jeu télé il arrive à deviner les grandes tendances
des sondages, bref, ce que préfèrent les français en matière de yaourt, gel
douche, manteaux, film, etc. En d’autres termes, c’est le français moyen par
excellence. Un institut de marketing, la SOMADI, a l’idée de payer une actrice pour
séduire Jalil, vivre avec lui et, à son insu, lui faire tester tout et
n’importe quoi. Evidemment la belle se prend au jeu et leur relation idyllique
volera en éclat quand Jalil découvrira la vérité. Comme tout le monde est au
départ un film, une comédie de mœurs sur le thème de la manipulation sorti
l’année dernière. Plus qu’une simple adaptation, la bd est un roman graphique
de 144 pages qui approfondi certaines séquences du film. Le postulat est
alléchant donnant vie à une vraie satire du fonctionnement de notre société, du
marketing et des sondages. Absolument réjouissant.
Casquette
vissée sur la tête, tee-shirt orange, short vert voici venir Kid Paddle pour
son 11e album. Ce jeune garçon est bien sûr toujours fan de jeux
vidéo mais aussi de monstres et de films d’horreur. Le titre de ce 11e
opus est d’ailleurs celui du film que Kid et Horace tente désespérément d’aller
voir et ce durant tout l’album, mais y on trouve aussi des gags du héros de jeu
qui se fait avoir juste en arrivant à la fin du niveau et les sévices que font
subir Kid et ses amis aux poupées préférées de sa sœur.
Au début du
siècle dernier dans l’ouest sauvage, deux tueurs traînent leur gâchette de
ville en ville pour des aventures ébouriffantes à la recherche de Miss Holly
Dolly Hawkline, la sœur d’une amie indienne. Le premier a de graves problèmes
existentiels, si bien qu’il n’a plus envie de tuer. Le second passe son temps à
compter les balles… Bref, il a un TOC. Et au milieu de tout cela, le Big Foot,
l’équivalent américain du Yéti. Big Foot est un western qui ne se prend pas au
sérieux et qui joue avec les conventions du genre. Big Foot ne ressemble à rien
de connu… C’est une curiosité complètement déjantée adapté du roman « Le
monstre des Hawkline » de Richard Brautigan.
Miniblog
est une collection de BD très originale. En effet chaque tome est composé de 12
planches dans un petit format souple et le prix de vente est vraiment très
attractif car il est d’un euro. Mais la plus grande particularité de ces petits
ouvrages est qu’a la fin de chacun d’eux, le lecteur trouvera le nom d’un site
Internet ainsi qu’un code qui lui permettra d’accéder à des planches
supplémentaires où des illustrations voire des animations qui prolongeront la
lecture du simple livre. 10 tomes étaient déjà sortis il y a un an et récemment
10 autres titres viennent d’être édités. Les styles et les récits sont vraiment
hétéroclites et chacun pourra y trouver son bonheur. Pour ma part j’ai vraiment
adoré Pelles et râteaux de Unter, le meurtre en 3 leçons de Sansanx et Les
loups blancs de Feyd. N’hésitez pas à découvrir ces petits ouvrages qui nous
offrent une autre façon de lire de la BD.
17 octobre 2007
QUELQUES ALBUMS D'OCTOBRE 2007
American Born Chinese, Histoire d’un
Chinois en Amérique. Scénario et Dessin Gene Luen Yang. Editions Dargaud.
Cet album
se divise en trois récits apparemment distincts. Je dis apparemment car vous
serez surpris du dénouement et des liens qui existent finalement entre chaque
histoire.
Noëlle a
les boules : elle n’arrive plus à retrouver le précieux bracelet que portait
jadis sa grand-mère, et que lui a offert sa mère. Elle confie ce problème à ses
copines à la piscine. Amandine, elle, raconte un autre type de tracas : sa mère
est enceinte, il va falloir déménager, chambouler toute sa vie, tout ça pour
une petite sœur avec laquelle elle ne partagera pas grand-chose du fait de la
différence d’âge trop importante. De son côté, Inaya pense tout le temps à Max,
mais il semble qu’elle se soit faite doublée par sa meilleure copine, qui
raconte partout que Max lui plait. Ce faisant, les 3 nanas repèrent du coin de
l’œil la nouvelle venue, une fille qui chante tout le temps, et qu’elles ont
donc surnommée « lalala ». Le lendemain, elles sont stupéfaites de voir lalala,
de son vrai nom Yeuse, passer à la télé, dans une émission de type Star Ac’ !
Dans ces conditions, il faut absolument s’en faire une copine ! Yeuse, elle,
est habituée à être seule, parce que le boulot de son papa l’oblige à déménager
souvent. Bon, c’était pourtant annoncé sur la couverture, cette BD est faite
pour les demoiselles. Je dois avoir un peu trop de testostérone en moi pur
apprécier. Il ne se
passe pas grand-chose dans ces élucubrations pré adultes de ces 4 jeunes
filles. Le dessin de colonel Moutarde lui est vraiment réussi, il est très
frais et sied idéalement à ce genre de récit.
Siegfried Tome 1. Scénario et Dessin
Alex Alice. Editions Dargaud.
Fils des
hommes et des dieux, Siegfried a été élevé parmi les loups et par Mime, un
petit être acariâtre, un forgeron vivant au fond d’une forêt. Régulièrement
occupé à aller chercher du bois pour le forgeron, Siegfried se promène en forêt
avec son traîneau. Il y côtoie des loups avec lesquels il partage une grande
complicité. D'ailleurs un pendentif avec une tête de loup est son seul lien
avec son passé. Un jour, Siegfried découvre chez Mime l'extrémité d'une épée
cassée. Très intrigué par l'objet, il tente d'en apprendre plus par Mime, qui
semble lui cacher un secret... L’anneau des Nibelung est un opéra de Wagner qui
est l’une des références de l’Héroïc Fantasy dont plusieurs adaptations en BD
existent, mais celle d’Alice est sûrement une des plus réussie. Malgré une
histoire qui pourrait être un peu complexe cet album se lit très facilement et
sans problèmes de compréhension. Très fort pour une première tentative de
scénariste de l’auteur. Le dessin est excellemment maîtrisé, le découpage
inventif, les couleurs chaleureuses bref chaque planche est superbe.
Dantès Tome 1 : La chute d’un
trader. Scénario Pierre Boisserie et Philippe Guillaume. Dessin Eric Juszezak.
Editions Dargaud.
En mai
2000, tout le gratin boursier est réuni à Paris pour le gala du millénaire de
la finance. Soudain, on annonce l’arrivée de Christopher Dantès, un nom célèbre
pour avoir amassé une fortune incroyable en peu de temps, mais un visage encore
énigmatique. Lui, se réjouit de croiser tous les protagonistes d’un désastre
personnel passé, dont il compte apparemment se venger. 12 ans plus tôt,
Alexandre, un jeune courtier, est appelé dans le bureau du directeur de sa
banque, la BCGI. Ce dernier lui propose une place en or : la gestion exclusive
du Matif (le tout jeune Marché à Terme International de France) pour le compte
de son établissement. Fou de joie, Alexandre a le privilège de pouvoir
embaucher un de ses amis, Thierry Minez, pour le seconder. Un jour, son boss
lui impose de faire une entorse à la déontologie pour privilégier les ordres
boursiers d’un nouveau client, Michel Bonnefond… Dès le début de l’album, on se
dit que si on ne connait rien à la finance et à la bourse on va rapidement
décrocher. Et pourtant les scénaristes arrivent à nous tenir en haleine et tout
de suite on est happé par cette histoire passionnante. Les dessins classiques
de Juszezak, précis et fin, sont parfaits pour cette histoire. Le seul petit
bémol de cette BD est qu’il n’y a pas encore de suite. En effet la frustration
sera grande lorsque vous serez arrivé à la fin de ce premier tome, vous n’aurez
qu’une envie lire la suite. C’est une excellente série qui commence.
À treize
ans, être immortel a un prix : l’ennui ! Comment peut-on arriver à une telle
situation aussi jeune ? Elijah L-Yys, un garçon nous raconte son histoire. Son
aventure a commencé sur Chritz, un des nombreux satellites-poubelles, perdu
dans la constellation des trois sphères. Pour se faire un peu d’argent de
poche, Elijah fait des démos de surf sur tôle. Son père est le tenancier de
surfing racer tour. Lors d’une démo, Elijah rencontre une rivale redoutable
Talulla-Ja qui lui vole la place de champion en titre. Pendant la compétition,
ils sont repérés par un intendant de la reine Ewaa. Ce dernier cherche à
recruter de gré ou de force des exceptionnels afin d’en faire des cellules
source en vue de créer une armée contre un certain mal qui progresse… Une
nouvelle série innovante qui débute fort ! Un space opéra original alliant un
concept graphique moderne unique en son genre. La technique utilisée est un
mélange de dessins et d’images de synthèse. De ce fait on a l’impression de
visionner un film animé. Le réalisme des personnages est époustouflant, sans
exagérer. Les auteurs nous font vivre une véritable épopée fantastique. Le
scénario mélange clonage, virus, mecchas, êtres exceptionnels, créatures
étranges… De la science-fiction pure et dure avec de l’humour tout en finesse !
Une bande dessinée dans ce genre, vous ne devez pas en avoir vu beaucoup. Si
vous adorez Star Wars cet album est pour vous !!
Olgo,
Sylène, Leckard et le « sans nom » se retrouvent pour le dernier
épisode de cette série qui met en scène le destin parallèle de 4 personnages
dans la cité d’Arclan. De l’héroïc fantasy plus héroique que fantasy car
l’action se déroule dans une ville dans toutes les couches de la société, des
fastes de la demeure du gouverneur aux cruautés des bas fonds.
Eden Killer Tome 1 : Sergueï.
Scénario Jean-François Di Giorgio. Dessin Cristina Mormile. Collection 12
septembre. Editions Soleil.
De nos
jours en Russie, des bases militaires sont infiltrées par de mystérieux hommes.
Que veulent ils, on ne le saura pas, qui ils sont non plus. En revanche
lorsqu’un d’eux est repéré et pourchassé par les militaires, la poursuite se
termine d’une bien façon : blessé, l’homme prend feu tout seul et se
consume. Serguei, le fils d’un haut gradé et sa petite amie journaliste un peu
trop curieuse vont se retrouver mêlés à cette étrange histoire de combustion
spontanée. X-Files dans l’Oural. Eden Killer démarre sur les chapeaux de roues
avec un scénario très bien construit qui nous tient en haleine. Ajoutons un dessin réaliste dynamique… Cela nous donne un très bon moment de
lecture.
Hunter Tome 1 : Jivaro
Business. Scénario Patrick Renault. Dessin Leandro Fernandez. Collection 12
septembre. Editions Soleil.
Brian
Hunter, directeur d’une agence d’intelligence économique est chargé par un
client discret de retrouver des actionnaires d’une entreprise que ce dernier
veut racheter. Hunter commence une enquête plutôt facile jusqu’au moment ou il
découvre que ces soi disant actionnaires sont d’anciens espions des années 50.
Mais il est trop tard pour faire marche arrière et de toutes façons, Hunter
n’aime pas qu’on se serve de lui… Vol au dessus d’un nid d’espion. Il n’y a pas
à se tromper Hunter est une série d’espionnage dans la plus pure tradition qui
lorgne vers du Ludlum ou Clancy. On y retrouve un héros charismatique, un secret
enfoui depuis la fin de la guerre froide et une kyrielle d’espions méfiants et
rusés. La recette a fait ses preuves et elle fonctionne parfaitement… Le
scénario se suit très bien, les dessins dans un style comics réaliste sont à la
hauteur. Bref que du bonheur pour les amateurs de thriller d’espionnage.
A la fin du
XXe siècle, des catastrophes naturelles ont détruit 60% de l’Humanité. Et cela
a amené… la paix. Les peuples ont en effet décidé d’unir leurs forces pour
affronter ces bouleversements et ont créé une nation unique dont le siège est
la Corée.
Que
diriez-vous de vivre une expérience hors-du-commun ?? De dissocier votre
âme et votre corps tout en étant conscient ?? C’est ce que vit notre jeune
héros, masahiko dans le seinen « astral Project ». En écoutant, un
jour, un CD de musique appartenant à sa sœur, son esprit se détache peu à peu
de son corps ; il pénètre ainsi dans un monde surprenant où les morts et
les vivants se croisent, où les chimères s’éveillent et où les désirs prennent
littéralement forme. A la recherche d’une explication sur la mort de sa sœur et
avec la rencontre d’une jeune femme mystérieuse connaissant son secret, il
délaisse petit à petit l’aspect « matériel » de sa vie pour se
laisser entrainer dans cet univers fantasmagorique.
Indalecio
Gomez et les siens sont ravis. Toute la famille vient en effet d’hériter d’une
vieille tante une maison à la campagne, avec terrain, rivière et tutti quanti.
Hélas, les Gomez déchantent en se rendant sur place : la maison n’est qu’une
masure et la rivière plus que l’ombre d’elle-même… Désignée meilleure BD au
Salon international de Barcelone en 2005, ‘La Demeure des Gomez’ laisse
pourtant le lecteur sur sa faim. Cet album narre les aventures d’une famille de
la classe moyenne au cœur du monde de l’immobilier. Si le ton se veut
grinçant, il n’en reste à la lecture qu’une histoire fade, qui se contente en
fait de ressortir des clichés bien connus. L’entrepreneur véreux, le maire
corrompu, le prix exorbitant des appartements, jusqu’au personnage de la femme
qui porte la culotte dans le couple, Miguelanxo Prado fait dans le réchauffé,
sans finesse ni originalité. Forcément, le résultat peine à nous dérider, d’autant
que les graphismes sont loin d’emballer. L’auteur a des facilités, c’est
visible, et ses dessins ont un beau dynamisme. Mais la platitude des
arrière-plans, l’économie de détails et le vide des décors - on a droit aux
fonds de case unis, l’idéal pour plomber un récit - gâchent ce talent. Un album
vite lu, vite oublié.
"L’étoile
du soldat" était un film sorti sur les écrans fin 2006, c’est aujourd’hui
une bande dessinée. Un album en forme d’hommage puisque Christophe de Ponfilly,
le réalisateur du long-métrage et d’une quarantaine de documentaires, est
décédé en mai 2006. Témoin de l’horreur de la guerre d’Afghanistan, celui qui
fut aussi journaliste livre une vision captivante et émouvante des évènements. "L’étoile
du soldat" se déroule en 1984 alors que l’URSS est en guerre contre les
résistants du commandant Massoud dans les montagnes afghanes. Nikolaï, un jeune
musicien russe contraint d’effectuer son service militaire en Afghanistan, est
fait prisonnier par les Moudjahidin. Sa captivité va lui permettre de découvrir
une autre vision du conflit et de côtoyer un journaliste-cameraman qui n’est
autre que Christophe de Ponfilly. René Follet est plutôt du genre discret et
pourtant, à 76 ans, il a à son actif de longues années de collaboration aux
magazines Tintin et Spirou et a dessiné des dizaines d’albums dont
"Terreur" au Lombard ou "Shelena" chez Casterman. Son trait
réaliste fait merveille ici pour décrire les combats, saisir les visages des
combattants afghans et raconter la survie dans les montagnes. "L’étoile du
soldat" n’est pas sans rappeler "Le Photographe" (Aire Libre
Dupuis) avec les dessins d’Emmanuel Guibert et les photos du regretté Didier Lefèvre.
Avec un sujet identique en toile de fond, les deux albums dégagent une même
force poignante qui, dans l’album de Casterman, va jusqu’au tragique.
La montagne magique. Scénario et
Dessin Taniguchi. Editions Casterman.
Envoyé chez
ses grand-parents à la campagne pour l’été avec se sœur, le jeune Kenichi passe
son temps à jouer avec ses amis dans les ruines d’un château féodal sur la
colline qui surplombe le village. Mais il n’a pas la tête à la détente. Sa mère
est entrée à l’hôpital pour une grave opération. Et elle risque de ressortir
les pieds devant. Nous sommes en 1967 et la médecine ne guérit pas tout. Et
comme si cela ne suffisait pas, ajoutons que son père est mort il y a quelques
années. Bref, la vie du garçon a besoin d’un peu de magie, de miraculeux… Un
jour, alors qu’il visite le musée du village, une jeune salamandre lui parle
par télépathie et lui demande de la reconduire au cœur de la colline pour
retrouver une source magique. En échange, elle lui promet de guérir sa maman…
Loïs a un
nouvel ennemi : Kris Morsan. Il vient lui réclamer le château que le Roi
Soleil en personne a donné à Lois. Devant son refus, Morsan attaque le château
et enlève le fils de Joseph, l’ami indien de Lois. Les deux hommes partent
alors à la poursuite de Morsan. Le voyage les emmènera à la Rochelle, en
Afrique et en pays Maya. Car Morsan fait le trafic des esclaves noirs, un
commerce qui intéresse aussi les Anglais. Troisième aventure pour ce nouveau
héros de Jaques Martin. On retrouve une trame classique avec beaucoup de scènes d’action
qui s’enchaînent rapidement -un peu trop d'ailleurs- et des références historiques, le tout teinté de
bons sentiments. Agrémenté d’un dessin lui aussi conventionnel cet album se lit
comme une BD des années 60, sans le parfum du vieux papier. Toutes les cases
sont "utiles" et les ellipses nombreuses. Ce n’est pas déplaisant mais cela reste
réservé aux plus jeunes ou aux inconditionnels de BD historiques à la sauce Alix
et compagnie.
Le tueur
reprend du service. Réfugié au Vénézuela pour couler des jours heureux, le
tueur, jeune retraité, commence à s’ennuyer… En gros, il a besoin d’action.
Alors, pourquoi ne pas faire un petit contrat ? On lui propose un travail facile, pas très loin, puisque c’est en Amérique Latine, et bien payé. Mais c’est
trop beau pour durer et le tueur va se poser des questions sur ses employeurs
lorsqu’on lui demande d’abattre une bonne sœur considérée comme une sainte… C’est
donc le retour d’un personnage froid et calculateur qui a choisi d’exercer le
métier de tueur à gages et qui le fait bien, sans état d’âme, bien qu’il nous
fasse partager ses pensées. Le scénario fonctionne toujours aussi bien autour de ce anti-héros
qu’on ne peut s’empêcher malgré tout d’apprécier. Quant au dessin, toujours de grandes
cases et des couleurs presque monochromes avec des tons sombres et
variés, créant des ambiances oppressantes qui conviennent bien aux atmosphères moites et fascinantes de l'Amérique
latine.
Charlie
Chevrolet est un étudiant en physique quantique très doué, mais il est aussi
l'assistant du professeur Lamquet, l'inventeur d'un tout nouveau prototype de
module dimensionnel. Ce module attise toutes les convoitises, et plus
particulièrement celles des entreprises Griselune, qui voient dans le travail
de Charlie et du professeur une concurrence dangereuse. Une seule solution,
fuir grâce au module que Charlie a lui-même fabriqué dans un coin de son
appartement ! Il se retrouve sur Omnopolis où un grand nombre de personnes vont
le poursuivre afin de mettre la main sur ce fameux module. Ce deuxième tome est
riche en action. On reste dans une aventure où tout va à 100 à l'heure. Les
personnages n'arrêtent pas de se poursuivre et de se battre afin d’intercepter
Charlie. Cette série se présente vraiment comme une très bonne aventure série B
de SF et on attend avec grande impatience le dernier volume pour enfin
connaître le dénouement de cette histoire. Le dessin de Geyser est remarquable
de vivacité et de dynamisme et le découpage et le cadrage rendent les scènes
d'actions très vivantes. Une très bonne série à découvrir si cela n’est pas encore fait.
Aux mains
de ses ravisseurs, Goran Tesherad est parti pour Hong-Kong après avoir
transité par les Philippines où Aazaad et Adamas ont interrogé le rescapé du
naufrage d’un bateau survenu quelques années auparavant ; bateau qui est aussi
une des maigres pistes que suit Rainbird également arrivé à Hong-Kong. Les
chemins de tous, plus ou moins détournés et semés d’embûches, conduiront à un
homme appelé Pasztor. Celui-ci est un interlocuteur incontournable dans
l’ancien protectorat britannique ; autant pour les services de renseignements
internationaux que pour les malfrats de triades en tous genres... Et plus les
choses avanceront, plus les soupçons se mettront à peser sur les épaules de
Nierevic, le supérieur de Rainbird et de son acolyte Scott partie en
Ouzbekistan enquêter sur l’attaque qu’a subie l’expédition de l’OTAN. Il est
vrai que ce résumé peut paraître très touffu et complexe, mais il faut savoir
que l’histoire se tient. De Rochebrune continue son polar mâtiné de fantastique
et on attendra avec impatience le troisième tome qui devrait être riche en
informations. Le dessin fin est agréable et plutôt réussi. Filii est une
histoire riche parfois un peu difficile à suivre mais très efficace. Je vous
conseille tout de même de lire ou de relire le premier tome pour profiter à
plein de cette aventure.
Si un jour,
vous avez un accident de la circulation, ou un incendie chez vous, ou que vous
êtes victimes d'une inondation, même pour descendre votre chat d'un arbre, même
si c'est pour votre belle-mère : surtout, surtout, ne composez pas le 18 : vous
risqueriez de tomber sur ces pompiers-là... On est tout de même content de lire
les nouvelles histoires des soldats du feu de Stédo et Cazenove qui sont
toujours aussi drôles et ce depuis les premiers tomes de leurs aventures. Le
dessin et les gags sont parfaits pour ce type d’ouvrage et on se prend souvent
à rire aux éclats. Bamboo surfe sur le succès avec ces séries mettant en scène
différentes corporations et je dois dire que si tous les futurs albums sont de
cette trempe on peut s’attendre à de bons moments de rigolade.
Genève, en
ce mois de juin. Une prostituée, Anna Paccio, est trouvée morte dans une
chambre de l'hôtel Voltaire. A ses côtés, un homme, Gilberto Guzulo, mort
aussi. On veut faire croire à une mise en scène : l'homme aurait tué la femme
puis se serait suicidé.
Cette
collection a pour but de nous faire découvrir ou redécouvrir des albums et des
auteurs un peu tombé en désuétude. Ce nouvel album en est une parfaite preuve.
Les aventures de l’inspecteur Saboum sont parues initialement fin des années
50. Dans cette première histoire le fameux policier héros du titre doit
remonter une piste un peu spéciale. En effet, on a retrouvé un homme qui a
perdu la mémoire et Saboum doit la lui faire retrouver en analysant les petits
indices qu’il trouve. Bien vite il se retrouvera à la poursuite d’un gang de
malfrats.
Chakir
donne à son dessin un style ligne claire qui lorgne de toute évidence vers
Hergé. L’histoire se laisse lire même si de nos jours les situations et les
gags semblent parfois un peu désuets. C’est vraiment une collection faîte pour
les nostalgiques mais à laquelle il faut tout de même jeter un coup d’œil.
Oyez Oyez
vous qui ne pouvez vous passer de votre Gsm, vous qui voulez toujours avoir le
dernier cri des mobiles cette BD est faîtes pour vous. Vous y rencontrerez une
famille dont aimeriez faire partie : Olivia la mère prend des cours en
cachette pour apprendre à bien taper les textos, Stéphane le père passe tout
son temps libre chez un ami qui tient un magasin de téléphones et leur 3
enfants Jenny, Matt et Léo raffolent des appareils sans fil. Même le chat
s’appelle Mobile et est fasciné par ces petites souris lumineuses. Même si les
gags de cet album sont assez inégaux vous prendrez plaisir à le lire. Les
dessins classiques pour une BD d’humour est assez agréable et convient
parfaitement. Un album agréable qui fera rire toute la famille et dont vous ne
décrocherez pas. Spaghetti Brothers Tome 16. Scénario Trillo. Dessin :
Mandrafina. Editions Vent d’Ouest. C’est le tout dernier album de cette
excellente série qui sort ce mois ci. Trillo et Mandrafina mettent un terme aux
aventures tour à tour noires, amusantes, sanglantes, mafieuses, loufoques de
cette famille italienne vivant en Amérique composée de 5 frères et sœurs :
un flic, un gangster, un curé, une actrice et une tueuse à gages. Chaque tome
de la série est composé de petites histoires courtes. Chacune d’entre elles est
un vrai régal de créativité scénaristique et graphiquement chaque planche est
parfaite. Spaghetti Brothers est vraiment une série incontournable et croyez
moi vous n’en ferez jamais une indigestion.
Carmilla
est sa bande du Tagada's Club sont de retour. Une nouvelle tête vient pourtant s'incruster
dans le paysage quotidien de l'adolescente, celle de Christopher Bella
Vladimir. Le modeste prénom donné à son petit frère nouvellement arrivé dans sa
famille. Mais un problème de taille attend Carmilla, sa sœur Mina et ses
amies : le niveau intellectuel de la jeune génération baisse. Pire !
On suppose la disparition annoncée du mâle dominant. Comment la collégienne
arrivera-t-elle à sauver "Chris" de cette calamité dénoncée par le
monde consensuel des adultes ? Chaque planche de cette BD commence par une page
du journal intime de Carmilla et ensuite une petite scène reprend l’idée
générale de la page. C’est assez original dans le principe et même si cela
déroute un peu au début.
COUP DE COEUR
Sillage Tome 10 :
Retour de flammes. Scénario Jean-David Morvan. Dessin Philippe Buchet.
Collection Néopolis. Editions Delcourt.
Navis
est une fois de plus en mauvaise posture. Découvrant le sort que Sillage a
réservé à un ancien ennemi, Heillig, qu’elle a contribué à arrêter, elle décide
de le libérer et de le ramener auprès des siens. Heillig a en effet été
incorporé à un vaisseau et son cerveau sert à le guider. Elle le sort donc de
son comas provoqué et le conduit sur la planète où les Hottards ont élu
domicile. Il s’agit de la planète où la jeune fille a passé son enfance...
Evidemment pour Sillage, c’est de la haute trahison et Navis devra être jugée
pour son crime. Navis sur un divan... Ce 10e épisode plonge notre
héroïne dans un passé qu’elle a complètement refoulée. Du coup, on en apprend
un peu plus sur son enfance. Et puis cet album est aussi une grosse remise en
question psychologique pour l'héroïne car elle se rend compte que son attitude impulsive a causé pas mal de tort. Morvan et Buchet toujours aussi bon chacun dans son
domaine. Bref c’est toujours aussi bien fait, passionnant passionnant et les graphismes sont absolument sublimes. A noter une
éditions spéciale avec des dessins inédits et un DVD.
Le sabre et l’épée Tome 3 : Les
brumes du vieil immortel. Scénario David Chauvel. Dessin Hervé Boivin.
Collection Terres de légendes. Editions Delcourt.
Le jeune Wu
Wang se retrouve face à face avec Li Xiaying qui sert la secte de la parfaite
splendeur. Tous deux sont de très bons combattants et convoitent une épée
magique. Mais chacun à son tour va être assommés. A leur réveil, chacun sera
invité par un étrange moine Taoïste à prendre le thé et chacun devra affronter
une terrible épreuve… Petit scarabée à l’école ! Troisième tome de cette
saga d’arts martiaux de plus en plus plaisante. C’est vrai, il ne se passe pas
grand-chose si ce n’est sur la plan psychologique avec une introspection des
personnages. Mais on ne s’ennuie pas une minute car dans ce type de série,
l’introspection, ça bouge bien ! Nos héros se retrouvent en effet confrontés
à un prêtre taoïste qui ne parle que par énigme –je sais, c’est plutôt énervant-
et qui va leur apprendre à se dépasser. C’est le passage obligé dans les
histoires d’initiation à la sauce chinoise mais ça fonctionne très bien,
notamment grâce au style élégant de épuré de Boivin qui réalise une belle
performance avec une série franco-belge qui prend au manga ce qu’il a de
meilleur, notamment pour les scènes de combat très spectaculaires et bien
découpées.
Luaine une
petite rouquine, son grand père et sa mère passent involontairement un portail
magique donnant accès sur un monde fantastique. Alors que ses proches sont
enlevés par des Cluricaunes pour le compte du seigneur Balor, Luaine est sauvée
par des Korrigans qui mettent la petite sous protection. Apprenant que ces
humains pourraient le délivrer de sa prison magique, Balor ordonne à l’un de
ses fils de retrouver la petite. Mais la guerre entre les Formoîrés – l’armée
de Balor – et les Tuatha de Duanann fait rage. Ces derniers comprennent les
plans du seigneur des ténèbres. Recueillie par les Tuatha, Luaine compte tout
faire pour retrouver sa mère et son grand père.
New York
2231. Le jeune Théo vit dans un orphelinat high tech géré par ordinateur.
Brillant élève il passe son temps entre ses conversation avec l’intelligence
artificielle Alice et son copain Scotty. Mais Théo n’est pas tranquille il sent
des présences hostiles autour de lui et voit une tour qui n’existe pas en plein
coeur de Manhattan… IA rencontre Akira… Les orphelins de la tour est donc une
série de science fiction dont l’univers fait penser à des films comme Akira ou
Intelligence Artificielle. Un monde assez épuré dans lequel la technologie est
omniprésente avec des éléments fantastiques comme des fantômes ou une tour
invisible… La sauce prend bien et ce premier tome est assez intriguant pour
donner envie de lire la suite bien qu’on est loin de tout comprendre. On en
ressort donc un peu frustré ne sachant pas si c’est génial ou pas. Quant au
dessin, le traits fins et précis accentue cette impression de dépouillement et
de froideur technologique...
Fennec. Scénario Lewils Trondheim.
Dessin Yoann. Collection Shampooing. Editions Delcourt.
Notre héros
est un petit fennec ayant à ses trousses une dizaine de serpents qui veulent le
croquer. Pour essayer de les faire fuir, il va essayer de faire tomber la pluie
mais pour cela il devra mettre la patte sur l’amulette sacrée. Le voila parti
pour une folle escapade durant laquelle il croisera une flopée d’animaux plus
ou moins amicaux.
Dans une
colonie pénitentiaire non identifiée, en plein désert, un militaire présente à
un voyageur une machine dont le seul but est d’exécuter un condamné après un
supplice d’une douzaine d’heure. Avant de passer à la démonstration,
l’exécution d’un prisonnier, il lui explique le procédé à grand renfort de
détails, essayant de le convaincre de caractère génial de ce mode d’exécution.
Un huis clos kafkaïen étouffant qui se passe pourtant au grand air. On y
retrouve les thèmes de prédilection de l’auteur avec la déshumanisation de nos
sociétés. Maël, le dessinateur du rêve de Milton chez Dupuis, retranscris on ne
peut mieux cette ambiance glauque avec un dessin torturé. Une réussite de la
collection Ex-Libris, fidèle aux textes originaux.
Attention,
attention la mort rode !! En fait non, car la mort passe une partie de son
temps dans le cimetière du plus célèbre des fossoyeur du neuvième art :
Pierre Tombal. De gag en gag on découvre la vie nocturne de ce lieu unique, les
méthodes de la mort pour déléguer son travail ou les tentatives
révolutionnaires de Pierre pour faire revenir dans son cimetière la foule qui
s’est tournée vers l’incinération. Les gags de Cauvin se renouvellent
régulièrement même si certains peuvent sembler déjà-vu. Le dessin de Hardy est
toujours aussi drôle et agréable. Tout album de Pierre Tombal est un bon divertissement et celui-ci ne fait pas
exception à la règle.
Attention
vous allez mourir de rire.
Lady S Tome 4 : Jeu de Dupe.
Scénario Jean Van Hamme. Dessin Philippe Aymond. Collection Repérage. Editions
Dupuis.
La jeune Suzann,
dite Lady S, goûte un repos bien mérité avec son père adoptif dans le sud de la
France. Mais il sera de courte durée car la CIA, persuadé qu’elle travaille
pour le CIRCAT, une mystérieuse organisation anti-terroriste européenne, lui
tend un piège et enlève son père. L’idée est de la suivre pour voir si elle
rejoindra le CIRCAT. Certes le CIRCAT est du bon côté mais la CIA ne supporte
pas de ne rien savoir sur cette organisation. Mais évidemment, rien ne va se
passer comme prévu. Road movie à la française. Dans ce quatrième tome Van Hame
et Aymond nous font traverser la France avec une course poursuite originale
digne des meilleures séries d’espionnage. Le scénario est ciselé, le dessin
d’Aymond a encore gagné en précision et dynamisme. Bref, que du bonheur.
Dans une
fin du 19e Steam Punk avec une technologie avant-gardiste, les corsaires de
l’organisation Alcibiade partent à la chasse au trésor en Arctique sur les
traces d’une expédition scientifique qui a mystérieusement disparue…
L’enjeu : ramener un drakar du 10e siècle rempli d’or. Mais, évidemment,
ils ne sont pas seuls à vouloir rafler le butin. Un troisième tome plus réussit
que les précédents pour cette série d’aventure à la sauce Jules Verne. Le
prologue durant le carnaval de Venise permet à Liberge de s’éclater sur les
costumes et les décors avant de nous plonger dans les déserts gelés de
l’antarctique pour un huis clos assez terrifiant. Et on sent que Liberge est à
l’aise. Le dessin parfois noyé sous des brumes est donc ici à la fête et ne
fait qu’ajouter à l’atmosphère angoissante des éléments déchaînés. Quant au
scénario, il est toujours riche en personnages et en actions et il reste à la
limite de la confusion sans jamais la dépasser. On arrive donc à suivre avec
malgré tout quelques ellipses et raccourcis frustrants. Les corsaires restent
une série étonnante qui vaut le détour.
Géronimo Tome 1/ Scénario Etienne
Davodeau. Dessin Joub. Collection Expresso. Editions Dupuis.
Géronimo
est un jeune qui vit avec son oncle dans une petite maison au bord d’une
rivière, près d’une ville de province, à la campagne. Son oncle, ancien hippy
ne jure que par la vie au naturel façon philosophe indienne, et refuse le
progrès. D’ailleurs, Géronimo n’est jamais sorti de chez lui et n’a jamais mis
les pieds ni à l’école, ni dans une ville. Il vit donc reclus et n’a que son
oncle pour lui parler de l’extérieur, forcément mauvais. Mais un jour, l’oncle
est renversé par une voiture et Géronimo se trouve seul. C’est à ce moment que trois
copains d’une quinzaine d’années le découvrent et décident de lui faire
rattraper le temps perdu… Ils envisagent même de l’emmener en vacances en
scooter au bord de la mer. Une histoire
d’ados, fraîche et vraie signée Davodeau. Comme à son habitude, il met en scène des personnages qu’on sent authentiques
et qui nous touchent à partir de "petits riens" pris dans des situations simples du quotidien. Le postulat d’un jeune coupé du monde qui découvrir la société avec
trois amis offre une belle occasion d’avoir un regard différent sur notre
quotidien. La série est prévue en trois tomes, les deux prochains promettent
d’être encore plus savoureux. Quant au dessin, assez simple, il s’adapte
parfaitement à la fraîcheur du récit.
Le
détective privé un peu gaffeur Jérome Bloche est en mauvaise posture. Dans le
tome précédent il se mêlait malencontreusement des affaires d’un tueur à gage.
Et celui-ci n’ a pas aimé du tout. A tel point que Jerôme est en danger :
un ami des bêtes glisse un serpent venimeux dans son lit, un snipper essaie de
faire un carton sur lui… Heureusement que Jérôme est bien entouré. Suite et fin
de l’enquête commencée avec dans « un chien dans un jeu de quille ». C’est
toujours aussi bon et Jérôme toujours aussi sympathique. Pour son vingtième
album Dodier montre qu’il maîtrise parfaitement ses situations et ses
personnages en nous offrant une belle enquête pleine de rebondissement. On es
prêt à en reprendre pour 20 ans !
Plateau du
Deccan en Inde centrale, de nos jours… La pluie tombe lorsque Mayome Banerjee
arrive. C’est à pied qu’elle finira sa route à la rencontre de ses amis, des
brigands, les Pindharis, terrorisant la région. Quand elle arrive, c’est
malheureusement pour apprendre la mort de Chaabi ! A l’écoute et voulant rendre
hommage au jeune rebelle devenu chef révolutionnaire en révolte contre le
gouvernement, elle tente d’apprendre ce qui s’est passé.
Allée des Rosiers. Scénario Séverine
Lambour. Dessin Laurent Houssin, Olivier Martin, Benoît Springer. Editions
Carabas.
Bienvenue
dans la galère des banlieues. Allée des Rosiers c’est 3 histoires de cités,
trois tranches de vie, celles de Fred, Medhi, Baptiste et leur entourage.
Premier tableau : Fred et Medhi se retrouvent au poste de police après
avoir été piégés par leurs copines... Deuxième tableau : quant les filles
sortent de prison, Médhi veut leur faire un cadeau… Et pourquoi pas l’acheter
avec un chéquier volé ? Troisième tableau : quant à Baptiste, le beau
frère de Fred, il est en rendez-vous à l’ANPE… Et pour ne pas être venu à une
seule convocation, il est radié… Allée des Rosiers est un album vrai qui
respire le quotidien. Avec humour et finesse il décrit des situations
vraisemblables vécu par des personnages attachants sans jamais s’apitoyer ou
juger. A lire d’urgence.
Dans un
ultime borborygme, le fœtus précog (qui devine le futur proche) a livré sa
dernière prémonition. Il a vu un énorme danger, tellement énorme que ses
pulsions cardiaques se sont accélérées, au point de faire dilater son cortex
cérébral, jusqu’à l’explosion de son cocon amniotique artificiel. Tandis qu’il
se désagrège en une immonde bouillie organique, il annonce l’arrivée d’un
homme-cochon qui représente le pire des périls. Le gras et tyrannique seigneur
Gucco, à qui échoit la gouvernance de la base-usine FA-33 située en plein
désert post-apocalyptique, n’en mène pas large… Non seulement cette dernière
vision lui semble tout à fait absurde : cela fait bien longtemps que tous les
mammifères ont disparu de la surface de la planète, mais en plus il a perdu son
dernier précog… Or sans precog, il ne peut anticiper l’arrivée de cet
inspecteur de la Federal Food Corp, qui ne doit surtout pas découvrir que de la
viande est consommée dans cette usine. Pourtant, quelque part dans le désert,
un groupe de 4 pèlerins avance, à la rencontre du vieux mage Zyto. Parmi eux,
deux jumeaux en pleine dégénérescence mentale, Obaz le leader, et Raul, un
homme-cochon… Attention OVNI. Au premier abord cet album parait incompréhensible,
mais petit à petit on rentre dans l’histoire et on découvre ce monde de SF
délirant dans lequel nous plonge Elghori. On sens que les grandes influences
graphiques de l’auteur sont Moebius et Bilal mais il arrive à donner son propre
style à cet univers. Si vous aimez les BD cartésiennes, classiques alors passez
votre chemin mais si vous adorez la SF alors ce début d’aventure semble assez
prometteur.
Ghuilhem
est un jeune berger vivant en montagne avec ses parents. Un jour il est témoin
d’une énorme catastrophe : sa maison et tout les villages environnants
sont en feu. Echappant de justesse aux flammes, il s’évanouit. Lors de son
réveil, un homme se trouve près de lui et lui explique qu’ils sont les seuls
survivants d’une attaque de dragon.
Athos a
bien du mal à vivre dans le 20ème siècle. Il zone dans les bars de Montpellier
et pleure l’époque bénie des mousquetaires où lui et ses amis se battaient pour
défendre la reine et le royaume. Porthos et mort et Aramis s’est rangé. Aussi,
quand la France est menacée par des tirs lasers venus de Mars, Athos se
retrouve seul à parer au danger. Le voici donc, épée en main parti dans les
étoiles en détournant un vaisseau hostile.
Jason
invente dans cette album une histoire délirante mélangeants les genres et
refusant toutes les règles de chronologie historique. Son dessin simple mais un
peu figé permettra au plus grand nombre d’apprécier cette aventure. Une BD
agréable et originale à découvrir en famille
Le peintre
Tcharkov jouit d'une sérénité matérielle grâce au trésor récupéré sur le cadre
d'une peinture énigmatique de Vastilich, son ancien ami. Toujours enclin à
peindre suivant l'enseignement de son ancien maître, il acquiert une certaine
renommée que tout Saint-Pétersbourg reconnaît. Le jour où deux bourgeoises
viennent lui commander un portrait, Tcharkov est "bousculé" pour
réaliser son œuvre dans un temps limité. Sa notoriété s'amplifie ainsi que sa
fortune jusqu'à sa rencontre avec un comte italien. En effet, ce dernier
sollicite son opinion sur l'acquisition de toiles qu'il a sélectionnées pour la
vente au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Subjugué par l'ouvrage présenté,
il apprend que l'auteur est son ancien ami Vastilich. Hanté par le style hors
du commun de celui-ci, Tcharkov jalouse le talent indéniable et sombre peu à
peu dans une paranoïa qui va lui être fatale. L’adaptation d’un roman est
toujours délicate dans la bande dessinée. Les auteurs de ce portrait nous
plonge dans le Saint Petersbourg de l’ancien temps et ne nous lâchent pas
durant tout le récit. On suit avec bonheur les déboires de ce peintre. Le
dessin est maîtrisé et les couleurs créent de bonnes atmosphères Le portrait
est un très bon diptyque qui permet de faire connaître une œuvre littéraire à
ceux qui ne l’on pas lus.
